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COP21 : Unisson et propreté

5 min
À retrouver dans l'émission

** Quand on lit la presse, il y a des journées qui commencent comme une chorale à l’unisson…**

Oui, sur une seule note, et cette note évidemment, c’est celle de la Cop.

La Cop 21, avec toujours plus ou moins un point d’interrogation dans les titres. La Cop sujet de toutes les Unes de la presse nationale ce matin, à l’exception de l’Equipe…

Pour l’occasion on pourrait parler de « Une partagée » par toute la presse. Un seul sujet avec des variations bien sûr, tendance optimiste ou tendance pessimiste

et plus ou moins dubitative…

On notera cette phrase de Connie Hedegaard ancienne ministre de l’Environnement du Danemark, et ancienne commissaire européenne au Climat.

Connie Hedegaard avait présidé la COP en 2009 quand elle s’était tenue à Copenhague – un sommet qui s’était soldé par un échec. Dans Libération, elle nous dit : « Je ne vois pas comment Paris peut aboutir à un accord qui permette de rester en dessous de 2 degrés (...) Mais le critère de réussite doit être que, lorsque les délégués quitteront Paris, il soit encore possible pour le monde de rester en dessous des 2 degrés ».

On voit que déjà les nuances ont des chances d'être au rendez-vous à l’issue de la COP21 dans 15 jours.

Dans ce même Libération, un peu plus loin on notera cette double page qui annonce sans doute le sujet de la prochaine « Une partagée » de la presse française à savoir : les élections Régionales.

Là, les politologues Jean-Yves Camus et Nicolas Lebourg, membres de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès, appellent à « sortir de la paresse intellectuelle face au FN ». Le FN pour lequel on annonce des scores historiques lors des scrutins régionaux des 6 et 13 décembre. « Lorsqu’elles accèdent aux responsabilités, les extrêmes droites en Europe renoncent au volet social ‘subversif’ de leur discours (subversif entre guillemets) et soutiennent une politique libérale, à condition que soient menées des politiques de lutte contre l’immigration et de fierté nationale », expliquent Jean-Yves Camus et Nicolas Lebourg.

« On l’a vu avec le parti des Vrais Finlandais, avec le FPÖ autrichien, avec la Ligue du Nord en Italie entre autres », rappellent-ils. Et ils ajoutent : « Plutôt que des attaques contre les libertés fondamentales, on a la mise en place d’un eurolibéralisme ethnique ».

Comment disparaissent les extrêmes droites, demande Dominique Albertini qui interroge les deux chercheurs dans Libé. « Quitte à heurter, je ne suis pas persuadé que la mort de l’extrême droite soit un objectif à atteindre », répond Jean-Yves Camus. « Je préfèrerais que les adversaires de l’extrême droite sachent argumenter contre elle, au lieu d’être tétanisés. On en est hélas loin aujourd’hui : les uns l’imitent, les autres reprennent la sempiternelle référence aux modèles fascistes et nazis. Celle-ci est inefficace et prouve la paresse intellectuelle de ses utilisateurs ».

C’est donc à lire dans les pages Idées de Libération aujourd’hui, avant les additions qui seront faites les 6 et 13 décembre…

Des additions, on en trouve dès aujourd’hui dans la presse …

Effectivement. Dans le Figaro par exemple où Jean-Julien Ezvan fait l’addition des affaires qui courent dans le monde du sport depuis seulement quelques mois…

Et la liste est impressionnante :

Ø en mars : un rapport dénonce d’importants dysfonctionnements dans la lutte anti-dopage au sein de l’Union cycliste internationale.

Ø en mai : 14 dirigeants de la Fédération internationale de foot, la FIFA, sont visés par une enquête du FBI et inculpés pour des faits de corruption.

Ø en août, Bernie Ecclestone, « le grand argentier de la formule 1 », comme on dit, est jugé en Allemagne pour versements de pots-de-vin présumés. « Le Tribunal de Munich met fin au procès après le versement de 100 millions de dollars par le prévenu ».

Ø en novembre, ce mois-ci, l’Agence mondiale anti-dopage accuse la Russie d’avoir saboté les JO de 2012 en couvrant des cas de dopage par de la corruption

Ø aujourd’hui Michel Platini, en course pour la présidence de la Fifa, est sous la menace d’une radiation à vie du monde du foot,

Ø et Franz Beckenbauer, la légende du football allemand, est plongé au cœur d’un scandale de corruption supposée autour de l’attribution du Mondial de 2006.

Ouf ! N’en jetez plus…

Quand certains grands dirigeants du sport, comme Sepp Blatter par exemple, le président actuellement suspendu de la Fifa, ont commencé leurs activités, il y a une quarantaine d’années « ils ont pris un sport amateur, qui s’appuyait sur une déontologie (…) pour en faire un business lucratif. » C’est le journaliste François Thomazeau, auteur d’un livre intitulé « L’imposture du sport » qui raconte ça au Figaro.

Et il ajoute : « L’industrie du sport, c’est aujourd’hui 500 milliards de dollars par an ». « Ils ont fait du sport autre chose, mais ils continuent à l’administrer par le biais d’associations à but non lucratif. C’est Hollywood géré par des associations loi 1901. Cela ne peut pas marcher. » Blatter et d’autres, dit François Thomazeau « étaient en même temps promoteurs de leur sport et en charge de la lutte anti-dopage : truands, flics et juges… »

L’état du sport mondial et l’appel à un changement d’époque, notamment à des contrôles antidopage et anti-corruption à la hauteur des enjeux, c’est donc à lire dans le Figaro

ce matin.

Et il n’y a pas que sur les terrains de sport que ça triche…

Oui pour terminer, on peut parler de cette étude publiée par La Croix… Une étude selon laquelle 36% des salariés constatent des pratiques contrevenant à la loi dans leur entreprise

ou contrevenant aux règles de leur profession. Et 62% des personnes qui ont constaté des actes délictueux disent en avoir parlé à leurs collègues, ou à un supérieur hiérarchique ou à un proche. La Croix les considère comme des « lanceurs d’alerte ».

Des lanceurs d’alerte qui se « sentent bien seuls », écrit Nathalie Birchem dans son article. « Ces lanceurs d’alerte, dans leur quasi-totalité, (ceux rencontrés au cours de l’étude en question) se sont retrouvés isolés, montré du doigt et finalement licenciés ». Et l’article raconte l’histoire d’Izia, analyste dans une grande banque française, qui constatait qu’un supérieur corrigeait ses rapports quand ils faisaient part d’un risque trop grand de certains produits financiers. Elle a voulu alerter sa hiérarchie, elle a finalement été licenciée.

Ou encore il y a le cas de Martin, qui après avoir remué ciel et terre pour avertir sa hiérarchie de suspicions de blanchiment d’argent a vu ses collègues se détourner de lui

avant qu’il soit lui-même licencié… pour raisons économiques.

Des histoires donc à lire dans La Croix aujourd’hui.

Climat, sport, entreprise… finalement il est beaucoup question de propreté ce matin dans la presse.

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