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Tedros Ghebreyesus, directeur génral de l'OMS, à Genève le 18/10/19

Viols et exploitation sexuelle au sein de l'OMS en RDC : la confiance à rebâtir

5 min
À retrouver dans l'émission

L'Organisation Mondiale de la Santé a révélé les résultats d'une enquête qui identifie des dizaines de femmes et mineures de République Démocratique victimes de viols et agressions sexuelles commises par des employés de l'organisation. L'Australie rétrocède quatre parcs nationaux aux aborigènes.

Tedros Ghebreyesus, directeur génral de l'OMS, à Genève le 18/10/19
Tedros Ghebreyesus, directeur génral de l'OMS, à Genève le 18/10/19 Crédits : Fabrice Coffrini - AFP

À la Une de l’actualité africaine, on trouve ce matin les excuses du patron de l’OMS.

"Je suis désolé, cela n’aurait pas dû arriver, c’est inexcusable" : voilà ce que déclarait mardi Tedros Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé, en ce "jour sombre", tel qu’il l’a qualifié, pour son institution. 

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Car ce mardi, nous dit le site congolais l’Actualité, l’OMS rendait publiques les conclusions d’une enquête indépendante, menée à la demande de l’Organisation, pour faire la lumière sur des accusations de violences sexuelles perpétrées par certains de ses employés dans l’Est de la République démocratique du Congo. Les faits auraient eu lieu entre 2018 et 2020, alors que l’OMS était engagée en RDC dans la riposte à l’épidémie d’Ebola.

Ces conclusions sont sans appel : la commission d’enquête a identifié 75 victimes (la plus jeune avait 13 ans) et au moins 21 employés de l’Organisation, en contrat local ou expatriés, auteurs présumés d’agressions sexuelles pouvant aller jusqu’au viol. Les victimes, précise l’Actualité, se voyaient promettre des emplois dans les centres de l’OMS en échange de relations sexuelles… exactement ce que raconte cette femme, qui a accepté de témoigner anonymement au micro de la Deutsche Welle en français : 

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Dans ce même reportage de la Deutsche Welle signé Wendi Bashi et John Kanyunyu, il est question de plus de 80 cas d’agressions sexuelles de ce genre, de viols sur des femmes et jeunes filles qui n’ont, loin de là, pas toutes obtenu le travail qui leur avait été promis. Par contre, 29 se sont retrouvées enceintes et 22 ont mené leur grossesse à terme.

Dans l’article que Simon Petite du Temps de Genève consacre à cette terrible affaire, on évoque un véritable "réseau", au sein de l’équipe de l’OMS, "un système d’exploitation sexuelle qui a prospéré sur les disparités entre les humanitaires et la population locale" très pauvre et donc particulièrement vulnérable. Dans ses conclusions, la commission d’enquête indépendante pointe des "négligences individuelles" mais aussi des "défaillances structurelles" dans la gestion par l’Organisation de ces risques d’exploitation et d’agressions sexuelles. 

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L’OMS a réagi à ces accusations par des excuses publiques, on l'a dit, adressées aux victimes par Tedros Ghebreyesus qui a promis ce mardi de l’aide psychologique et matérielle à ces femmes, en particulier celle qui ont eu des enfants. 

Mais surtout le directeur général de l’OMS affirme que 4 de ses employés incriminés ont été licenciés… les autres, nous assure-t-on, avaient été embauchés pour des contrats à durée limitée qui ont pris fin, ils seront placés sur liste noire pour ne plus jamais risquer de travailler pour l’Organisation ou toute autre structure d’aide humanitaire. Car le Washington Post insiste sur le fait que ce réseau d’exploitation sexuelle, dans l’Est de la RDC, n’a pas impliqué seulement des employés de l’OMS… mais également certains membres d’équipes du ministère congolais de la santé, mais aussi d’ONG comme World Vision, Alima, Oxfam et Médecins Sans Frontières… ainsi que l’UNICEF. Certaines ont lancé leurs propres enquêtes internes… d’autres font ce qui a trop longtemps été la norme : elles tentent d’enterrer l’affaire. 

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L’OMS au moins a réagi rapidement et de manière plutôt transparente, note encore le Washington Post … qui rappelle les précédents scandales dans d’autres organisations onusiennes : ces casques bleus en Haïti qui ont abandonné sur place des centaines d’enfants qu’ils avaient eus pendant leur mission avec des femmes haïtiennes, ou ces autres en Centrafrique qui avaient été reconnus coupables, déjà, de prédation sexuelle et de viols sur mineures commis en échange de nourriture ou de petits abus de pouvoirs.

"Nous avons conscience qu’il va falloir reconstruire la confiance avec les peuples auxquels nous venons en aide", résume Tedros Ghebreyesus, qui promet des réformes de fond au sein de l’OMS pour mieux prévenir les risques d’exploitation sexuelle. 

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