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Mémorial du 11 septemnre 2001, New York, le 31/08/21

Revue de presse internationale à New York, vingt ans après le 11 Septembre 2001

3 min
À retrouver dans l'émission

Les commémorations du vingtième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 offrent à la presse américaine l'occasion d'un retour critique sur la réponse qu'y ont apporté les États-Unis, et ses conséquences aussi bien sur le monde que sur la société américaine.

Mémorial du 11 septemnre 2001, New York, le 31/08/21
Mémorial du 11 septemnre 2001, New York, le 31/08/21 Crédits : Spencer Platt - AFP

Vingt ans ont passé depuis le 11 septembre 2001, et pourtant il y a un nom qui est toujours là, dans les pages du New York Times.

Le 12 septembre 2001, en Une du grand quotidien new-yorkais, c’est un article de Serge Schmemann qui tentait de trouver les mots pour décrire l’apocalypse du World Trade Center ; et c’est cette même signature que l’on retrouve aujourd’hui dans les pages éditoriales : Schmemann est depuis devenu l’un des journalistes les plus capés, l’une des consciences de la rédaction, et se replonge dans ce qu’il écrivait alors. Il reconnaît le caractère aujourd'hui maladroit des lieux communs employés à l'époque et laissés à la postérité, les grands mots étalés "d’héroïsme, de liberté attaquée et à défendre, d’unité nationale dans l’épreuve". 

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L’anniversaire des 20 ans du 11 septembre, écrit encore Serge Schmemann, n‘échappera pas aux envolées nostalgiques, sur ce moment bref et déjà lointain (le dernier, dit-il) où l’Amérique s’est trouvée unie dans l’adversité, elle qui est aujourd’hui "déchirée par les clivages raciaux, politiques, identitaires voire même sanitaires". Depuis, il y a eu les échecs cuisants de la riposte américaine, en Afghanistan bien sûr, en Irak les mensonges d’Etat, la torture légitimée, le droit international emmuré dans les geôles de Guantanamo… 

Il y a aussi les libertés publiques, qui ont été limitées au nom de la lutte contre le terrorisme mais jamais vraiment rendues aux citoyens. 

Le même New York Times, effroyable enquête signée Ali Watkins, nous montre comment la police new-yorkaise, suite aux attentats, a développé des méthodes et un arsenal de pointe pour traquer et déjouer d’éventuelles menaces terroristes. Des caméras omniprésentes dans l’espace public, des drones, de la reconnaissance faciale… tout cela justifié à l’époque par l’urgence d’éviter d’autres attaques, mais progressivement c’est toute la population new-yorkaise sans distinction qui s’est retrouvée prise dans ce système de surveillance généralisée.

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En fait, pour le journaliste et historien Garrett M. Graff à lire dans The Atlantic, "l’Amérique a eu à peu près tout faux" dans sa réponse au 11 septembre, , parce qu’elle s’est laissée embarquer dans la rhétorique puérile, manichéenne du monde libre contre l’axe du mal. Parce qu’elle est tombée, sous la pression de George W. Bush et de son vice-président Dick Cheney, dans le piège tendu de la peur et de la vengeance. 

Facile à dire, avec 20 ans de recul ; facile aussi avec Ishaan Taroor du Washington Post de jouer à la géopolitique-fiction consistant à se demander à quoi ressemblerait le monde si les Etats-Unis n’avaient pas envahi l’Irak sous des motifs mensongers, causant la mort de centaines de milliers d’Irakiens, exacerbant durablement les tensions entre chiites et sunnites, et au final ouvrant un boulevard aux recruteurs djihadistes de tous poils. 

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On retiendra aussi cette formule de USA Today selon qui ce 20e anniversaire "fait passer les attentats du 11 septembre de la mémoire à l’histoire" des Etats-Unis et du monde. Comme si le recul offert par ces deux décennies passées allaient permettre de sortir de l’ère du témoignage et de l’émotion vécue pour analyser les évènements et leurs conséquences d’une manière plus froide et dépassionnée.

Dans les pages de la revue culturelle Vulture qui interroge des comédiens, des humoristes de la scène new-yorkaise sur les premières fois, iquelques semaines à peine après la tragédie, où ils sont remontés sur les planches. Le public allait-il être capable de rire de tout ça, le voulait-il seulement ? 

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Au final, on entrevoit le rôle cathartique du stand-up pour exorciser les maux de l’époque. Mais attention, "l’humour n’a pas pour autant sauvé l’Amérique", précise Jesse Fox : certains humoristes, par manque de courage ou de subtilité, ont cédé à une forme de populisme où l’on ne parlait plus que de ce qui ne fâchait personne ou emportait la complicité facile, avec des ressorts comiques islamophobes par exemple. 

Les humoristes n’ont pas sauvé l’Amérique, ils n’en ont été que le reflet… conclut l’article de Vulture.

Chroniques
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Les 20 ans du 11 Septembre : récits et mémoire
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