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Image du dernier soldat américain à quitter l'aéroport de Kaboul, le 30/08/21

Les soldats américains bouclent leur retrait inachevé d'Afghanistan

6 min
À retrouver dans l'émission

L'armée américaine a mis en scène lundi soir le départ du dernier soldat US de l'aéroport de Kaboul, épilogue d'une guerre d'Afghanistan qui aura duré 20 ans. En Chine, des lanceurs d'alertes #metoo licenciés chez AliBaba. Les touristes britanniques, mauvais coucheurs dans leur propre pays.

Image du dernier soldat américain à quitter l'aéroport de Kaboul, le 30/08/21
Image du dernier soldat américain à quitter l'aéroport de Kaboul, le 30/08/21 Crédits : Jack Holt/CentCom - AFP

Les derniers soldats et diplomates américains ont quitté l'Afghanistan la nuit dernière... et l'on s'interroge sur l'image que les Etats-Unis vont garder de cette fin précipitée pour la plus longue guerre de leur histoire.  

Vingt ans depuis l'invasion de l'Afghanistan au lendemain des attaques terroristes du 11 Septembre 2001 à New-York... et un retrait, c'est vrai, qui a connu ces quinze derniers jours une accélération dramatique avec le retour au pouvoir des talibans et l'évacuation des ressortissants et des anciens alliés des Américains. 

Pas facile donc, si l'on se place du côté des décideurs à Washington, de savoir comment mettre une image, si possible positive et valorisante sur cette séquence historique... pour le moins tourmentée. Eh bien le Pentagone a trouvé la parade, en diffusant ce lundi soir l'image, prise avec une caméra à visée nocturne, du dernier soldat américain à quitter le sol afghan, celui dont de nombreux médias outre-atlantique dressent le portrait ce matin et dont l'histoire retiendra peut-être la silhouette sinon le nom. 

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Le major-général Christopher Donahue, détaille USA Today, a bien été "le dernier soldat américain à quitter l'Afghanistan après 20 ans d'occupation de ce pays". Il appartient à la 82e division aéroportée déployée à Kaboul ce mois-ci pour y organiser le pont aérien. Au moment où la photo officielle l'a saisi, décrit la chaîne NBC, le soldat portait son arme dans la main droite ; derrière lui, dans la lumière verte un peu iréelle, on voit les hangars de l'aéroport Hamid Karzaï. Plus de foule amassée, plus de bousculades pour monter dans l'avion : c'est la seconde de calme, on l'imagine, avant que Chris Donahue ne grimpe à son tour dans le dernier avion et ne mette fin ainsi à une opération humanitaire particulièrement sensible et surtout à vingt années de guerre. 

Alors, "mission accomplie", comme semble le dire ce cliché ? 

Eh bien... vraiment pas, d'après l'éditorial du Washington Post, selon qui on peut parler d'un "désastre moral" si l'on prend en considération non plus les 122 000 personnes vulnérables qui ont pu être évacuées d'Afghanistan depuis fin juillet, mais plutôt les milliers d'autres qui n'ont pas pu l'être à cause de cette date limite fixée au 31 août. Ceux-là, l'Amérique les abandonne derrière elle, à leur triste sort, victimes toujours selon les éditorialistes du Washington Post, des "erreurs stratégiques et tactiques commises par l'administration Biden".  

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Plus frappant encore, l'agence Associated Press estime qu'il reste environ 200 citoyens américains qui  n'ont pas pu être évacués eux non plus. Le général Franck McKenzie qui a commandé les opérations d'évacuation a expliqué que jusqu'au dernier moment, ses troupes ont gardé ouvertes les portes des avions pour embarquer les derniers retardataires... mais "aucun n'a réussi à arriver jusqu'à l'aéroport".  

Qui sont ces Américains laissés derrière, qui sont surtout ceux, estimés à une centaine, qui n'ont apparemment pas souhaité quitter le pays aux mains des talibans ? Personne n'a vraiment la réponse à cette question... mais ça n'empêche pas Fox News d'en tirer une critique cinglante à l'encontre du président Joe Biden : "il avait promis de rester en Afghanistan tant que le dernier citoyen américain n'en aurait pas été évacué. Encore une promesse non tenue", conclut la chaîne conservatrice.

