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Florin Citu, Premier ministre roumain renversé par une motion de défiance, Bucarest le 05/10/21

Le gouvernement roumain tombe en plein sursaut épidémique

6 min
À retrouver dans l'émission

Confrontée à une 4ème vague épidémique particulièrement rude accentuée par l'un des plus faibles taux de vaccination d'Europe, la Roumanie se retrouve sans gouvernement. Au Rawanda la réforme scolaire qui rend possible le redoublement passe mal chez les parents, sur fond de pénurie d'enseignants.

Florin Citu, Premier ministre roumain renversé par une motion de défiance, Bucarest le 05/10/21
Florin Citu, Premier ministre roumain renversé par une motion de défiance, Bucarest le 05/10/21 Crédits : Daniel Mihailescu - AFP

Politiques et sanitaires : les voyants sont au rouge en Roumanie

La Roumanie, faut-il le rappeler, fait partie de l’Union Européenne depuis 14 ans, mais le pays incarne toujours malgré lui la fracture Est-Ouest au sein de l’UE. Le site d’informations européennes Politico nous alerte sur le fait que là-bas, seulement 34% des adultes sont complètement vaccinés contre le Covid-19 ; c’est même moins en Bulgarie voisine avec 23%. Ce sont là les pires taux de vaccination d’Europe et donc, depuis quelques jours la Roumanie est confrontée à un pic de contamination qui nous rappelle ce que nous avons connu avant la vaccination massive.

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250 morts pour la seule journée de lundi d’après le quotidien de Bucarest Adevarul (c’est un record, surtout pour un pays de moins de 20 millions d’habitants), et des hôpitaux débordés : "si vous voulez savoir à quoi ressemble l’enfer, allez aux urgences en ce moment", témoigne un Roumain qui en sort à peine. Ce mardi, poursuit le journal dans un autre article, le gouvernement a décidé de fermer pour trente jours les blocs opératoires et les services non-urgents dans ces hôpitaux, pour consacrer tous les moyens et les médecins à la prise en charge des patients Covid qui arrivent désormais sans discontinuer. Ça n’a pas empêché, toujours dans Adevarul, ces mêmes médecins de critiquer la décision, sur le mode "on ferme les hôpitaux  pour garder les cafés et les boutiques ouverts"… nous avons également connu cela il n’y a pas si longtemps.

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Voilà donc la Roumanie, jusque-là plutôt épargnée par la pandémie, désormais au cœur d’un pic épidémique très acéré qui révèle le piètre état de son système de santé publique. The New York Times revient par exemple sur cet incendie qui s’est déclaré vendredi dernier dans l’unité de soins intensifs Covid d’un hôpital de Constanta au bord de la Mer Noire et qui y a tué 7 patients.  C’est le troisième incendie mortel dans des hôpitaux roumains depuis le début de l’année, et même le président du pays Klaus Iohannis a reconnu que c’était "l’état défaillant du système de santé national qui était en cause".

Voilà donc pour la crise sanitaire qui se double d’une crise politique au sommet : au milieu de cette débâcle pandémique et pour ne rien arranger, le gouvernement libéral en poste depuis à peine neuf mois est tombé ce mardi, renversé comme nous l’explique la Frankfurter Allgemeine Zeitung, par une large majorité de députés de l’opposition unis pour voter une motion de défiance contre le Premier ministre Florin Cîțu. Pour le quotidien allemand, la clé du vote c’est le fait que les parlementaires d’opposition ne voulaient pas d’une réforme de la Justice roumaine qui les aurait contraints à plus de transparence sur leur patrimoine… 

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Mais ce qu’en retient surtout le Cotidianul de Bucarest, c’est le grand bazar politique qui découle de ce "tonitruant" vote de défiance ; l’incertitude est complète sur ce qui va ressortir de cette nouvelle instabilité gouvernementale. On voit mal comment l’opposition divisée pourrait trouver une majorité de gouvernement… et le président Iohannis semble déterminé à reproposer le poste de Premier ministre à Florin Cîțu, malgré la motion de défiance. Une manière de brandir la menace d’élections anticipées… qui font peur à l’opposition en ces temps de grande confusion dans l’opinion roumaine, sur la crise sanitaire et la question de la vaccination.

Car, rapporte l’agence Associated Press, samedi dernier le centre de Bucarest a vu au moins 5000 personnes défiler dans ses rues à l’appel de l’extrême-droite, pour protester contre les mesures de restrictions des déplacements et des activités qui ont été mises en place par le gouvernement pour tenter de limiter les effets du pic de contamination. Manifestation donc contre le port du masque, le couvre-feu, contre la vaccination et "pour la liberté avant tout"… cela aussi nous rappelle des choses. 

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À l’heure où les taux de contamination au Covid-19 redescendent enfin en Europe, la Roumanie nous rappelle donc que la lutte contre de nouvelles vagues d’épidémie est encore loin d’être derrière nous, surtout, il faut bien le dire, à l’Est de l’Union Européenne. 

Au Rwanda les résultats des examens de fin d’études scolaires sont tombés… et ils ne font pas que des heureux.

C’est bien le problème, justement, soulevé par The New Times à Kigali : après plus d’un an de fermeture des écoles, les élèves vont pouvoir retrouver leurs classes lors de la rentrée prévue ce 11 octobre… c’est la bonne nouvelle. Mais la mauvaise c’est que 60 000 de ces élèves vont devoir redoubler faute d’avoir obtenu un score suffisant aux examens de fin de primaire ou de secondaire. Cela représente 17,5% du nombre total d’écoliers, un nombre assez élevé mais pas catastrophique. Si cela choque de nombreux Rwandais c’est tout simplement parce que c’est une première : jusqu’à l’an dernier, tout le monde passait automatiquement dans la classe supérieure, sans exigence de niveau. Cette mesure, explique le quotidien kenyan The East African, a été prise en 2011 pour inciter les parents à mettre leurs enfants à l’école, ce qui n’était pas du tout la norme à l’école. 

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Désormais donc on peut redoubler dans les écoles du Rwanda ; la nouvelle a du mal à passer à tel point que de nombreux parents en colère menacent de ne pas renvoyer leurs enfants en classe lundi prochain. Le gouvernement tente de les en dissuader en leur assurant que les redoublants bénéficieront d’un accompagnement renforcé et personnalisé… Belle promesse, mais difficile à tenir, note encore The East African, car le système scolaire rwandais souffre d’une grave pénurie d’enseignants : pas moins de 13 000 postes vacants, conséquence de la grande réforme scolaire menée l’an dernier sur les conseils de la Banque Mondiale, pour relever le niveau des enseignements. Le redoublement fait partie de cette réforme ambitieuse, la création de 20 000 nouvelles classes aussi... mais le souci est que la Banque Mondiale a aussi exigé de Kigali le gel des embauches de fonctionnaires. 

Pour pallier la pénurie de profs, le Rwanda fait à présent les yeux doux aux enseignants du Zimbabwe, pays situé 1500 kilomètres plus au sud. Les deux gouvernements négocient en ce moment un accord commercial… qui pourrait bien prévoir des importations de professeurs, entre autres denrées rares échangées.

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