LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Militants chiites armés dans le quartier chrétie de Beyrouth, le 14/10/21

Le Liban au lendemain de "scènes de guerre" dans les rues de Beyrouth

5 min
À retrouver dans l'émission

L'embrasement de violence armée dans le centre de Beyrouth ce jeudi ravive les blessures de la guerre civile, et pose la question de ce que cherche le Hezbollah dans la crise actuelle.

Militants chiites armés dans le quartier chrétie de Beyrouth, le 14/10/21
Militants chiites armés dans le quartier chrétie de Beyrouth, le 14/10/21 Crédits : Ibrahim Amro - AFP

Jour de deuil et de funérailles pour les six personnes tuées par balles dans ce "jeudi rouge sang", tel que le qualifie Elie Fayad dans son éditorial pour L’Orient-Le Jour. Car le Liban a perdu bien plus que six vies dans cette explosion de violence armée qui s’est saisie du centre de Beyrouth.

Le Liban marque une journée de deuil national

Mis à genoux par la crise économique et politique, le Liban s’est souvenu hier qu’à défaut d’Etat capable d’assurer l’ordre public, il reste dominé, trente ans après la fin de la guerre civile, par "un ordre milicien" dans lequel chaque confession, chaque groupe d’intérêt, dispose de forces armées capables de faire feu dès qu’il se sent menacé. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Dès lors, professe Elie Fayad, à quoi bon chercher à savoir qui a tiré le premier hier à Beyrouth, quand les manifestants chiites qui se dirigeaient vers le Palais de Justice sont passés à proximité du quartier chrétien de Tayyouneh ? Cette question taraude tout de même le reste de la presse libanaise et internationale. Sur le déroulé des événements, une fois n’est pas coutume, le Washington Post tombe d’accord avec le média iranien PressTV : le premier coup de feu semble être parti du toit d’un immeuble du quartier chrétien… PressTV parle de tireurs embusqués, forcément aux ordres des Forces libanaises, cette milice pro-chrétienne d’extrême-droite, qui auraient donc ouvert sur le cortège chiite forcément "pacifique". Mais le site d’info libanais The961.com relativise ce caractère pacifique de la marche : il accuse les militants du Hezbollah et du parti Amal d’avoir déclenché les violences en s’en prenant à des habitants de Tayyouneh, parmi lesquels un homme a été roué de coup au sol par la foule. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le tir venu des toits serait arrivé en représailles pour faire cesser ces débordements, mais c’est l’inverse, forcément, qui s’est produit : des hommes, chiites, lourdement armés, sont apparus très vite après les premiers coups de feu, ils s’en sont pris à leur tour au quartier chrétien, des lance-roquettes ont même été utilisés, l’armée libanaise a fini par se déployer pour ramener le calme.

Au lendemain de ce jeudi noir, c’est le Hezbollah chiite qui se retrouve sous le feu des projecteurs car il est le principal organisateur de la manifestation d’hier. Resté une force armée ces trente dernières années sous couvert de lutte contre Israël, le Hezbollah, avec son allié le parti chiite Amal, semble au cœur de l’enquête sur l’explosion d’août 2020 survenue dans le port de Beyrouth. Et c’est justement cette enquête qui a remis le feu à la poudrière libanaise hier : explications dans L’Orient-Le Jour avec Jeanine Jalkh qui s’interroge sur ce que le Hezbollah a gagné, avec cette journée du 14 octobre. Pour la journaliste, les chiites voulaient orchestrer un coup de force dans la rue, eux qui n’avaient pas réussi par la voie officielle, judiciaire, à faire dérailler l’enquête qui vise quatre de leurs ministres. Le procureur Tarek Bitar a été conforté aux commandes de l’instruction, le Hezbollah a encore perdu une bataille, alors il a sorti l’artillerie lourde, envoyé ses militants chauffés à blanc vers le quartier chrétien, fief de leur vieil ennemi les Forces libanaises, et symbole encore très à vif de la guerre civile. Aux portes de Tayounneh, il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour obtenir ce qu’ils étaient venus chercher, cet autre marqueur de la guerre, la figure du sniper perché sur le toit. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Au final, conclut l’article de L’Orient-Le Jour, si les Chiites ont gagné une chose, c’est d’avoir suscité un nouveau moment fort dans le débat national : à présent les controverses et enquêtes sur les événements de ce 14 octobre vont faire oublier celles sur l’explosion du port. 

Au final, lit-on dans les colonnes du quotidien Al-Joumhouria, c’est la justice, instrumentalisée par chaque camp, qui se retrouve au cœur  des divisions nationales : comme sur la carte de Beyrouth, entre quartiers chrétiens et musulmans, la ligne verte réactivée hier passe par le Palais de Justice.

Chroniques
7H40
19 min
L'Invité(e) des Matins
La conscience noire, de la radicalité au mainstream. Avec Ta-Nehisi Coates
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......