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Batîment incendié dans le quartier chinois d'Honiara, îles Salomon, le 26/11/21

Les îles Salomon, jouets des grandes puissances dans l'Indo-Pacifique ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Les îles Salomon meurtries par trois jours d'émeutes contre le Premier ministre et la communauté chinoise : un épisode de la lutte d'influence que se livrent États-Unis et Chine dans la région indo-pacifique ? Au Québec, des réserves stratégiques de sirop d'érable pour éviter une pénurie mondiale.

Batîment incendié dans le quartier chinois d'Honiara, îles Salomon, le 26/11/21
Batîment incendié dans le quartier chinois d'Honiara, îles Salomon, le 26/11/21 Crédits : Charley Piringi - AFP

Que s'est-il passé la semaine dernière aux îles Salomon ?  

Les îles Salomon (il semble que c'est la première fois qu'on en parle dans la revue de presse internationale) c'est cet archipel qui regroupe des centaines d'îles et d'atolls, dans le Pacifique Sud-Ouest, pas loin de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et de la Nouvelle-Calédonie... 

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Depuis quelques jours, nous parlons des îles Salomon, notamment dans le journal japonais Nikkei Asia, parce que, là-bas, la semaine dernière a été marquée par trois journées de très vives émeutes, dans la capitale Honiara, avec des centaines de manifestants qui exigeaient la démission du Premier ministre Manasseh Sogavare, ont tenté d'incendier sa maison et ont en particulier dévasté le quartier chinois de la ville, car ils reprochent au chef du gouvernement justement de s'être allié avec la Chine, tournant le dos à l'île de Taïwan dont l'indépendance est, on le sait, soutenue par les États-Unis. 

Derrière l'odeur de brûlé qui persiste aujourd'hui encore dans les décombres du quartier chinois de Honiara, il y a donc un fort parfum de géopolitique, proclame Elizabeth Beattie dans les colonnes du Nikkei, une "illustration des tensions que soulève l'influence grandissante de la Chine dans cette région de l'Indo-Pacifique" dont on a beaucoup parlé ces derniers mois autour de la coopération militaire renforcée entre États-Unis et Australie, au détriment, vous vous en souvenez, de la France et de ses sous-marins refusé par Canberra.  

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Dans ce contexte géopolitique, les petits états océaniens comme les îles Salomon se retrouvent de plus en plus poussés par Pékin et Washington à choisir leur camp, et la question de la reconnaissance ou non de Taïwan devient le marqueur de ce choix. La Chine se donne les moyens financiers de convaincre ceux qui hésiteraient, avec ce que les experts cités par l'article appellent "la diplomatie du carnet de chèques" et ces entreprises et travailleurs chinois qui affluent vers les pays concernés pour y relancer l'économie à partir du moment où ils acceptent de rentrer dans le giron de Pékin.   

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En l’occurrence, les Iles Salomon sont la plus grande mine d'or de l'archipel qui incarne ces intérêts industriels et diplomatiques intimement mêlés, estime Peter Hartcher du Sydney Morning Herald. Depuis que cette mine a été reprise par une entreprise d'État chinoise, elle est au cœur de la colère d'une partie de la population des Salomon qui trouve que le bénéfice de ses ressources naturelles lui est trop largement confisqué au profit des investisseurs étrangers.  

De là à dire que les États-Unis alliés à l'Australie auraient soufflé sur ces braises pour favoriser une révolution colorée aux îles Salomon, il y a tout de même un pas que refuse de franchir l'Australien Peter Hartcher. Il en veut pour preuve le fait que Canberra vient d'envoyer des policiers et même des soldats pour aider les forces de sécurité des Salomon à ramener le calme sur l'archipel... ce qui, précise le quotidien insulaire Solomon Times, ne plaît pas du tout aux émeutiers anti-Chine de ces derniers jours.   

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Il faut se garder d'une lecture trop géopolitique de ces émeutes, estiment à leur tour Maria Siow et Joshua McDonald pour le South China Morning Post. Selon eux, cette opposition à distance entre les États-Unis et la Chine ne serait que "le glaçage sur le gâteau" d'une colère sociale déjà bien enracinée aux îles Salomon autour de cette question des ressources naturelles accaparées par la Chine et de la corruption qui entourerait ces contrats au profit des dirigeants locaux. Les difficultés économiques engendrées par la crise du Covid-19 auraient achevé de mettre le feu sous la marmite dont le couvercle a fini par sauter d'une manière spectaculaire. 

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Ce qui est sûr, déplore enfin The Solomon Times, c'est que ces images vues en fin de semaine du marché et du quartier chinois d'Honiara détruits par le feu et les pillages ont fait parler de l'archipel comme jamais à travers les médias de la planète... brisant au passage l'image publicitaire du paradis océanien aux plages de sable blanc. L'économie touristique des Salomon mettra des années à s'en remettre, prévient le quotidien, et cela rendra l'archipel plus vulnérable encore aux appétits des grandes puissances de l'Indo-Pacifique.

Évoquons à présent une nouvelle qui pourrait en choquer plus d'un à l'heure du petit déjeuner...

Soyons prévoyant, parce qu'il est bien question d'une pénurie mondiale de sirop d'érable, dans le quotidien de Québec Le Soleil. La province canadienne du Québec produit 73% de tout le sirop d'érable consommé dans le monde ; rançon du succès, ses exportations ont bondi de 20% depuis le début de l'année 2020, avec un effet non négligeable des confinements un peu partout qui ont poussé les consommateurs enfermés dans leur cuisine à investir les valeurs refuges du bien-être, les aliments gourmands et réconfortants.

Bref, résume Le Journal de Montréal, la demande a augmenté mais en parallèle l'offre s'est réduite, la faute à une saison du dégel à la fin de l'hiver dernier qui a été trop courte, explique encore le quotidien, et qui a donc permis de récolter moins de sève d'érable pour en tirer le fameux sirop. 

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Le résultat est là : les stocks québécois sont quasiment vides, au point de pousser le syndicat des acériculteurs à un dernier recours : il a décidé ce lundi de puiser, pour finir l'hiver, dans ses réserves stratégiques de sirop d'érable pour mettre sur le marché 23 millions de kilos de sirop, de quoi soigner l'effet de manque qui commençait déjà à se faire sentir. 

Alors peut-être pensez-vous, comme Cassie Werber du site d'info Quartz, que la principale info dans tout ça, c'est que le Québec possède une réserve stratégique de sirop d'érable ? En effet, à chacun ses mines d'or ou ses gisements de pétrole : on apprend dans l'article que ces stocks ont été constitués à partir de 1966, quand les syndicats professionnels ont été autorisés au Québec et que les producteurs québécois de sirop se sont organisés en filière, pour ne pas dire en cartel ; ils ont vite compris que faire des réserves leur donnerait un atout certain face aux fluctuations de la nature et des marchés. 

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D'ailleurs, en 2019 nous dit-on, "un baril de sirop d'érable s'échangeait contre 1900 dollars canadiens, soit vingt fois la valeur d'un baril de pétrole brut". Aux États-Unis, premier importateur de sirop québécois, The Washington Post s'amuse aussi de ce parallèle, comparant le syndicat québécois des producteurs à une "OPEP du sirop d'érable"et dressant ce parallèle entre la décision de Joe Biden de puiser dans les réserves stratégiques d'essence américaines pour contrer l'inflation et celle du Québec qui en fait autant, lui, mais pour sauver le taux de glycémie mondial.

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