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Boris Johnson à New York le 22/09/21

"L'un des pires fiascos sanitaires de l'histoire" : la gestion accablante du Covid-19 par Boris Johnson

5 min
À retrouver dans l'émission

Un rapport parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement britannique pointe des mauvais choix, erreurs et impréparations accusés d'avoir causé des dizaines de milliers de morts évitables. Sous-marins nucléaires, apprentis espions et beurre de cacahuètes aux États-Unis.

Boris Johnson à New York le 22/09/21
Boris Johnson à New York le 22/09/21 Crédits : Michael M. Santiago - AFP

Tirer les leçons de la crise du Covid-19 : voilà la mission que s'étaient fixés des parlementaires britanniques... et ils viennent de livrer leurs conclusions. 

Ce rapport de 150 pages, nourri par l'enquête menée des mois durant par des membres de la Chambre des Communes aussi bien travaillistes que conservateurs ou nationalistes écossais, était très attendu dans les rédactions londoniennes qui s'en sont emparées... et ça donne une série de Unes, toutes plus cinglantes les unes que les autres, sur la manière dont le gouvernement de Boris Johnson a géré cette crise sanitaire.

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Ce gouvernement se retrouve "couvert de honte, pour ne pas avoir su gérer mieux le chaos du Covid", clame par exemple le gratuit Metro, selon qui, et de nombreux confrères reprennent ces mots, la gestion de la pandémie au Royaume-Uni se révèle être "l'un des plus gros fiascos de l'histoire britannique en matière de santé publique".  

Parmi les erreurs reprochées aux décideurs, il y a principalement celle d'avoir tardé à déclencher le confinement après l'apparition du variant Delta l'hiver dernier : ce "délai coupable", cette "croyance aveugle en une illusoire immunité collective" et une sorte "d'exceptionnalisme britannique", doublés d'une bonne dose de "fatalisme" de la part des ministres sur le nombre de décès acceptables... tout cela, accuse, The Daily Mirror en Une, a causé des dizaines de milliers de morts qui auraient pu être évités à quelques jours près. 

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Autre ligne d'attaque, mise en avant par le Daily Mail : la manière dont les seniors et en particulier les pensionnaires de maisons de retraite ont été "négligés dans cette crise, comment leur sort est passé au second plan"...  avec ce résultat : le taux de mortalité dans les EHPAD britanniques est aujourd'hui l'un des plus élevés parmi les pays occidentaux. "Ces morts-là aussi auraient pu être évités", toujours d'après le rapport d'enquête parlementaire, si la logique d'action du gouvernement, très tôt, avait été "d'éliminer le virus, par des confinements précoces et très stricts, plutôt que de penser pouvoir gérer, freiner sa propagation" en acceptant, on l'a dit, un certain nombre de décès inévitables.  

On sait avec le recul que cette logique a rapidement échappé à ses décideurs qui étaient aussi, c'est l'autre axe de conclusion du rapport, mal préparés à ce type de crise pandémique.  "Les leçons des précédents virus, SRAS, MERS ou Ebola, n'avaient pas été suffisamment tirées", martèle le Mirror : l'enquête de prévision des risques qui faisait foi en matière de coronavirus datait d'il y a trois ans seulement,  mais elle ne prédisait rien de bien grave, "seulement une centaine de morts pour tout le Royaume-Uni". On comprend mieux dès lors pourquoi les politiques, "aveuglés" selon la presse par des conseillers scientifiques mal préparés, ont tant tardé à prendre la mesure de ce qui se passait vraiment.  

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Et voilà donc pourquoi, selon Peter Walker du Guardian, le rapport parlementaire rendu public aujourd'hui ne peut être que le début d'une enquête publique beaucoup plus approfondie... telle que la réclament l'opposition britannique et les familles de victimes du Covid, depuis des mois. Cette enquête-là, Boris Johnson a promis qu'il allait l'accepter, mais pas avant le début de l'an prochain. En attendant, si le rapport parlementaire est moins consensuel que ce que l'on pouvait craindre, il ne contient toutefois rien, toujours d'après The Guardian, qui puisse justifier la démission d'un ministre de la Santé ou une séance de débats houleux au Parlement. Il ne s'agit pas là de dire ce qu'il aurait fallu faire, à posteriori, ou d'avoir la tête de quelconques boucs émissaires, mais bien de tirer sans complaisance les leçons qui s'imposent, pour éviter que ne se reproduise, un tel fiasco sanitaire.

Un autre genre de fiasco : celui qui pourrait valoir la prison à vie à un couple d'apprentis-espions américains. 

La prison à vie, oui, d'après The Washington Post c'est ce que risquent Jonathan et Diana Toebbe, un ingénieur militaire et son épouse tous deux domiciliés à Annapolis dans le Maryland, pour avoir voulu livrer certains secrets des sous-marins nucléaires américains à une puissance étrangère... qui ne nous est pas précisée dans l'acte d'accusation. 

En fait, ce couple, en apparence banal, avait contacté ladite mystérieuse puissance étrangère, lui proposant les secrets défense contre de l'argent bien sûr ; mais les interlocuteurs s'étaient apparemment méfiés puisqu'ils avaient refusé l'offre et alerté en retour le renseignement américain. 

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Le FBI avait donc repris l'affaire, répondu à l'offre des deux d'Annapolis en se faisant passer pour un acheteur intéressé. La transaction avait été effectuée, contre 100 000 dollars en cryptomonnaies, et les Toebbe avaient livré les secrets des sous-marins dans un ingénieux système de boîtes aux lettres mortes qui fait aujourd'hui les délices de la presse américaine. Les apprentis-espions et leur faux client avaient convenu d'endroits où ils déposaient des cartes mémoire SD cachées dans des objets aussi peu suspects que des sandwichs au beurre de cacahuètes à moitié mangés ou des boîtes de pansements dont le film plastique avait consciencieusement été replacé. 

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Selon la cheffe du service enquête de CBSNews, les méthodes utilisées sont dignes de vrais professionnels, les deux d'Annapolis s'étaient vraiment pris au jeu... mais ils ont surtout été pris au piège tendu par le FBI, qui les a finalement arrêtés ce dimanche et va les présenter à un juge fédéral ce mardi. 

Depuis dimanche donc, l'affaire passionne les médias aux États-Unis, avec un développement inattendu, dans la presse conservatrice proche de la droite pro-Trump : Fox News et le New York Post par exemple voient dans la dérive des époux Toebbe la marque d'un grand complot ourdi par la gauche radicale et intersectionnelle... car sur des comptes de réseaux sociaux qu'ils pensent être ceux de Diana Toebbe, ils ont trouvé des messages favorables au mouvement Black Lives Matter ou encore des prises de positions féministes. Je vous laisse en tirer les conclusions qui s'imposent sur une grande conspiration sino-afro-woke qui menacerait l'Amérique et en voulant prendre le contrôle de ses sous-marins nucléaires...

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