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Maison en feu après des combats entre armée et villageois, Birmanie, 10/09/21

En Birmanie l'opposition prend les armes, la junte militaire riposte

5 min
À retrouver dans l'émission

Début septembre l'opposition birmane unie appelait au combat armé contre la junte militaire : depuis, les combats s'intensifient dans la région Chin dont les habitants fuient par milliers vers l'Inde. Inquiétudes autour du trésor d'Alexandre le Grand à Kaboul. Les anticorps de lamas contre le Covid.

Maison en feu après des combats entre armée et villageois, Birmanie, 10/09/21
Maison en feu après des combats entre armée et villageois, Birmanie, 10/09/21 Crédits : Anonyme - AFP

La junte militaire s'est arrogé le pouvoir il y a bientôt huit mois en Birmanie, et le pays est arrivé à un point de basculement.

Huit mois de répression féroce des manifestations non-violentes menées à travers tout le pays par l'opposition birmane, et le quotidien japonais Nikkei Asia observe qu'en ce mois de septembre, comme on pouvait le craindre le combat contre la dictature et pour le retour des institutions démocratiques en Birmanie a fait le choix des armes.

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La non-violence n'a pas suffi à faire tomber la junte, les soutiens espérés de la communauté internationale ne sont jamais arrivés, alors le Gouvernement d'unité nationale, cet organe clandestin créé pour fédérer les forces d'oppositions, a décidé d'appeler ses partisans à renoncer à la non-violence et à entrer dans une stratégie de rébellion armée, d'attaque contre les positions militaires. 

C'était il y a deux semaines seulement, et l'on voit déjà les premiers effets de ce basculement dans la guerre civile, d'après Radio Free Asia... tout particulièrement dans les régions où des minorités ethniques s'étaient déjà organisées depuis des années en guérilla contre le pouvoir central birman, chez les Karen, à l'est du pays ou chez les Chin à l'ouest : l'opposition pro-démocratie a rejoint dans la lutte armée les guerillas qui tenaient déjà le maquis.  

Dans l'Etat de Chin, près de la frontière avec l'Inde, rapporte le site pro-opposition Myanmar Now, l'intensification des combats a culminé ces derniers jours autour de la ville de Thanlang, pilonnée pendant deux jours par l'artillerie de l'armée nationale. Le média local The Chinland Post publie les photos de maisons, de quartiers entiers en feu ; il raconte comment les soldats, une centaine, avançaient dans les rues en tirant au hasard sur toutes les maisons ; il nous dit enfin que la quasi-totalité de la population de Thanlang (soit environ 8000 personnes) a dû fuir dans la jungle voisine, voire passer la frontière indienne, pour se mettre à l'abri. L'information est confirmée côté indien par le site d'info The Quint, selon qui au moins 20 000 réfugiés birmans ont fui vers l'Inde depuis le coup d'état militaire du 1er février. 

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Dans l'article du Nikkei Asia, signé par Gwen Robinson et Rory Wallace, on comprend que la Birmanie désormais est "écartelée entre deux gouvernements", celui des militaires arrivés au pouvoir par la force, et celui de l'opposition, qui cherche désespérément la reconnaissance de la communauté internationale et ne voit plus que la stratégie de la guerrila pour se battre sur le terrain. Ses moyens sont dérisoires par rapport aux 350 000 hommes de la Tatmadaw, la puissante armée birmane... reste à savoir si le soutien de la population, en particulier dans les régions rebelles, parviendra à faire la différence.

Dans la presse italienne, on se demande ce qu'il est advenu du trésor d'Alexandre le Grand, conservé jusque-là à Kaboul. 

Le "trésor d'Alexandre le Grand" dont nous parle Barbara Schiavuli de la Repubblica, c'est l'or de la Bactriane (du nom de l'antique région d'asie centrale), soient 22 000 pièces en or, colliers, ceintures, médaillons, même une couronne, le tout vieux de plus de 2500 ans et d'une valeur inestimable. Ce sont là les joyaux du Musée national d'Afghanistan dont le directeur, interrogé par la journaliste italienne reconnait qu'il ne sait ce qu'est devenu ce trésor. Est-il caché à l'étranger, ou bien entre les mains de talibans qu'on nous décrit comme "en grand besoin d'argent frais et pas vraiment passionnés par la conservation de l'art antique" ?  

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Déjà il y a vingt ans, on pensait que l'or de la Bactriane avait été dilapidé, vendu, par les talibans de la précédente génération...  mais une partie avait été retrouvé, par miracle, dans un coffre de la Banque centrale de Kaboul, et a pu être exposée ces dernières années à travers le monde. Le miracle se reproduira-t-il cette fois encore ? Rien n'est moins sûr : le directeur du musée a bien tenté de s'assurer auprès des nouveaux dirigeants islamiste que le trésor soit mis en sécurité... mais depuis la mi-août il ne peut plus se rendre à son bureau, le musée est fermé pour des raisons de sécurité. Un responsable du ministère taliban de la Culture assure à la Repubblica que "l'or est en sécurité, à Kaboul, dans un endroit sûr" qu'il refuse de préciser. Il assure aussi que "le musée va bientôt rouvrir, on ne sait pas quand"... un peu finalement comme le retour des femmes au travail et des filles à l'école... "C'est la loi islamique qui en décidera", conclut le fonctionnaire ; autant dire qu'on achève la lecture de cet article pas complètement rassuré.  

Plus prometteur : un possible traitement contre le Covid-19 qui trouve son origine dans la Cordillière des Andes. 

Je vous en avais déjà parlé ici il y a un an et demi, de cette piste d'un remède au coronavirus à base d'anticorps de lamas : ce sont des chercheurs de l'université de Gand les premiers, rappelle fièrement la Libre Belgique, qui en mai 2020 s'étaient intéressés à ces animaux andins connus pour produire des "nanocorps", des défenses immunitaires plus petites en fait que les anticorps, qui les protègent très efficacement contre les infections. Ne restait dès lors plus qu'à voir si ça marchait aussi contre le coronavirus, et si on pouvait transférer cette protection vers l'homme.  

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A l'époque, reconnaît l'argentinInfobae, il était de bon ton de sourire de cette piste belgo-sud-américaine ; mais elle a tout de même été suivie par des équipes de scientifiques d'Argentine, des Etats-Unis et de Grande-Bretagne... où, nous dit aujourd'hui la BBC, des essais sur des hamsters infectés par le coronavirus ont montré un succès significatif dans la lutte contre les symptômes du Covid. Des tests sur des humains doivent démarrer prochainement, et s'ils sont aussi concluants, on pourrait voir arriver dans nos pharmacies un "spray nasal" conçu à base de nanocorps de lamas. Un spray, finalement, c'est ce qui se rapproche le plus du moyen d'expression favori du lama... et ce n'est pas le capitaine Haddock qui me contredira.

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