LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Pedro Castillo et sa nouvelle cheffe de gouvernement Mirtha Vasquez, à Lima le 06/10/21

Après deux mois de pouvoir, le président marxiste du Pérou met le cap au centre-gauche

5 min
À retrouver dans l'émission

69 jours après son élection, Pedro Castillo s'éloigne de son parti marxiste pour nommer une élue de centre-gauche à la tête du gouvernement péruvien. La justice fédérale américaine bloque la loi texane qui interdisait l'IVG. La bibliothèque publique de New-York renonce aux amendes de retard.

Pedro Castillo et sa nouvelle cheffe de gouvernement Mirtha Vasquez, à Lima le 06/10/21
Pedro Castillo et sa nouvelle cheffe de gouvernement Mirtha Vasquez, à Lima le 06/10/21 Crédits : Presidencia de Peru - AFP

Prenons tout d'abord des nouvelles du président de gauche radicale Pedro Castillo élu au Pérou à la fin du mois de juillet. 

... Et les nouvelles lues dans The Financial Times ne sont pas très bonnes, puisque deux mois seulement après son arrivée au pouvoir, Pedro Castillo n'a eu d'autre choix ce mercredi que de limoger son Premier ministre Guido Bellido, issu comme lui du parti marxiste Peru Libre. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Il a immédiatement nommé à sa place l'ancienne présidente du Parlement, Mirtha Vasquez, 46 ans, issue de la gauche modérée. Au passage, six ministres ont eux aussi été remplacés, avec trois femmes de plus nommées, et là encore une volonté affichée d'aller vers plus de consensus, de stabilité gouvernementale, de pacification de la vie politique péruvienne. Alors, forcément, le parti Peru Libre - et la gauche radicale qu'il incarne - qui perd énormément de poids dans ce nouvel exécutif, crie à la "trahison" dans les colonnes de La Republica de Lima, accusant Pedro Castillo d'avoir cédé au bout de seulement deux mois aux pressions de la droite conservatrice, majoritaire au Parlement, qui défend toujours les intérêts du clan de l'ancien président, corrompu et emprisonné, Alberto Fujimori.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais pour l'édition sud-américaine d'El Pais, n'en déplaise à l'électorat de gauche, populaire, indigène, qui a donné sa courte victoire à Castillo fin juillet, ce coup de barre au centre-gauche était inévitable, ne serait-ce que pour maintenir à flot le nouveau président. Il a donc coupé les liens qui le rattachaient à la gauche marxiste, à commencer par ce premier ministre Guido Bellido qui était selon le quotidien "le plus gros des nombreux cailloux qui s'étaient accumulés dans ses chaussures", au cours de ces 69 jours de pouvoir. Les positions dogmatiques et sans concession de Bellido, par exemple sur la nationalisation de gisements gaziers ou sur le soutien au président vénézuélien Maduro, ont créé de vives tensions au sein même de son gouvernement. C'est donc officiellement pour apaiser ces tensions et ramener la sérénité dans les débats que Guido Bellido a été remercié. Mais Pedro Castillo s'offre au passage un rajeunissement et une féminisation notable de son exécutif.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Pour Fernando Vivas d'El Comercio, ce n'est pas un hasard : il fallait en finir avec la politique des "machos" qui, selon lui, empêchent le débat et le consensus par leurs postures viriles et intransigeantes, en mode "Si tu n'es pas d'accord avec moi, tu es un tendre, une gonzesse" ou autre procès homophobe du même genre. 

Une femme à la tête du gouvernement ramènerait donc plus d'empathie et de compromis dans la prise de décision ? C'est discutable, mais si elle vient du centre-gauche comme Mirtha Vasquez, là, c'est probablement garanti.

Aux Etats-Unis, la loi qui interdisait de facto l'avortement au Texas vient d'être bloquée par un juge fédéral.  

En attendant que le débat sur le fond, le droit à l'IVG aux Etats-Unis, soit tranché début décembre par la Cour suprême, la justice fédérale interdit donc à quiconque de s'opposer à la pratique des avortements au Texas. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le juge qui a pris cette décision, suite à une procédure lancée par la Maison Blanche, la justifie dans USA Today comme "le rétablissement du droit constitutionnel de toutes les femmes de disposer de leur corps et de leur vie librement". Il reconnait aussi les "souffrances irréparables" qui ont été imposées à celles qui n'ont pas pu pratiquer l'IVG à cause de cette loi [qui offrait 10 000 dollars de récompense à toute personne qui porterait plainte contre des médecins ou toute autre profession ayant rendu possible un avortement pratiqué après six semaines de grossesse]. 

Dans le Guardian américain, juste avant que la loi ne soit retoquée, un médecin texan, Samuel Dickman, témoignait des conséquences dramatiques de l'interdiction sur ses patientes, qu'il décrivait comme "désespérées", terrorisées par cette atmosphère de délation et, littéralement, de chasse aux sorcières. Depuis que la loi a été adoptée, raconte encore le docteur Dickman, "mon travail de praticien s'est transformé en celui d'agent de voyage clandestin pour femmes obligées d'aller dans d'autres Etats  pour avorter... De la pure dystopie". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Et comme c'était prévisible, ce sont les femmes pauvres et victimes de violences sexuelles qui étaient les plus touchées par les conséquences de cette loi texane, bloquée donc aujourd'hui par la justice fédérale... mais qui n'a sans doute pas dit son dernier mot.

Nous sommes cette fois à New York où la plus grande bibliothèque publique des Etats-Unis lance un pavé dans la mare. 

Une décision inattendue et courageuse, relevée par la radio publique NPR :  la New York Public Library a annoncé mardi qu'elle renonçait, pour toujours, à exiger des amendes de retard à ses usagers qui ne respectent pas les délais de retour des livres empruntés. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

La mesure est à effet immédiat, les amendes en souffrance sont également effacées, c'est vraiment une petite révolution dans le monde feutré des bibliothèques publiques. Le but affiché, c'est de permettre au plus grand nombre de profiter des ressources gratuites du lieu, sans souci d'argent car, nous explique la NPR, même si les amendes n'étaient pas très élevées elles constituaient tout de même un obstacle à l'accès des plus démunis aux bibliothèques new-yorkaises, que ce soit la maison-mère à Manhattan ou plus encore ses nombreuses antennes dans les quartiers populaires du Bronx, de Queens ou de Harlem. 

"Les frais de retard étaient un moyen obsolète et inefficace de forcer les abonnés à ramener les livres empruntés", explique le président de la bibliothèque Anthony Marx à la chaîne NBCNews : cela ne dissuadait pas ceux qui pouvaient payer, et ça décourageait ceux qui ne pouvaient pas payer de venir même à la bibliothèque

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais attention, la New York Public Library n'est pas la première à en finir avec les "late fees" : le Chicago Sun-Times rappelle que sa ville, Chicago, a déjà pris le même tournant il y a deux ans et elle a vu revenir, spontanément, juste à après l'annonce, de centaines de livres oubliés chez eux par des abonnés. Comme quoi la répression et la mise à l'amende ne sont pas forcément le meilleur moyen de pousser les usagers à mieux respecter et utiliser leurs services publics...

Chroniques
7H40
48 min
L'Invité(e) des Matins
Patrick Modiano : "Basculer dans l'imaginaire"
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......