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L'ex-président catalan Carles Puigdemont à Bruxelles en octobre 2019

L'Italie prend l'Espagne de court en arrêtant le Catalan Carles Puigdemont

5 min
À retrouver dans l'émission

L'arrestation en Italie de l'ancien président indépendantiste de Catalogne Carles Puigdemont embarrasse le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, engagé dans un dialogue de réconciliation avec les catalans. En Allemagne, une campagne en profil bas pour l'extrême-droite.

L'ex-président catalan Carles Puigdemont à Bruxelles en octobre 2019
L'ex-président catalan Carles Puigdemont à Bruxelles en octobre 2019 Crédits : Kenzo Tribouillard - AFP

Il est le plus connu et le plus politique des fugitifs d’Europe : le catalan Carles Puigdemont a été arrêté jeudi par des gardes-frontières italiens alors qu’il venait d’atterrir sur l’île de Sardaigne.

L’ancien président de la région autonome de Catalogne est poursuivi par la Cour suprême d’Espagne depuis octobre 2017 et ce référendum d’auto-détermination illégal qu’il avait organisé avec son camp indépendantiste, allant même jusqu’à proclamer unilatéralement l’indépendance de la Catalogne. 

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Carles Puigdemont, réfugié depuis en Belgique, vient de passer la nuit derrière des barreaux italiens, déplore la Vanguardia de Barcelone ; il va être présenté dans la matinée à un tribunal de Sardaigne qui devra dire s’il doit être libéré (comme ça avait déjà été le cas après une précédente arrestation en Allemagne en 2018) ou si l’Italie prend la responsabilité de l’extrader vers l’Espagne où il doit être jugé pour sédition. 

Le moins que l’on puisse dire, avec El Pais, c’est que cette arrestation sarde a pris tout le monde "à contrepied", à commencer par le principal intéressé lui-même. Depuis l’été dernier, Carles Puigdemont a commencé à s’accorder à nouveau la liberté de voyager à l’intérieur de l’Union européenne : on l’a d’ailleurs vu en France, tout près de la frontière catalane, pas plus tard que la semaine dernière. Reprenant son balluchon de VRP de la cause indépendantiste, il avait pris au mot ce que l’Espagne avait assuré fin juillet devant la Cour générale de justice de l’Union européenne, à savoir qu’il n’y avait plus aucun risque qu’un pays membre de l’UE n’applique le mandat d’arrêt contre l’ancien président catalan. Madrid avait donné cette assurance pour atténuer la portée de la levée de l’immunité parlementaire de l’eurodéputé Puigdemont, qui avait donc été confirmée par la Cour européenne.

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Alors, est-ce que l’Italie ignorait ces promesses espagnoles, est-ce qu’elle a voulu faire du zèle ou bien est-ce qu’il existe un accord secret entre Madrid et Rome pour faire extrader tout de même Carles Puigdemont ? Le quotidien madrilène El Mundo en doute, tant cette arrestation n’arrive pas vraiment à point nommé pour le gouvernement espagnol, engagé depuis la semaine dernière dans une démarche de dialogue renoué avec les indépendantistes catalans. 

Avec l’arrestation de jeudi, "c’est une mine qui tombe sur cet agenda de réconciliation" voulu par le Président du conseil socialiste Pedro Sanchez, et ça "réactive le conflit catalan", qu’il s’agissait d’apaiser. "La repression n’aura donc jamais de cesse", s’attristent, dans les colonnes de la Vanguardia, les principaux élus indépendantistes de Catalogne… avant de réitérer que "l’amnistie totale de leurs chefs emprisonnés, et l’indépendance de leur région restent les seules solutions" à cette crise catalane. 

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Carles Puigdemont, croit savoir le quotidien conservateur ABC,  aborde ce nouveau passage par la case prison "avec confiance, il semble sûr que l’Italie n’ira pas jusqu’à l’extrader". Pourtant, il est grand temps que la justice espagnole le juge enfin, conclut l’édito du journal de droite, pour avoir causé à l’Espagne une crise sans précédent, et dont elle ne s’est toujours pas remise, 4 années plus tard.

Un message d’espoir, à présent : une autre campagne électorale est possible.

Imaginez : une campagne où l’extrême-droite ne dicterait les termes du débat, où l’on pourrait aller plus loin que des discours délirants sur l’immigration ou l’islam ? C’est possible, oui, l’Allemagne vient de nous en donner la preuve avant ces élections générales de dimanche si décisives pourtant pour l’avenir post-Merkel du pays.

Il faut se rappeler, avec Politico Europe, qu’il y a quatre ans l’AFD, parti d’extrême-droite anti-migrant xénophobe et islamophobe, avait ébranlé le paysage politique allemand en faisant non seulement son entrée au Bundestag mais en s’y imposant comme la première force d’opposition. Et ça pourrait se confirmer dimanche : l’AFD pourrait même être le grand gagnant des élections dans certaines circonscriptions de l’Est.

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Et pourtant, donc, le parti n’a pas monopolisé la campagne, il y a même été plutôt discret, mutique, comme lors du dernier débat télévisé d’hier soir où le mot d’immigration n’a été prononcé qu’une seule fois, par le représentant de l’AFD bien sûr. Si en coulisses, analyse Politico, le parti continue à se radicaliser au niveau de la base militante, en façade, au niveau fédéral, il s’est plutôt banalisé, normalisé ces 4 dernières années… 

A lire Die Zeit, la campagne qui s’achève a été pour l'AFD une succession de déconvenues : les sondages indiquent que "son électorat AFD se réduit sur son noyau dur mais ne s’étend plus, il n’a pas réussi à imposer des idées claires des le débat, il déçoit ses propres partisans et en vient même à douter de la qualité de ses candidats." 

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Difficile donc, résume la chaîne NTV, de vouloir se normaliser et de continuer à exister au-delà de ses bastions d’ex-Allemagne de l’Est. Les médias allemands l’ont compris, qui n’ont pas donné à la formation d’extrême-droite plus que sa place réelle, la marge populiste et extrémiste, dans le paysage politique et médiatique. Sans doute faut-il y voir l’un des signes de la relative santé de la démocratie allemande, et qui sait, un bon point dans le bilan de la chancelière Merkel ?

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