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De l'usage de la ponctuation

5 min
À retrouver dans l'émission

La fin de la "parenthèse" TSIPRAS en Grèce, la journée mondiale de lutte contre la maladie d'Alzheimer, et une révélation à propos du chanteur Pete DOHERTY... le tout ponctué de manière diverse et variée !
Rien de tel qu’un peu de syntaxe pour bien débuter la semaine, et commençons si vous le voulez bien par l’usage de la parenthèse.

La parenthèse, vous le savez, c’est ce signe qui permet d’insérer dans une phrase un élément qui en précise le sens, mais sans être dépendant syntaxiquement du reste de la phrase. Par extension, on parle de parenthèse pour désigner ce qui est « à côté, en dehors de l’essentiel, du cours normal des événements » nous rappelle le Larousse.

signes de ponctuation
signes de ponctuation

Or le résultat des élections grecques d’hier soir montre que l’accession au pouvoir du parti SYRIZA, depuis le début de l’année, n’est donc pas une « parenthèse » affirme l’Humanité, ou en tout cas, que cette parenthèse ne se referme pas ; qu’Alexis TSIPRAS n’est donc, si on s’en tient à la définition du Larousse, ni « à côté, ni en dehors de l’essentiel et du cours normal des événements ».

Mais en dehors des colonnes de l’Huma, on ne trouve guère de monde parmi les éditorialistes pour se réjouir de la réélection de TSIPRAS : « reste à savoir ce qu’Alexis TSIPRAS va faire de cette victoire », s’interroge Philippe GELIE dans le Figaro, embrayé dans les pages Opinion par Nicolas BAVEREZ qui estime « qu’en dépit de ses échecs, SYRIZA entretient et exporte dans tout le continent un populisme hostile aux réformes, qui trouve des relais en Espagne avec PODEMOS, au Royaume-Uni avec la dérive gauchiste du Labour de Jeremy CORBYN, en France avec le Front National. »

« Le paradoxe c’est que sort des urnes un autre SYRIZA, analyse Bernard STEPHAN dans la Montagne. Ce n’est plus le parti de gauche radicale de janvier qui revient au parlement d’Athènes. C’est un parti en voie de social-démocratisation qui accepte les compromis européens. » « Les Grecs voulaient l’euro et refusaient l’austérité. Ils n’auront pas l’un sans l’autre explique pour sa part Jean-Louis HERVOIS dans la Charente Libre, à charge pour le Premier Ministre d’appliquer avec des principes de gauche des choix politiques de droite dont chacun mesure la brutalité et les dangers. »

Ce qui est intéressant avec la parenthèse, c'est que lorsque le contenu sémantique de l’intérieur de la parenthèse devient plus important que celui de la phrase, il faut alors se retourner vers les mathématiques où le contenu de la parenthèse est, au contraire, l’élément prioritaire de l’équation.

Après la parenthèse… les points de suspension…

Points de suspension que j’utilise, par exemple chaque matin dans mon texte, abondamment pour marquer des ruptures de rythme… il faut dire qu’on peut se servir des points de suspension de plein de façons différentes…

Pour marquer qu’un énoncé n’est pas complet, une rupture de rythme ou une suspension du discours… on parle alors d’aposiopèse.

Ou pour marquer une hésitation… comme lorsque les mots manquent… que l’esprit s’égare…

Vous lirez ce matin dans la presse de nombreux articles consacrés à la journée mondiale de la lutte contre la maladie d’ALZHEIMER, une maladie qui touche de plus en plus de personnes , du fait notamment de l’allongement de la durée de vie : une femme sur quatre et un homme sur 5 après 85 ans. Une maladie, comme toutes les maladies dégénératives du cerveau, dont l’on connaît paradoxalement très mal les mécanismes d’apparition.

Et si ALZHEIMER était transmissible ? C’est la question choc que posent Les Echos sous la plume de Paul MOLGA… c’est une étude publiée récemment dans la revue Nature qui a jeté ce pavé dans la mare… rassurez-vous, pas transmissible comme un rhume, mais suite par exemple à des procédures médicales.

Il est plus vraisemblable, explique Paul MOLGA, que l’origine de la maladie soit d’ordre génétique. Mais la preuve formelle n’est toujours pas complètement établie pour le moment.

Autre point de vue intéressant, celui du professeur Olivier SAINT-JEAN dans Libération, qui plaide pour la suppression des médicaments inefficaces dans le traitement de la maladie. A l’heure actuelle, il faut le rappeler, il n’y a pas de cure, pas de médicament qui soigne Alzheimer… et pourtant, 60 à 80 000 patients se voient encore prescrire ces molécules. « Cela coute près de 300 millions à la collectivité, alors que cela ne sert à rien. Pire, certains peuvent être toxiques » explique le chef du service gériatrie à l’hôpital Georges POMPIDOU.

Et pour finir, le point d’exclamation !

Un signe de ponctuation conclusif, qui ajoute de l’emphase, de la surprise, parfois de l’euphorie ! (vous l’avez entendu, je viens d’en mettre un là par exemple).

Et parfois, un simple point d’exclamation ouvre toute une gamme de sens, parfois sous-entendu, souterrain ou ironique… comme en Une du Parisien ce matin.

Voyez cette photo : celle d’un jeune homme, veste et chapeau noir, une cigarette aux lèvres, une photo assez banale somme toute… mais qui le devient beaucoup moins avec le titre conjoint : « Pete DOHERTY habite à Melun ! » POINT D’EXCLAMATION.

On aurait pu se contenter d’un point simple. « Pete DOHERTY habite à Melun ». Voilà. C’est une information, je vous la donne, simplement. Mais non. « Pete DOHERTY habite à Melun ! »

Le leader charismatique, scandaleux et ex-polytoxicomane du groupe The Libertines a accordé une interview au journal. Interview qui commence de façon assez rock’n’roll, Pete DOHERTY allant soulager sa vessie dans un coin de la loge… et qui finit de façon tout aussi rock’n’roll par cet aveu : « Je suis à Melun, en Seine-et-Marne. Il y avait beaucoup de bordel avec la vie parisienne. Ici j’aime acheter des vieux trucs dans les brocantes, et je joue à la pétanque dans mon jardin. »

Point final.

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