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Evacuation à l'aéroport de Kaboul, Afghanistan, le 26/08/21

Quand la menace de Daech vient encore compliquer le chaos afghan

6 min
À retrouver dans l'émission

L'évacuation des ressortissants étrangers et de leurs alliés d'Afghanistan est ralentie par une menace terroriste imminente sur l'aéroport de Kaboul : une branche afghane du groupe Etat islamique y préparerait un attentat. Alexeï Navalny raconte sa détention au New York Times.

Evacuation à l'aéroport de Kaboul, Afghanistan, le 26/08/21
Evacuation à l'aéroport de Kaboul, Afghanistan, le 26/08/21 Crédits : Donald R. Allen / US Air Force - AFP

Vous n'aviez sans doute pas entendu parler de Daech-K avant aujourd'hui, et pourtant c'est bien elle, la branche afghane du groupe Etat islamique, qui s'invite dans les journaux internationaux ce matin. 

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Dans Daech-K, nous explique le quotidien italienLa Repubblica, la lettre K vient du Khorassan, cette région situé aux confins de l'Iran, du Turkménistan et de l'Afghanistan, où se seraient réfugiés quelques milliers de combattants djihadistes mis en déroute par l'intervention occidentale en Syrie et en Irak, et qui auraient reconstitué, d'après ce qu'en dit CNN citant une enquête de l'ONU, "une cellule terroriste qui compterait entre 1500 et 2200 combattants en territoire afghan". 

Et si l'on parle de cette branche auto-proclamée du groupe Etat islamique, c'est parce qu'elle représente une "menace immédiate" pour l'évacuation des ressortissants étrangers et de leurs alliés à l'aéroport de Kaboul. C'est à la Une de très nombreux journaux ce matin, à commencer par The Financial Times : les derniers jours, les dernières heures du pont aérien sont suspendus à un ordre lancé en urgence par les ambassades américaines, britanniques et australiennes : il faut éviter à tout prix de se rendre à l'aéroport où l'on craint une attaque terroriste ourdie, vous l'aurez compris, par les combattants de Daech-K. "Un attentat massif avec quatre voitures piégées contre l'aéroport", avance même La Repubblica.

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Et c'est là qu'il faut être bien clair : malgré toutes les horreurs et la duplicité qu'on leur prête, ce ne sont plus ici les talibans afghans qui représentent la principale menace ; il y aurait donc pire, et l'occasion surtout de dissocier, comme le fait un expert du renseignement américain sur CNN, entre d'un côté les talibans comme acteurs politiques relativement pragmatiques qui veulent établir et maintenir leur pouvoir sur l'Etat afghan, et de l'autre des combattants du jihad international, qui n'ont que faire de pouvoir local ou national mais poursuivent un projet idéologique et religieux beaucoup plus large et extrémiste pour lequel ils ne reculent devant aucune violence.  

A tel point que ces djihadistes sont de farouches adversaires des talibans : comme le rappelle Eric Schmitt du New York Times, Daech-K combat âprement, dans les campagnes afghanes, les troupes talibanes depuis sa création par d'anciens talibans déchus il y a environ six ans. Ces dernières années, ils seraient aussi responsables de dizaines d'attaques terroristes (attribuées un peu vite par nos médias aux talibans) contre des cibles afghanes tout autant qu'américaines, tant leur détestation des occupants états-uniens ne semble avoir d'égale que celle des talibans qu'ils considèrent comme trop modérés pour eux. 

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On se retrouve donc, à lire le quotidien new-yorkais, dans une situation assez contre-intuitive vue de chez nous, où les talibans apparaissent plutôt (tout est relatif) comme un facteur de stabilisation et de sécurisation de l'Afghanistan et en particulier de la situation actuelle à l'aéroport de Kaboul, quand la menace la plus grave viendrait d'ailleurs.     

Alors bien sûr, cela n'enlève rien aux périls que le retour des talibans pose pour les populations, principalement à Kaboul, qui ont bénéficié d'une certaine libéralisation de la société afghane ces dernières années... à commencer par les femmes. Mais l'irruption de cette branche K du groupe Etat Islamique rebat les cartes, ou en tout cas la compréhension qu'on peut avoir de la situation actuelle en Afghanistan, tant cette idée du "moindre mal", avec toutes les guillemets qu'il faut y mettre, semble avoir joué dans la décision de Donald Trump et Joe Biden de négocier avec les talibans, pour obtenir d'eux un minimum de garanties contre le retour de Daech.

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Je referme ce chapitre afghan avec deux chiffres, cité entre autre par The Washington Post : alors que l'évacuation de Kaboul est donc freinée par cette menace terroriste imminente, on estime qu'il reste "1500 ressortissants américains encore piégés sur le sol afghan"... et l'ambassade des Etats-Unis reconnaît qu'elle n'a aucun contact avec les deux tiers d'entre eux. Pire encore, bien au-delà des seuls citoyens américains, on estime à 250 000 le nombre d'Afghans qui ont travaillé pour les Américains, qui sont donc directement menacés de représailles par les Talibans, et qui n'ont pas encore pu quitter le pays. Jusque-là l'armée américaine a réussi à évacuer au mieux 20 000 personnes par jour : autant dire que le compte n'y sera vraiment pas, d'ici à ce mardi 31 août.

Des nouvelles de l'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny

C'est là encore The New York Times qui nous en donne, des nouvelles : après 7 mois de détention dans un camp pénitentiaire de haute sécurité, Alexeï Navalny a pu répondre par voie postale, 54 pages écrites de sa main, aux questions du journal américain... et il y décrit sa captivité comme une épreuve quotidienne de torture psychologique. 

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Le pire, dit-il, c'est qu'on nous force à regarder la télévision nationale russe huit heures par jour : ça s'appelle des "séances de sensibilisation", dans le jargon carcéral, et d'après Navalny ce supplice (où les gardiens crient "ne dormez pas, regardez!" aux détenus qui s'endorment devant leur écran) a remplacé les heures de travail manuel jusque-là imposées dans les camps pénitentiaires.  

Le militant anti-corruption, bête noire de Vladimir Poutine, raconte aussi la surveillance permanente, la culture de la délation attisée entre les détenus, les privations de sommeil... comme dans les camps de travail chinois, la comparaison est de Navalny lui-même. 

Mais la presse russe, elle, en retient surtout cette histoire de télévision imposée : si c'est ce dont Navalny se plaint le plus, alors ce n'est pas si terrible, sous-entend par exemple la Komsomolskaya Pravda sur le registre de l'ironie ; après tout, rester 8 heures par jour devant les programmes nationalistes et abrutissants de la télé officielle, ça ne fait sans doute pas de bien au cerveau, mais c'est le lot de millions de citoyens dans la Russie actuelle.  

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Heureusement, la Novaya Gazeta s'intéresse au fond de l'interview, à ce que l'opposant dit de la situation politique russe. Il n'a pas perdu espoir en la chute tôt ou tard de Poutine et de son régime qualifié "d'erreur de l'histoire", en l'avènement d'une Russie démocratique et européenne. Pour cela, dit-il, "il ne suffit pas d'un Alexeï Navalny à la tête de l'opposition, mais il faut que les 30% de russes des classes moyennes, éduquées, urbaines, soient enfin représentés dans notre système politique". Cela, Vladimir Poutine n'a pas réussi à le faire, et c'est sa principale faiblesse, professe Alexeï Navalny... à qui il reste, rappelons-le, (au moins) deux années de prison à purger.

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