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L'oppposant cubain Yunior Garcia retenu de force chez lui, La Havane le 15/11/21

Un 15 novembre sous haute tension politique à Cuba

6 min
À retrouver dans l'émission

Après la mobilisation spontanée et réprimée du 11 juillet, l'opposition cubaine appelle à manifester ce 15 novembre, malgré l'interdiction des autorités qui retiennent chez eux les meneurs du mouvement. L'Inde freine l'abandon du charbon à la COP26 alors que sa capitale étouffe sous la pollution.

L'oppposant cubain Yunior Garcia retenu de force chez lui, La Havane le 15/11/21
L'oppposant cubain Yunior Garcia retenu de force chez lui, La Havane le 15/11/21 Crédits : STR - AFP

La date de ce lundi 15 novembre est entourée en rouge sur l'agenda des autorités cubaines. 

Cette journée a déjà son nom de code, son surnom : "15N" pour 15 novembre, voilà comment une partie de l'opposition cubaine sur les réseaux sociaux appelle, depuis des semaines, ceux qui la suivent à se mobiliser en ce jour bien particulier. 

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Pourquoi ce 15 novembre en particulier, s'interroge El Pais ? Eh bien parce que c'est le jour de la réouverture de Cuba aux touristes, après 20 mois de confinement et de restrictions sanitaires. Le pouvoir à la Havane voulait en faire une fête du retour à la normale... mais d'autres, autour du groupe d'opposants en ligne Archipelago et du dramaturge Yunior Garcia Aguilera, avaient appelé à défiler dans une Marche civique du changement, contre le régime communiste. Ce dernier muselle toute opposition et a imposé des conditions économiques proches de la survie à  la population pendant toute cette crise pandémique qui n'a fait qu'aggraver les difficultés sociales déjà bien réelles. 

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L'organisateur en chef de cette mobilisation pro-démocratie du 15N, c'est donc bien lui, confirme The Guardian, Yunior Garcia, acteur, auteur et activiste de 39 ans devenu "célèbre depuis un an mais pas grâce à son art", plutôt grâce à son engagement en faveur de ce qu'il appelle une "rébellion pacifique" pour donner aux Cubains les droits fondamentaux que le pouvoir communiste leur refuse. Déjà le 11 juillet dernier, l'homme de théâtre avait pris part à la mobilisation historique et largement spontanée qui avait porté ces revendications... mais cette fois avec quelques autres il a pris la tête du mouvement quitte à s'exposer à la répression politique : le site d'info édité à Miami Cubanet raconte comment l'appel a manifester ce lundi a été jugé illégal par les autorités. Comment Yunior Garcia a finalement annoncé qu'il défilerait seul dimanche dans les rues de la Havane une rose blanche à la main, pour ne pas prendre le risque d'une grande manifestation qui aurait pu dégénérer ou être sévèrement réprimée comme en juillet. 

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Mais même cela lui a été refusé : hier matin son quartier de la Havane a été pris d'assaut par des centaines de policiers en civil qui ont encerclé son bâtiment, l'ont recouvert d'immenses drapeaux cubains, et ont, de facto, condamné l'opposant à la détention à son domicile. Et il n'est pas le seul dans ce cas : "le régime harcèle et détient arbitrairement les meneurs du 15 novembre", résume The Washington Post qui cite parmi les autres victimes de ces intimidations, son collaborateur : l'éditorialiste cubain Abraham Jimenez Enoa. Lui aussi a vu des agents des forces de sécurité s'installer en bas de chez lui pour lui empêcher toute sortie depuis dimanche.

Dernier aspect de la chape de plomb qui est tombée ces dernières 24 heure sur Cuba, ces atteintes à la liberté de la presse relevées par CNN en espagnol : les autorités de La Havane ont retiré leurs accréditations aux journalistes de l'agence espagnole Efe, l'un des médias étrangers les plus présents sur place. Jusque-là, jamais toute une rédaction n'avait été empêchée de travailler à Cuba, et ce sans aucune justification apportée par le pouvoir en place. 

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Les journaux américains eux suivent l'évolution de cette situation cubaine à distance, tant il est vrai que leur pays, les États-Unis, est au cœur de la riposte des autorités contre ces appels à manifester. La Granma, voix officielle du régime, regorge ce matin d'articles dénonçant l'ingérence américaine dans les affaires de Cuba, la main de Washington (l'ennemi héréditaire du régime depuis plus de 60 ans) derrière cette mobilisation du 15N ; la responsabilité aussi et surtout des sanctions économiques imposées par les États-Unis à Cuba dans la dégradation des conditions de vie sur l'île, ces pénuries alimentaires, ces coupures d'électricité ou ce système de santé défaillant qui nourrissent les critiques des Cubains contre leurs dirigeants. 

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"Le peuple de Cuba a le droit à l'auto-défense" contre cette influence américaine délétère, affirme donc la Granma. Comme un appel à la population pour qu'elle s'élève contre d'éventuels cortèges ce lundi ; comme une menace donc qui va avec les photos du président Miguel Diaz-Canel prenant un bain de foule dimanche avec le mouvement de jeunesse dit des "foulards rouges" présenté par le quotidien comme une incarnation de la jeunesse cubaine qui soutient corps et âme le pouvoir communiste menacé de l'extérieur. Une manière de créer un contre-discours face à l'autre élan de la jeunesse, sans doute plus spontané et en tout cas bien plus critique, du 15 novembre. 

Il est aussi beaucoup question de l'Inde dans la presse internationale.

L'Inde qui apparaît depuis dimanche comme la principale responsable de la reculade de dernière minute à la COP26, avec cet accord final qui engage les pays signataires à "ralentir" l'utilisation du charbon pour produire de l'énergie, plutôt à qu'à "en finir" avec son utilisation. 

Comment, dès lors, ne pas soulever avec le quotidien italien la Repubblica, ce "paradoxe indien", cette fâcheuse coïncidence en tout cas, qui voit le pays de Narendra Modi d'un côté s'accrocher à son titre de premier pollueur de la planète et de l'autre décréter, comme ont du le faire samedi les autorités de la capitale New Delhi, un confinement inédit, justifié non pas par le Covid-19 mais par la pollution de l'air aux particules fines. 

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Toutes les écoles de la métropole et ses administrations vont restées fermées cette semaine, les chantiers de construction sont stoppés, précise la revue en ligne Dawn, parce que l'air est devenu trop irrespirable pour les quelques 16 millions d'habitants que compte la région de Delhi.  "C'est le refrain bien connu du trop peu, trop tard", commente The Hindustan Times, qui insiste sur le fait que la Cour suprême indienne, elle, a recommandé un confinement plus strict encore de tous les travailleurs et non pas des seuls écoliers. Cette hypothèse encore jamais vue n'est pas exclue, même si les journaux signalent ces dernières heures que les niveaux de pollution semblent plutôt évoluer à la baisse. L'administration régionale vient tout de même de déposer une demande à la Cour suprême pour pouvoir déclencher rapidement, si besoin, ce confinement d'un nouveau genre. 

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Quant au lien entre la COP26, les centrales à charbon et ce pic de pollution aérienne... quoi qu'en pense La Repubblica, il n'est pas complètement avéré : l'Hindustan Times pointe plutôt la responsabilité des pratiques agricoles indiennes, de ces fermiers du nord-ouest du pays qui brûlent le chaume dans leurs rizières pour pouvoir recultiver l'an prochain au même endroit. Chaque année, à la même saison, le nuage de fumée qu'ils soulèvent se mêle au panache des centrales à charbon et des gaz d'échappement, pour faire exploser les concentrations en particules fines dans le ciel de New Delhi.

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