LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Manifestation contre les placements du Crédit Suisse dans les énergies fossiles, Bâle, le 15/05/20

Corruption, filatures : le Crédit Suisse face à ses mauvaises pratiques

5 min
À retrouver dans l'émission

La banque Crédit Suisse va payer 400 millions d'euros pour échapper aux justices américaine et britannique dans l'affaire de corruption des "tuna bonds" ; elle doit aussi se défendre d'avoir fait surveiller illégalement 7 employés. Le méthane à la COP26 : au cœur de la lutte contre le réchauffement.

Manifestation contre les placements du Crédit Suisse dans les énergies fossiles, Bâle, le 15/05/20
Manifestation contre les placements du Crédit Suisse dans les énergies fossiles, Bâle, le 15/05/20 Crédits : Fabrice Coffrini - AFP

La presse économique s’intéresse ce matin aux méthodes illicites d’une grande banque internationale.

Cette banque c’est le Crédit Suisse et elle se retrouve prise dans deux scandales qui font la Une de la Neue Zürcher Zeitung, le quotidien de référence dans la ville de Zurich où se trouve le siège du groupe bancaire.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

La première et la principale affaire, c’est ce qu’on a appelé les "tuna bonds", soit les "emprunts-thon" en français, car tout est parti en 2013 de la commande, par l’État est-africain du Mozambique, de 30 bateaux de pêche au thon à des chantiers navals : il s’agissait officiellement de développer l’activité pêche dans ce pays en développement, et Crédit Suisse avait aidé le Mozambique à structurer un emprunt total de deux milliards de dollars, financé par plusieurs banques et organismes internationaux. 

Mais ce que cachait en fait cette énorme somme, c’était un système de corruption très organisé (par le Crédit Suisse donc) qui a permis à certains dirigeants de la banque et du Mozambique de détourner plus de 200 millions de dollars, soit 10% du montant des emprunts, le reste servant tout de même à acheter quelques bateaux de pêche mais aussi, dans le plus grand secret, des navires militaires et des équipements de surveillance des côtes mozambicaines.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le pire dans cette affaire, poursuit le Financial Times, c’est que cette entreprise très élaborée de corruption a aussi été financée en creusant frauduleusement la dette publique du Mozambique, qui est déjà l’un des pays les plus pauvres d’Afrique. La presse mozambicaine parle de la "dette cachée" du pays, et attend depuis des années un procès qui s’annonce retentissant, avec notamment sur le banc des 19 inculpés le fils de l’ancien président Armando Guebuza.

Mais le Crédit Suisse, lui, échappera aux procès que lui préparaient les justices américaine et britannique : pas plus tard que ce mardi, rapporte le Wall Street Journal, la direction de la banque a accepté une conciliation, aussi bien à New York qu’à Londres. Le Crédit Suisse plaide coupable de tout ce qui lui a été reproché autour de ces "tuna bonds" et accepte pour éviter les procès de verser en tout 400 millions d’euros d’amendes… plus 170 millions versés à l’État mozambicain pour rembourser sa dette indue. Il s’agit là pour le groupe bancaire de Zurich de refermer cette page particulièrement infamante, pour ce qu’elle révèle des méthodes employées par ses anciens dirigeants. Une nouvelle direction a été nommée l’an dernier, précise encore le Wall Street Journal… mais elle va encore avoir pas mal de boulot pour redorer la réputation du Crédit Suisse… 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

C’est là qu’on aborde la deuxième affaire du jour… à lire dans Le Temps de Genève : cette fois la banque est accusée d’avoir organisé entre 2016 et 2019 des filatures d’au moins sept membres de direction ou collaborateurs à l’étranger. Le gendarme de la finance helvétique, la Finma, a rendu les résultats de son enquête et ils sont là aussi ravageurs pour le Crédit Suisse : "violations graves du droit de la surveillance", avec donc ces employés espionnés jour et nuit, en Suisse et à l’étranger, par des enquêteurs privés dont les frais étaient maquillés dans les comptes de la banque. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Il y a là selon la Finma "une culture d’entreprise pour le moins inappropriée"… et ça pose à nouveau la question, selon le Wall Street Journal, des moyens qu’une grande banque internationale peut consacrer à la surveillance de ses dirigeants ou employés, quand elle les soupçonne de blanchiment ou de corruption comme on a pu le voir avec les "tuna bonds".  La lutte contre le crime en col blanc n’excuse pas tout.

À l’approche de la COP26 qui s’ouvrira le 1er novembre à Glasgow, la communauté scientifique affine ses outils pour mesurer les émissions réelles de gaz à effets de serre.

… avec un nouvel indicateur désormais au centre de la lutte contre le réchauffement climatique : les émissions de gaz méthane, déjà évoqué lors de la COP21 à Paris il y a six ans mais dont, comme nous le dit Aaron Rutkoff de Bloomberg Green, on avait sans doute sous-estimé à l’époque l’impact majeur parmi les autres gaz à effet de serre. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le méthane est responsable de 25% du réchauffement alors qu’il n’est présent dans l’atmosphère que dans un volume équivalant à 0,5% de celui de CO2 qui était jusque-là celui sur lequel se focalisait la diplomatie climatique. Cela va changer à la COP26, espère donc Aaron Rutkoff. En coupant la moitié des émissions mondiales de méthane, on éviterait 0,3 degré Celsius de hausse des températures en 2050 : c’est le levier le plus efficace et rapide à notre disposition pour éviter le pire.

Et ça tombe bien, suggère The Washington Post, puisque ces dernières années notre planète s’est dotée d’un outil essentiel pour bien détecter l’origine et l’ampleur des émissions de méthane : l'un des satellites européens du réseau Copernicus survole la terre 14 fois par jour, et il mesure les taux de gaz polluants. Cela a par exemple permis, au mois de juin dernier, de détecter une énorme fuite de méthane d’un pipe-line russe, alors que les autorités locales refusaient de communiquer sur le sujet.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Grâce aux données récoltées par Copernicus, on peut donc affiner la traque des émissions, savoir plus précisément où et combien on pollue… et il en ressort qu'en plus de l'élevage bovin, c’est principalement l’exploitation du gaz naturel, en Russie, en Chine mais aussi aux États-Unis, qui génère de gros volumes de méthane. C'est problématique pour une source d’énergie fossile qui nous est trop souvent présentée comme propre. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Idem, complète la revue scientifique américaine Eos, pour l’hydroélectrique, les barrages et leurs réservoirs dont une étude a permis de confirmer qu’ils sont d’importants émetteurs de méthane. Voilà, pour le coup, qui ne va pas simplifier la réponse au défi que nous pose la nécessité d’en finir, très vite, avec les énergies les plus polluantes…

Chroniques
7H40
52 min
L'Invité(e) des Matins
Corps et genres en démocratie. Avec Giulia Sissa et Abel Quentin
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......