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Sebastian Pinera à santiago du Chili le 04/10/21

Au Chili, l'armée appelée à la rescousse d'un président Piñera aux abois

5 min
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Visé par une enquête après les Pandora Papers, le président chilien Sebastián Piñera décrète l'état d'urgence dans deux régions du sud où le peuple Mapuche réclame plus d'autonomie. Au Brésil, Jair Bolsonaro met son veto aux tampons et serviettes hygiéniques gratuites à l'école.

Sebastian Pinera à santiago du Chili le 04/10/21
Sebastian Pinera à santiago du Chili le 04/10/21 Crédits : Javier Torres - AFP

Le président du Chili Sebastián Piñera décrète l’état d’exception militaire dans deux régions du sud du pays.

C’est le titre principal de l’actualité au Chili : l’armée appelée à la rescousse pour tenter, comme le présente le chef de l’État, de "ramener l’ordre public" dans deux régions, l’Araucania et le Biobio,  deux territoires gangrenés (toujours selon Sebastián Piñera cité par le journal en ligne El Mostrador) par la violence du terrorisme, du narco-trafic et du crime organisé. 

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D’autres vous diront plutôt, comme l’édition sud-américaine d’El Pais, que ces régions sont avant tout celles du peuple autochtone Mapuche, engagé depuis des décennies dans la lutte pour retrouver la souveraineté sur ses terres ancestrales et le respect de sa culture propre. Pas plus tard que dimanche, avant les commémorations du jour où Christophe Colomb avait découvert l’Amérique et surtout ouvert la voie à la colonisation espagnole, des milliers de Mapuches étaient descendus dans les rues de Santiago, avec les mêmes revendications… et s’étaient confrontés à une très forte répression policière. 

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Dans les deux régions où l’état d’exception est déclaré, la violence et le terrorisme dont parle le président, sont ceux qu’il prête avant tout à la CAM ou "coordinadora Arauco-Malleco", qui défend l’idée d’un État autonome pour les Mapuches. Selon La Tercera, pas plus tard qu’hier, juste après que Sebastián Piñera a donné l’ordre à l’armée de se positionner sur les routes de la région, des hommes armés et masqués de la CAM ont attaqué des ouvriers et détruit leur matériel sur un chantier forestier, pour montrer leur défiance envers le pouvoir central et ses militaires. Mais la violence, d’après Rocio Montes d’El Pais, c’est aussi celle des trafiquants de bois précieux qui pullulent dans cette région, forcément instable. Des policiers ont été tués, des civils aussi, des églises, des usines, des maisons ont été incendiées ces dernières années…

Mais déployer l’armée, militariser la zone sud du Chili "c’est jeter encore plus d’huile sur le feu",  selon le site d’info argentin Infonews. Et le son de cloche n’est pas très différent dans les pages Opinion de la Radio Uchile, qui fait réagir le juriste Salvador Millaleo selon qui "agiter les peurs dans le Sud, c’est l’un des derniers recours politiques qu’il reste entre les mains du gouvernement de droite de Pinera".

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D’autant que l’horizon ne cesse de s’assombrir pour le président du Chili : la fin de règne s'annonce vraiment crépusculaire pour Sebastián Piñera qui n’est pas candidat à la présidentielle, chargée de désigner dans un peu plus d'un moins son successeur après deux mandats consécutifs. On se souvient que le dernier mandat l’a vu battre des records d’impopularité, avec notamment le mouvement populaire qui a duré des mois et l’a obligé à céder, à convoquer une Assemblée constituante pour en finir avec la constitution héritée du dictateur Pinochet. 

Mais si Piñera est aujourd’hui "dans les cordes", comme l’écrit El Mostrador, c’est parce que la semaine dernière son nom a été cité dans les révélations des Pandora Papers pour avoir vendu, sans le déclarer, une importante société minière chilienne à ses propres enfants. Les faits sont graves, ils ont fait beaucoup de bruit au Chili, une enquête a été ouverte par le Parquet national… et ce mercredi, nous apprend le site BioBioChile, l’opposition de gauche va déposer une plainte constitutionnelle contre le chef de l’État devant la chambre des députés. 

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Une manière de forcer la Justice à aller au bout de cette affaire, alors que Piñera va bientôt quitter le pouvoir ; une manière aussi de marquer le coup, pour achever d’affaiblir la droite présidentielle dans la fin de la campagne électorale. La date de ce mercredi pour déposer la plainte ne doit rien au hasard : selon le calendrier parlementaire c’est le dernier délai pour qu’elle soit examinée avant le premier tour de la présidentielle.

Au Brésil, Jair Bolsonaro ne veut pas trouver d’argent pour lutter contre la précarité menstruelle à l’école.

Il affirme dans le Correio Brazilense ne pas avoir de budget pour financer des tampons et serviettes hygiéniques gratuites pour les jeunes filles scolarisées au Brésil. Le président d’extrême-droite a apposé lundi son veto à cette mesure qui aurait permis à une jeune Brésilienne sur 4 de continuer à aller à l’école, même quand elle a ses règles… car pour les plus pauvres, faute de pouvoir acheter des tampons ou serviettes, la précarité menstruelle revient à rester chez soi plusieurs jours par mois soit six semaines par an et avoir une scolarité marquée par la misère et la honte. 

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"Pourtant, personne ne devrait avoir honte d’avoir ses règles, ni de ne pas avoir les moyens d’y faire face dignement", martèle Manuela Cantuaria dans son édito à la Folha de Sao Paolo. Selon la journaliste et scénariste, la seule chose qui est "sale" dans toute cette histoire, c’est l’attitude de Jair Bolsonaro, fermé à la souffrance de ces plus de 5 millions de jeunes filles. 

Mais pour Leonardo Sakamoto, à lire dans Brasil de Fato, au-delà même du machisme viscéral du président, son veto s’inscrit dans la longue série de toutes ces propositions de lois destinées à aider les plus pauvres et qu’il a systématiquement repoussées. 

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Et puis, Jair Bolsonaro a d’autres soucis, judiciaires, comme son camarade chilien Piñera : on apprend en lisant le quotidien Kurier, en Autriche, qu’une ONG autrichienne a déposée ce mardi devant la Cour Pénale Internationale une plainte pour crime contre l’humanité, contre le président brésilien et contre le mal écologique que ses décisions politiques causent à la forêt amazonienne : le poumon vert de la planète qui, sous sa présidence, est devenu émetteur et non plus capteur de CO2. 

On est là très précisément dans la mise en pratique du nouveau droit international de l’environnement, et cette notion d’écocide qui veut poursuivre les décideurs politiques pour les conséquences de leurs choix sur le réchauffement climatique. Jair Bolsonaro pourrait donc bien être l’un des premiers chefs d'État à s’y retrouver confronté. 

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Génétique, métissage et pathogènes, du Néandertal au Covid-19. Avec Lluis Quintana Murci
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