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/Joe Biden lors de son discours après la mort de 13 soldats US à Kaboul, le 26/08/21

Le cauchemar afghan de Joe Biden s'assombrit encore

6 min
À retrouver dans l'émission

Visiblement très ému par les attentats de l'aéroport de Kaboul qui ont tué 13 soldats US, Joe Biden apparaît surtout très fragilisé par l'irruption du terrorisme dans la crise afghane. Au Vatican, l'administration pontificale fait lentement de la place aux femmes.

/Joe Biden lors de son discours après la mort de 13 soldats US à Kaboul, le 26/08/21
/Joe Biden lors de son discours après la mort de 13 soldats US à Kaboul, le 26/08/21 Crédits : Jim Watson - AFP

Avec le double attentat de l’aéroport de Kaboul qui a fait des dizaines de morts dont 13 soldats américains, le chaos afghan s’assombrit encore, et avec lui le mois d’août cauchemardesque de Joe Biden.

L’expression de "terrible august", le mois d’août terrible, on la doit à Damon Linker, qui analyse pour le magazineThe Week ce que ces attaques terroristes présagent, pour le président américain… et en l’occurrence, vous l’aurez compris, elles n’augurent rien de bon.

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Au-delà de la difficile mais nécessaire (et populaire dans l'opinion publique américaine) décision de retirer les troupes américaines d’Afghanistan, au-delà des images de talibans fêtant leur victoire dans les rues de Kaboul et de foules se massant autour de l’aéroport pour tenter de fuir leur retour au pouvoir, au-delà des signes criants de mauvaise gestion de ce retrait militaire, au-delà des sondages de popularité qui s’effondrent depuis deux semaines pour Joe Biden, Damon Linker l’affirme : ce qui s’est passé ce jeudi met bien plus encore en difficultés le président des Etats-Unis face à ses concitoyens et au reste de la classe politique. 

Car l’Amérique a subi ses pires pertes en nombres de soldats depuis plus d’une décennie, elle apparaît comme "faible, déboussolée, sur la défensive". Le président lui-même semble blessé, son émotion, ses larmes mêmes pendant son allocution appuient cette impression : ses rivaux politiques s’engouffrent déjà dans cette faille pour exiger sa démission immédiate, mais plus grave encore selon le journaliste de The Week, même dans les rangs démocrates les doutes, les critiques jusque-là retenues vont se faire entendre… et la Maison Blanche va avoir bien du mal à y répondre.

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Pour Natacha Korecki et Tina Sfondeles du site Politico, pas de doute : ce jeudi restera comme "la journée la plus sombre, la plus dévastatrice" de la jeune présidence Biden. Lui qui pensait tirer profit du fait qu’il mettait fin à la guerre la plus longue dans laquelle les Américains étaient engagés, il se retrouve en fait aux prises avec une situation extraordinairement complexe et explosive qui "pose peut-être plus de questions qu’elle n’espérait en résoudre" à commencer, donc, par le retour en force de l’hydre djihadiste Daech. 

Perdre des soldats américains en service, dans ces conditions précises, "c’était exactement le scénario que Joe Biden redoutait". Le président, insistePolitico, a vécu l’annonce de ces décès militaires d’une manière très émotionnelle, personnelle, lui qui (comme il l’a rappelé dans son discours) a perdu son fils Beau, soldat, d’une tumeur au cerveau qui lui avait été diagnostiquée au retour d'Irak.

Comme le souligne cette fois Tom Nichols pourThe Atlantic, jusque-là pour défendre le président face à ceux qui critiquaient le chaos sécuritaire à Kaboul, les démocrates insistaient sur le fait qu’aucun soldat américain n’avait été tué dans les opérations d’évacuation. C’était clairement imprudent comme argument, connaissant la menace terroriste, c’était presque "tenter le diable" écrit Nichols… et même cette défense-là ne tient plus désormais.

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Du coup, l’administration Biden affronte depuis 24 heures un flot brûlant de critiques venues du camp républicain qui va même jusqu’à exiger sa démission. Moins prévisible et donc plus inquiétant, d’après The Washington Post, la Maison Blanche fait face à des questions, désormais posées avec insistance, venues du camp démocrate. Par exemple sur la stratégie de confier aux talibans eux-mêmes la sécurisation de l’extérieur de l’aéroport de Kaboul, là où les deux terroristes se sont fait exploser jeudi. 

"C’était un choix stupide", s’emporte Greg Gutlfeld, le très conservateur présentateur de FoxNews, laquelle chaîne met en bannière de son site une photo de Joe Biden barrée de ce mot très fort: "bloodstained", pour dire que le président a sur les mains le sang des soldats américains tués par le double attentat.

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Joe Biden, estime Michael Goodwin du New York Post, ne peut pas cacher sa responsabilité dans ce chaos et ces morts, derrière les larmes qu’il a versées face aux caméras. Et c’est Philip Klein du tout aussi pro-républicainNational Review qui enfonce le clou : "Biden, écrit-il, ne peut plus non plus rejetter la faute sur Donald Trump, comme il aimait à le faire jusque-là". Certes c’est Trump qui a le premier passé un accord de retrait avec les talibans, mais c’est bien l’actuel président qui est responsable des erreurs flagrantes dans l’organisation de ce retrait d’Afghanistan, qui coûtent tant de vies aujourd’hui.

Terminons la semaine avec une nouvelle plus positive, qui nous vient des couloirs du Vatican.

Le Saint Siège où un plafond de verre vient de se fissurer, écrit La Stampa : une femme vient d’accéder, pour la première fois de l’histoire vaticane, à des fonctions de direction au sein d’un dicastère, autant dire d’un ministère de la Curie romaine. Il s’agit de la sœur Allessandra Smerilli, religieuse de 47 ans et titulaire d’un double doctorat en économie obtenu à Rome et à Londres : elle a donc été nommée ce jeudi par le Pape François au poste de "secrétaire du dicastère du développement humain intégral" (avouez que ça en jette comme intitulé) ; un poste de n°2 de ce ministère qui embrasse, comme son nom l’indique, des thèmes très larges comme les droits humains, le développement international, l’écologie, les migrations, etc. 

Alessandra Smerilli y aura aussi la main sur la gestion du dossier Covid-19, remarquel’Avvenire, qui rappelle que jamais une femme n’avait occupé des fonctions aussi importantes dans l’organigramme vatican.

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Et pas n’importe quelle femme : sœur Smerilli avait été sacrée en décembre dernier "Femme de l’année 2020" par La Repubblica, quotidien de centre-gauche qui louait sa "vision éclairée de l’économie". A cette occasion, la religieuse avait reconnu que "cette discipline, l’économie, avait jusque-là été écrite uniquement au masculin", et qu’il était "grand temps qu’elle adopte aussi des regards féminins, en espérant que ça la rende plus juste et efficace en matière de développement humain". 

Le pape François s’était engagé à mener une féminisation des carrières au sein des palais pontificaux. La nomination de ce jeudi est un coup d’accélérateur qui devrait en amener d’autre, d’après les prédictions de La Stampa… on peut compter sur sœur Allessandra Smerilli pour y veiller.   

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