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Changement d'air

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Après une semaine de tractations politiques et de campagne politique tendue, et à quelques heures de l'accord final de la COP21, peut-on se prêter à rêver à un avenir teinté d'optimisme, à des petites lueurs d'espoir et à un changement d'air prochain ?
Si ce n’est aujourd’hui, ce sera peut-être demain… et de changement d’air, on en a tous bien besoin… après cette semaine de tractations politiques qui se poursuit encore largement ce matin dans la presse… petit florilège : « En France, gouverner, c’est échouer », « Comment répondre à la colère et au désespoir ? » « injustices croissantes, inégalités révoltantes, glissements idéologiques, renoncements indignes » « surplus d’incohérence, d’embrouilles et de volte-face, une semaine de tambouilles pitoyables »… quoi d’autre… « la faillite des dirigeants » et sans oublier bien sûr « la race blanche »…

Ban Ki Moon à la tribune de la COP21
Ban Ki Moon à la tribune de la COP21 Crédits : Reuters

Bref, vous en aurez pour votre argent ce matin, avant le silence médiatique imposé à partir de ce soir minuit. Je vais donc emboiter le pas à Guillaume GOUBERT qui titre son édito dans la Croix « Petites lueurs »… « Dans ce contexte, écrit-il, tout signal, si petit soit-il, est bon à prendre s’il donne le sentiment que des progrès sont possibles. Et cela vient de se produire, contre toute attente. Au milieu d’une acrimonieuse fin de campagne, les députés se sont montrés capables d’adopter – à l’unanimité – deux propositions de loi répondant à de fortes préoccupations sociales. La première prévoit un ensemble de mesures visant à lutter contre le gaspillage alimentaire au bénéfice des plus pauvres. La seconde permettra, sur une proposition d’ATD Quart Monde, d’expérimenter un dispositif audacieux de « territoire zéro chômage ». Ce sont de telles initiatives qui réamorceront la confiance. »

Un soupçon de confiance, c’est donc ce que je vais m’évertuer à instaurer ce matin… tout n’est pas laid, dans l’homme, jeune patricien… et on en trouve, des petites lueurs dans la presse aujourd’hui… notamment à propos de la COP21… l’accord final, qui devait être signé aujourd’hui, a été repoussé de 24h… « Maintenant écrit Philippe LEMOINE dans Ouest France, il faut avoir le courage et l’ambition de conclure (courage, ambition, vous voyez qu’on change de champ lexical). Des avancées notables sont presque couchées sur le papier. On saura (demain donc) si Paris s’inscrit dans une trajectoire ambitieuse ou si la tyrannie du compromis propre au système onusien a émoussé les espoirs. »

Un brin plus optimiste, Jean-Louis HERVOIS dans la Charente Libre : « Qu’un pays qui s’étripe six mois à négocier le droit de travailler le dimanche parvienne en 10 jours à gommer un bon millier d’interprétations d’un même texte impliquant tous les continents, devrait lui inspirer la confiance (la confiance, encore) qui semble tant lui manquer et la bonne méthode pour se réformer. »

Et sans présager du texte final de cette COP21… on peut lire ce matin dans la presse plusieurs bonnes nouvelles…

Et oui Guillaume, la COP21 aura eu cet effet de loupe, cet effet grossissant sur les initiatives en faveur du climat et sur les succès dans la lutte contre le réchauffement climatique… On lira ainsi avec intérêt, dans le Figaro, deux initiatives… la première à Shangaï… ville polluée s’il en est… où un tiers des ordures produites quotidiennement par la ville est traité par Véolia Environnement et recyclé pour produire 100 000 MWatt d’énergie verte par an… soit l’énergie nécessaire pour couvrir les besoins d’une ville de 100 000 foyers... (pas habitants)

Autre initiative, à Stockholm cette fois où le traitement des eaux usées de la ville alimente une usine de méthanisation… via les boues de récupération… qui elle-même permet de fournir du biogaz pour une flotte de 950 bus de la capitale suédoise…

Et si l’on additionne tous ces dispositifs… eh bien on aboutit à cet article de Médiapart… titré « L’irrésistible ascension des énergies renouvelables »... « Quelle que soit l’issue de la COP21 écrit Michel de PRACONTAL, l'année 2015 sera celle de l'explosion des énergies renouvelables, en premier lieu des éoliennes. Plusieurs études d'analystes financiers montrent que cette évolution est inéluctable, même si les combustibles fossiles font de la résistance. »

Inéluctable, parce que de moins en moins chères… et donc de plus en plus rentables, et de plus en plus intéressantes pour les industriels, on ne va pas se leurrer. « En 2015, l’énergie éolienne est devenue la source d’électricité la moins chère, même sans aides de l’État, en Allemagne et au Royaume-Uni. » C’était déjà le cas au Danemark en 2014. Ce le sera pour la Chine et les Etats-Unis en 2023. « Et en 2030, l’éolien et le solaire photovoltaïque seront les sources d’énergie les moins coûteuses dans l’ensemble de l’Europe ».

Autre élément de comparaison… « Les nouvelles éoliennes et les panneaux solaires installés dans le monde vont produire plus d’énergie dans les cinq prochaines années que le gaz de schiste aux États-Unis pendant la période 2010-2015 », précise Michel de PRACONTAL… et ce ne sont pas des chiffres avancés par d’obscures ONG écologistes mais par les analystes de Goldman Sachs.

Ces mêmes analystes qui prévoient que toutes ces technologies vont permettre de faire baisser les émissions de CO2 d’ici 2020, et d’éviter plus de 5 gigatonnes d’émissions d’ici 2025. Vous les voyez, les petites lueurs maintenant ?

Du coup, on peut presque se prêter à rêver d’un accord ambitieux ?

Il faut modérer ses espoirs… mais qui sait… « Et si les pays décidaient de viser les 1 degrés et demi », ose l’Humanité… limiter le réchauffement climatique non pas à 2 degrés… mais à 1 et demi seulement… « La possibilité que les négociateurs tranchent en faveur de l’objectif revendiqué par les pays vulnérables ne paraissait hier plus incongrue, alors qu’elle l’était encore il y a peu », selon le journal, qui explique que « sur le papier, la variation d’un demi point après la virgule peut sembler dérisoire. Mais sur le terrain, elle change tout. « Un monde à 2 degrés est peut être vivable pour certain pays, résume une négociatrice costaricaine. Mais pour d’autres, c’est la mort. »

Une coalition de pays vulnérables, dont le Costa Rica, les Philippines et le Bangladesh aurait réussi à convaincre 113 pays de soutenir cette cause. Les Etats-Unis eux-mêmes affirment qu’ils pourraient accepter une mention d’un degré et demi dans le texte.

Alors, Pierre RAHBI et Naomi KLEIN ne partagent peut-être pas cet optimisme… mais sait-on jamais, une petite lueur d’espoir peut parfois se transformer en grande lumière…

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