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Changements d’identité

3 min
À retrouver dans l'émission

par Thomas BAUMGARTNER

Qui est quoi ? qui fait quoi ? qui est représenté par quoi ? C’est le grand jeu des identités ce matin dans la presse. Des identités et des symboles.

Premier exemple dans Libération, avec cette double page sur ce qui se passe actuellement à Vilnius, en Lituanie où quatre statues ont été déboulonnées fin juillet dans le centre de la capitale. Quatre statues de l’ère soviétique, symbolisant respectivement l’Armée, l’Agriculture, la Science et l’Industrie et la Construction, soit les piliers d’une « société communiste idéalisée ».

statues soviétiques à Vilnius
statues soviétiques à Vilnius Crédits : Reuters

Marielle Vitureau, dans Libé, raconte que ces statues étaient « grignotées par la rouille » et qu’elles « représentaient une menace pour les passants ». A la vérité, derrière cette « décision technique » du déboulonnage se « cache un choix politique », écrit-elle.

Car c’est l’attitude récente de la Russie qui a accéléré cette décision : à savoir

une intensification de la propagande russe et la multiplication des survols d’avions militaires russes à proximité de l’espace aérien balte – « plans de vols non publiés », « transpondeurs éteints ». Les quatre statues ont été érigées en 1952 à l’issue d’une décennie où 200 000 Lituaniens avaient été déportés en Sibérie ou en camp de travail.

Et aujourd’hui le débat public fait rage, les statues sont qualifiées d’« abcès historique », d’« humiliation permanente », d’« occupation mentale ».

Des vases de fleurs vont être installés à la place du quadruple monument désormais déboulonné et qui attend son sort – le musée ou la décharge – dans un entrepôt de stockage.

Définition et identité, c’est aussi une manière d’aborder la Une de La Croix ce matin,

à travers une forme de revendication : l’Allemagne qui manifeste sa solidarité

en faveur des réfugiés - au passage, La Croix dans son titre utilise bien le mot « réfugiés » et pas le mot « migrants ».

« L’Allemagne a changé », explique Frederich Heckmann, sociologue à l’université de Bamberg. « Elle est devenue un pays d’immigration ». « Autre nouveauté », ajoute-t-il, « les élites politiques et économiques l’acceptent et influencent les médias. Cela facilite la solidarité ». Et puis les partisans de l’extrême-droite, qui « restent une minorité », écrit Delphine Nerbollier, la correspondante de La Croix à Berlin, descendent dans la rue.

En réaction, « les gens commencent à réagir », alors qu’ils étaient jusqu’à présent apparemment indifférents.

La Croix donne les chiffres : L’Allemagne s’attend à devoir traiter 800 000 demandes d’asile en 2015. Contre 400 000 en 2014.

On définit, on se définit, on se revendique… Et on change, aussi, dans la presse ce matin ?

On change… on change la couleur de la route – figurez-vous ! La couleur des routes, c’est le sujet d’un article partagé entre l’édition papier des Inrockuptibles et son édition en ligne.

Dans une interview, le psychiatre Eric Gallois explique que « personne ne pense aux routes noires alors qu’elles sont omniprésentes. Elles envahissent notre quotidien. N’importe quel conducteur, piéton ou cycliste au long cours, peut succomber à l’angoisse du noir. » Le noir du bitume.

Et Eric Gallois évoque un revêtement aux reflets roses qu’il se souvient avoir vu sur les routes dans les années 70-80.

Nicolas Carreau, qui signe l’article dans les Inrocks, va plus loin en envisageant des routes connectées, qui font l’objet de recherches en ce moment, et dont le revêtement pourrait afficher des messages à même le sol, ou qui pourrait « s’illuminer de rouge si l’on va trop vite », ou « de vert si la voie est libre ». Et le journaliste va jusqu’à imaginer des « platanes virtuels et donc inoffensifs », le long des départementales.

Et il y a des choses qui demeurent…

La télé demeure, immuable… Ou presque. En tout cas elle ne cesse pas d’aiguiser les appétits. A la dernière page du Figaro économie, on prend des nouvelles d’Apple TV.

Apple, pour renouveler son service Apple TV, négocie actuellement directement avec les studios d’Hollywood afin de produire des émissions et des séries originales, nous dit le Figaro.

L’idée c’est de proposer des programmes en streaming à ses abonnés et de court-circuiter les chaînes historiques. « De plus en plus d’Américains résilient leur abonnement aux bouquets du câble pour ne payer que les services des nouveaux géants du streaming », du type Netflix. Et les Américains regardent la télévision 5 heures par jour, explique Pierre-Yves Duga, le correspondant du Figaro à Washington, qui rappelle qu’Apple est « doté d’une trésorerie de 203 milliards de dollars ».

Et on comprend donc que la télé va changer, que la télé change, et que la télé va rester…

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