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Une enfant lors de la marche des défenseurs de l'Ukraine à Kiev ce mardi 24 août 2021. Avec une photo d'un parent tué dans un conflit militaire à l'est du pays.

Trente années d'indépendance pour l'Ukraine, mais quelle indépendance réelle vis-à-vis de la Russie ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Depuis le 24 août 1991, Moscou maintient sa pression sur sa voisine. Avec une Crimée qui reste occupée, annexée depuis sept ans. En Argentine, les médias se passionnent pour les déboires d'un quartier très huppé de Buenos Aires envahi par le plus gros rongeur de la création : le grand Cabiaï.

Une enfant lors de la marche des défenseurs de l'Ukraine à Kiev ce mardi 24 août 2021. Avec une photo d'un parent tué dans un conflit militaire à l'est du pays.
Une enfant lors de la marche des défenseurs de l'Ukraine à Kiev ce mardi 24 août 2021. Avec une photo d'un parent tué dans un conflit militaire à l'est du pays. Crédits : Anatolii Stepanov - AFP

La fête nationale ukrainienne a lieu le 24 août, en souvenir du même jour de l'année 1991 où la République soviétique d'Ukraine, la plus importante après la Russie sous l'URSS, avait déclaré son indépendance. C'était donc il y a trente ans aujourd'hui, et le moins que l'on puisse dire c'est que ces trois décennies ont montré une chose : la Russie n'a jamais voulu de cette indépendance, et elle fait tout depuis pour garder dans son giron ce pays qu'elle a toujours considéré comme sa petite soeur; turbulente certes, mais jamais vraiment une entité en soi.

Pour s'en convaincre, avec Le Temps, de Genève, on commencera par s'intéresser à l'un moyens par lesquels Moscou fait pression sur Kiev : l'annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée, sur la Mer Noire. C'était il y a sept ans, et ce lundi le président ukrainien Volodymyr Zelensky organisait un sommet international pour rappeler au monde que cette situation est illégale et inacceptable, en regard du droit international. Il s'agit d'une "occupation", selon les mots repris par le quotidien en ligne Ukrayinska Pravda, et il faut donc que la communauté internationale s'implique pour obtenir des Russes une "désoccupation" de la Crimée.

A bien y regarder, comme le note ironiquement Kommersant à Moscou, Zelensky avait beau se vanter d'avoir réuni 46 délégations étrangères à son sommet de Kiev, il ne s'agissait là que de ses alliés de l'OTAN et aucun de ceux qui peuvent vraiment peser sur Vladimir Poutine ne s'était déplacé en personne : pas d'Emmanuel Macron ni de Justin Trudeau, de Recep Tayyip Erdogan ou encore moins de Joe Biden. Chacun avait envoyé des seconds couteaux pour le représenté, et pire encore : Angela Merkel était de passage à Kiev dimanche mais elle n'a pas jugé bon de prolonger son séjour pour donner du poids à l'initiative Zelensky sur la Crimée.

On notera tout de même le président du Conseil européen Charles Michel. Avec le président ukrainien, il a plaidé, insiste le Kyv Post, pour que la question brûlante de la Crimée "ne retombe pas dans l'oubli international pour les sept prochaines années".

Reste à savoir comment faire réellement céder Moscou, au-delà des injonctions diplomatiques qui n'ont rien donné ces sept dernières années.

C'est toute la question posée par Politico qui constate, difficile de faire autrement, l'impuissance de cette même communauté internationale à faire cesser cette violation du droit international depuis 2014. L'absence de Merkel et Macron n'augure rien de bon pour l'Ukraine, confirme David Herzenhorm qui voit aussi comme un très mauvais signe l'achèvement imminent des travaux de construction du gazoduc NordStream-2 en Mer Baltique. Il va permettre à la Russie d'exporter encore plus de son gaz sans passer par l'Ukraine, ce qui va priver Kiev d'un revenu très important pour son budget et d'un de ses rares moyens de pression sur Moscou.

Et qui plus est, enfonce Die Welt à Berlin, NordStream-2, construit par une joint-venture germano-russe, va renforcer la dépendance de l'Allemagne au gaz russe, et cela devrait peser lourd sur les relations diplomatiques entre les deux pays. Dès lors, il ne va pas trop falloir que Kiev compte sur Berlin pour tordre le bras de Moscou, sur la question de la Crimée comme sur celle de la guerre au Donbass et de tous les moyens par lesquels la Russie continue, trente ans après l'indépendance, de garder le grappin sur la jeune république d'Ukraine.

L'Argentine s'inquiète de ses carpinchos

En Argentine, les médias se passionnent pour les déboires d'un quartier très huppé de Buenos Aires.

Le quartier de Nordelta, au nord de la capitale argentine, nous raconte The Guardian, s'étend autour de tout un réseau de canaux dans le delta du fleuve Parana. Une zone lacustre asséchée pour construire cette résidence fermée, ultra-sécurisée et donc ultra-chic où vit l'élite du pays. Des défenseurs de l'environnement avaient déjà dénoncé sa construction, sur une zone humide essentielle à la biodiversité sud-américaine. Mais là, il semblerait que la nature se venge, écrit Uki Goñi du Guardian, parce que Nordelta est envahi par des colonies entières de grands Cabiaïs ou Capybaras, ou carpinchos en espagnol : rien de moins que le plus gros rongeur de la création, gros comme un gros chien voire comme un sanglier, mammifère semi-aquatique qui a apparemment décidé de se réapproprier le delta, au grand dam des riches propriétaires qui le voient venir détruire leurs pelouses manucurées, mordre leurs chiens ou provoquer des accidents de la route.

Du coup, au plus fort de l'été, tous les médias argentins s'emparent du sujet, comme la chaîne America TV.

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A entendre le présentateur, "C'est devenu un débat national : que faire des carpinchos ?" Faut-il les exterminer comme le proposent, fusil à la main, plusieurs habitants de Nordelta ? Faut-il les laisser faire et raser le quartier ou bien envoyer les rongeurs vivre ailleurs dans le delta ? Des heures d'antennes et des pages entières dans les journaux sont consacrés au sujet, avec désormais une autre question, posée par le quotidien conservateur La Nacion : les rongeurs géants seraient-ils de gauche, eux qui s'en prennent aux plus riches habitants du pays  en remettant la question environnementale au coeur de ce projet immobilier ?

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