En Chine, le géant de la vente en ligne AliBaba a décidément du mal à gérer son #metoo.

Cela fait trois semaines que la deuxième plus grosse entreprise chinoise est secouée par des accusations d'agression sexuelles et de viol, portées par une employée contre un de ses supérieurs... accusations dont le quotidien The Straits Times à Singapour nous rappelle qu'elles ont fait l'effet d'une bombe dans le milieu entrepreneurial chinois où ces histoires sont d'ordinaires écrasées sous la pression de la réussite et du profil bas qui pèse sur chaque salarié.

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Cette fois la jeune femme a donc écrit un témoignage incriminant son manager sur un forum interne à Alibaba ; il a été partagé par une dizaine de collègues, ce qui a rendu l'affaire publique et a forcé l'entreprise, après quelques atermoiements, à limoger le manager en question. Mais aujourd'hui, grâce à Bloomberg, on apprend que la direction d'Alibaba a tout de même jugé bon de licencier, également, les 10 salariés qui avaient pris le parti de leur collègue agressée sexuellement, et avaient relayé son témoignage. Ils ont été reconnus coupables d'avoir "divulgé des propos tenus sur un réseau privé de l'entreprise"... et voilà qui en dit long sur la manière dont on traite les lanceurs d'alerte et ces questions liées au sexisme dans le monde du travail en Chine.  

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Pour le South China Morning Post (article daté du début de l'affaire le 11 août) ces révélations chez AliBaba "mettent aussi en lumière le problème grandissant de l'alcoolisme en entreprise en Chine" : la jeune plaignante affirme avoir été violée alors qu'elle était en état avancé d'ébriété, après une soirée entre collègues où on l'avait forcée à boire ; une pratique, paraît-il, qui est de plus en plus courante dans les grandes sociétés du numérique chinois.  

Alors que les vacances d'été s'achèvent pour tout le monde, les professionnels du tourisme britanniques dressent un bilan... en demi-teinte. 

C'est à lire dans The Guardian : d'un côté les hôteliers et restaurateurs n'ont jamais vu autant de clients ni affiché de tels chiffres d'affaires grâce à tous ces touristes de l'intérieur qui n"ont pas pu partir à l'étranger, COVID oblige, et qui ont donc pris leurs congés dans les campagnes anglaises, écossaises, galloises ou nord-irlandaises... mais d'un autre côté il y a une zone d'ombre à cet excellent bilan comptable : il y a...  les touristes britanniques eux-mêmes, qui ont apparemment franchement tapé sur le système de ces professionnels du tourisme. 

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Des clients "impatients, irascibles, qui accablent leurs hôtes d'exigences de service délirantes et se répandent ensuite en commentaires dévastateurs sur les sites d'évaluation comme Tripadvisor". En fait, explique Josh Halliday duGuardian, tous ces mauvais coucheurs sont des Britanniques habitués aux "resorts", à ces complexes touristiques tout-inclus où ils se ruent d'ordinaire par dizaines de milliers chaque été, en Espagne ou au Portugal, où ils sont pris en charge intégralement, où on leur passe leurs moindres caprices et où ils peuvent copieusement malmener le personnel du haut de leur pouvoir d'achat de touriste étranger. 

Dans les "bed and breakfast" ou les pubs des Cornouailles anglaises ou du district des Lacs, au-dessus du Pays-de-Galles, ce genre de comportement passe beaucoup moins bien. D'autant que les hôtels et restaurants ont manqué de personnel au service cet été, à cause des très nombreux salariés qui se retrouvaient cas contact et donc dans l'incapacité de travailler du jour au lendemain. 

Voilà donc un été compliqué qui se termine, pour des professionnels du tourisme britanniques qui en arriveraient presque, c'est dire, à prier pour qu'on leur rendre leurs anciens clients français !

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