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Le lieutenant-général Shams al-Din Kabashi, du comité de transition délmocratique à Port-Soudan le 26/09/21

L'armée soudanaise accusée de saboter la transition démocratique

6 min
À retrouver dans l'émission

Depuis la tentative avortée de coup d'État militaire au Soudan, l'armée semble tout faire pour affaiblir la transition démocratique co-dirigée avec le gouvernement civil. Succès populaire d'un référendum à Berlin proposant d'exproprier des grands groupes immobiliers pour faire baisser les loyers.

Le lieutenant-général Shams al-Din Kabashi, du comité de transition délmocratique à Port-Soudan le 26/09/21
Le lieutenant-général Shams al-Din Kabashi, du comité de transition délmocratique à Port-Soudan le 26/09/21 Crédits : Ibrahim Ishaq - AFP

Dans la presse africaine on relève ces signaux inquiétants qui se multiplient autour de la situation politique au Soudan. 

Politique et sécuritaire, oui, avec ce week-end pas moins de trois évènements distincts mais qui nous disent tous, à quel point le processus de transition démocratique au Soudan est fragile et menacé, six jours après la tentative de coup d'État militaire qui a été rapidement déjouée. 

Dans la Sudan Tribune de Khartoum, tout d'abord, on revient sur ces manifestations qui agitent l'Est du pays : des représentants de la tribu Beja s'opposent au pouvoir central et ont bloqué, jusqu'à ce matin, le terminal pétrolier de Port-Soudan sur la Mer Rouge, ainsi que les routes et les pipe-lines qui y mènent, bloquant l'approvisionnement du pays en pétrole produit au Sud-Soudan voisin et le privant des dividendes de son exportation, via Port-Soudan, vers le reste du monde.  

Ce qu'en retient The Sudan Tribune, c'est le fait que les militaires ont refusé d'intervenir pour faire cesser ces blocages, alors que le pays ne comptait que 10 jours de réserves stratégiques de pétrole. L'état-major militaire a déclaré qu'il ne s'en mêlerait pas, qu'il revenait de régler cette crise à la composante civile du comité de transition démocratique mis en place il y a deux ans après la chute d'Omar El Béchir. 

Les blocages autour de Port-Soudan ont été levés ce matin après justement négociations entre les leaders Beja et le gouvernement. Mais, il reste cette accusation tenace : après avoir tenté de faire tomber l'exécutif civil la semaine dernière, les militaires profiteraient des tensions dans l'Est pour tenter encore de l'affaiblir. Pendant ce temps, complète Al Jazeera, l'état-major annonçait hier avoir repoussé, dans le sud du pays à la frontière avec l'Ethiopie, une incursion de l'armée éthiopienne dans la zone frontalière disputée du triangle d'Al-Fagasha. 

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L'Ethiopie a démenti tout mouvement de troupe, mais il faut sans doute voir dans ce deuxième évènement une manière pour les militaires soudanais de montrer au peuple qu'ils sont là pour défendre leur peuple d'une agression extérieure, réelle ou fantasmée, qui leur permet par le même biais d'internationaliser la crise politique. 

La région frontalière, rappelle la BBC Afrique, est sous tension accrue depuis le début de la guerre au Tigré éthiopien, juste de l'autre côté de la frontière, avec des dizaines de milliers de réfugiés tigréens qui ont trouvé refuge dans des camps côté soudanais. Quant aux relations entre Khartoum et Addis-Abeba en général, elles sont également très tendues autour du grand barrage de la Renaissance que l'Ethiopie a construit sur le Nil juste en amont de la frontière avec le Soudan. Il y a donc là une poudrière, et des militaires soudanais tentés de jouer avec des allumettes juste à côté.  

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Le troisième signal inquiétant, c'est cette décision des militaires soudanais, de ne plus assurer la surveillance des biens de l'ex- dictateur Omar El-Bechir. C'est le journal émirati The National qui évoque le sujet : l'armée soudanaise, même si elle participe pour moitié au pouvoir de transition démocratique, est restée en bonne partie loyale à l'ancien régime renversé il y a deux ans. Et la décision du gouvernement civil, en août, de livrer Omar El-Bechir à la Cour pénale internationale semble jouer pour beaucoup dans la colère de l'état-major. Ce dernier a donc décidé ce dimanche de ne plus assurer la garde des millions d'euros de palais, terrains, et patrimoine du despote déchu, sans que l'on sache clairement pourquoi, sinon pour créer des troubles dans la capitale et montrer une fois de plus qu'il ne s'estime plus tenu par les engagements pris avec le pouvoir civil. 

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Où tout cela va-t-il mener le Soudan ? La revue The East African ne se risque pas à répondre à cette question mais élargit plutôt la focale, en nous expliquant que les tensions entre armée et civils à Khartoum sont "le miroir de fractures plus grandes encore et irrésolues au niveau régional, dans toute la Corne de l'Afrique". Avec l'Ethiopie en guerre, la crise humanitaire qui rejaillit sur tous ses voisins, les divisions ethniques internes à chaque pays resurgissent au moindre signe d'affaiblissement des pouvoirs centraux... et les enjeux de ressources naturelles, eau et hydrocarbures, achèvent de complexifier le tout. La conclusion de tout celà, c'est qu'il va falloir garder un œil sur cette Corne de l'Afrique, dans les semaines et les mois qui viennent...

Retour à présent sur les élections qui se déroulaient ce dimanche en Allemagne.

Nous ne reviendrons pas sur la courte victoire du SPD aux élections législatives, et sur les âpres négociations qui s'annoncent pour faire sortir une coalition de gouvernement de ces résultats très serrés... mais parlons plutôt, avec Der Spiegel, de ce référendum d'initiative citoyenne qui a remporté un grand succès auprès des électeurs berlinois. Dans la capitale allemande, on votait pour ou contre, rien de moins que l'expropriation des grands groupes immobiliers de milliers d'appartements qu'ils possèdent à Berlin, qu'ils louent à des particuliers et qui sont accusés d'être responsables de la flambée du prix des loyers dans la ville. 

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56% des votants ont donc dit "oui" au fait de priver ces gros promoteurs d'environ 3000 appartements qu'ils possèdent, de remettre en cause leur propriété privé, pour la confier à une régie publique qui pratiquerait une politique de loyers encadrés. C'est "radical", commente la Suddeutsche Zeitung, mais c'est apparement "populaire", comme mesure... Pour Der TagesSpiegel, le succès de ce référendum oblige désormais la future coalition de gouvernement, celle qui sortira des élections législatives de ce dimanche. 

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Pour le quotidien berlinois, les électeurs de la capitale n'en peuvent plus de subir l'augmentation des loyers causée par la spéculation de quelques grands groupes, et ils ont décidé d'imposer ce sujet dans le débat fédéral. Sauf qu'au niveau fédéral justement, il n'y a guère que la gauche qui soutienne l'expropriation, et encore, pas le SPD, non, mais le parti Die Linke qui a fait à peine 5% des voix aux législatives. Autant vous dire que, quoi qu'en pensent les électeurs de Berlin, les grands propriétaires immobiliers de la capitale, eux, devraient continuer à dormir tranquille.

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