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Le travailliste Jonas Gahr Store, futur Premier ministre de Norvège , le 02/09/21

En Norvège, les Verts ratent le rendez-vous des législatives

5 min
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La victoire du parti travailliste signe le retour du centre-gauche au pouvoir en Norvège ; sur les questions pétrolières et climatiques, c'est une position modérée qui l'emporte. En Suisse, taxer ls ultra-riches à 150% pour mieux lutter contre les inégalités ?

Le travailliste Jonas Gahr Store, futur Premier ministre de Norvège , le 02/09/21
Le travailliste Jonas Gahr Store, futur Premier ministre de Norvège , le 02/09/21 Crédits : Gorm Kallestad - AFP

En Norvège, le Parti travailliste va prendre la tête du gouvernement ; reste à savoir combien de rouge et de vert il mettra dans son rose.

Ça va être l’objet de toutes les négociations des prochains jours, cette palette des couleurs politiques pour le nouveau gouvernement norvégien. Car si, comme le confirme le quotidien Dagbladet, le parti social-démocrate dans l’opposition depuis huit ans sort bien vainqueur de ces législatives avec 26% des voix, il lui revient toutefois la tâche de monter une coalition pour s’assurer la majorité au nouveau Parlement. 

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Et a priori, son leader Jonas Gahr Støre peut avoir le sourire : à lire l’AftenPosten, on comprend qu’il peut espérer rassembler autour de lui le "gouvernement de ses rêves", la formule qu’il appelle de ses vœux depuis des mois : une majorité composée donc des travaillistes, mais aussi des centristes du Parti agraire, et la Gauche Socialiste, qui comme son nom l’indique se situe plus à gauche que les sociaux-démocrates. 

Une coalition à trois donc, qui exclurait le parti vert, en relative déconvenue à trois sièges de députés seulement conquis, et le parti rouge, communiste, qui remporte huit sièges. Tous deux espèrent encore peser dans les négociations pour pousser les travaillistes à former une coalition à cinq, élargie vers la gauche et plus radicale en particulier dans ses ambitions écologistes, mais leurs résultats respectifs ne leur donne pas forcément le rôle de faiseurs de majorité qu’ils convoitaient après centrées sur des questions écologistes, sur l’avenir de l’exploitation pétrolière norvégienne en particulier. 

D’après le tabloïd Verdens Gang, c’est quand même sur un programme de lutte contre les inégalités sociales et d’amélioration des services publics, avant tout, et contre les "partis conservateurs bourgeois" au pouvoir, que les sociaux-démocrates se sont fait élire (même si leur leader est un millionnaire de 61 ans, héritier d’une riche famille norvégienne) ; mais c’est vrai que la question pétrolière a été au cœur de cette élection. 

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"Nous allons changer la Norvège et le monde" déclarait lundi soir Jonas Gahr Støre… et potentiellement, il va en avoir le pouvoir : la Norvège est le plus gros producteur de pétrole et de gaz d’Europe de l’ouest, assise sur une très confortable manne de 1200 milliards d’euros dans son fonds souverain, l’argent donc du pétrole. Avec l’urgence climatique, poursuit Politico Europe, tous les partis norvégiens ont dû se positionner, dire ce qu’ils feraient et à quelle échéance pour réduire ou même annuler cette gênante dépendance du pays aux énergies fossiles polluantes : le parti travailliste est favorable à la sortie progressive du tout-pétrole d’ici 2050 ;  il devrait arriver à rallier la Gauche socialiste avec la proposition d’un arrêt des explorations de nouveaux gisements dans certaines régions comme les eaux de l’Arctique. C’est trop peu, disent les Verts qui eux ont fait campagne sur la fin pure et simple de l’exploitation des hydrocarbures à horizon 2035.

Mais vu le score, on l’a dit décevant, de ces écologistes norvégiens, c’est apparemment la voie de la modération qui l’a emporté. "Ce n’est pas une bonne politique climatique de fixer des ultimatums aux industriels du pétrole", déclarait au moment de voter le futur Premier ministre Støre, cité par la Deutsche Welle

De la radicalité en politique, cette fois en Suisse avec une proposition des Jeunes Socialistes qui a le mérite de susciter un très vif débat.

La presse helvète l’évoque sous le nom de "l’initiative nonante-neuf pour cent", ce projet de législation fédérale qui sera soumis à référendum à la fin du mois et qui veut mieux lutter contre les inégalités sociales sur ce constat apparemment simple édicté par Le Temps de Genève : en Suisse comme ailleurs, ce sont les 99% de la population, les travailleurs, qui créent la richesse… et pourtant le capital, lui, est détenu par le 1% le pus riche. 

Or avec la crise sanitaire et économique, les 99% ont vu leurs revenus baisser, mais pas le 1% qui lui a réussi à faire copieusement fructifier son patrimoine ces 18 derniers mois, grâce aux revenus du capital compris comme ces "revenus donc obtenus par le simple fait de posséder de l’argent, de le placer et d’en tirer des rendements". 

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Le constat n’est pas nouveau, la réponse des jeunes socialistes suisse non plus : ils proposent d’augmenter les impôts des plus fortunés, du 1% donc, avec un taux d’imposition qui passerait à 150% au-delà d’un certain seuil de revenus, partant du principe que ces revenus locatifs, dividendes ou intérêts sont pour le moment plutôt sous-taxés par le fisc suisse.

"Avec l’initiative nonante-neuf pour cent, nous mettons fin à cette injustice et rendons l’argent à ceux qui font tourner notre société", explique le porteur du projet Thomas Bruchez ; mais on retrouve face à son point de vue et toujours dans Le Temps, l’avis très critique du syndicat patronal EconomieSuisse, qui y voit une nouvelle injustice sociale à l’envers, derrière ce taux d’imposition à 150% qui reviendrait à taxer des revenus qui n’ont pas été réalisés et à fragiliser l’innovation dans les PME helvétiques. Et le Medef local de prévenir : attention si l’initiative nonante-neuf était adoptée, les plus riches des citoyens helvétiques risqueraient de quitter le pays. Vu de France ça rappelle un peu 1981 et ça peut prêter à sourire, on se demande où vont les grandes fortunes si elles doivent même fuir la Suisse ?

Mais vous l’avez compris, le débat pose des questions de fond et prend pas mal de place dans la presse suisse depuis la fin août. Le vote par référendum aura lieu le 26 septembre.

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