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François HOLLANDE et Nicolas SARKOZY à l'Elysée

Festival !

7 min
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Ce matin, la presse s'empare de son sujet favori : la lutte à mort entre l'actuel et l'ex-locataire de l'Elysée. Le duel des présidents.

François HOLLANDE et Nicolas SARKOZY à l'Elysée
François HOLLANDE et Nicolas SARKOZY à l'Elysée Crédits : Jacky Naegelen - Reuters

Ecoutez, très sincèrement, pour cette dernière revue de presse… je dois dire que j’ai été gâté. Ce matin, c’est festival… vos journaux s’en donnent à cœur joie sur l’un de leurs sujets de prédilection… j’oserais même dire « leur sujet de prédilection » : la présidentielle, et l’affrontement putatif, à la manière d’une revanche de Rocky BALBOA contre Apollo CREED… des deux anciens rivaux de 2012, le match retour, le duel à mort entre François HOLLANDE et Nicolas SARKOZY.

Et ça… autant vous dire que ça fait couler de l’encre. Tenez, regardez : les Echos : double page, choc frontal : SARKOZY sur tous les fronts pour capitaliser sur son rebond… face à François HOLLANDE, et les réactions du patronat sur le pacte de responsabilité remanié. La Croix : double page : Nicolas SARKOZY imprime sa ligne chez les Républicains face à François HOLLANDE, dont on nous dit que « la candidature se précise ». Et dans le Figaro, c’est bingo : double page contre double page : la première pour nous expliquer que SARKOZY revient dans la primaire de la droite, la deuxième sur la candidature quasi-certaine de François HOLLANDE alors même que sa côte de popularité est plus bas. Vous voyez, ce matin, on se lâche, on s’en donne à cœur joie. C’est cadeau c’est plaisir.

Cadeau plaisir dans le Figaro, sous la plume d’Yves THREARD qui se livre à son exercice favori, dézinguer à la gatling le chef de l’Etat, sous le titre « démagogie à tous les étages », Yves THREARD n’y va pas avec le dos de la cuiller : « François HOLLANDE ne doute de rien, surtout pas de lui. Ce peut être une qualité chez un homme, mais cela devient très dangereux quand ce même homme entraîne tout un pays dans son aventure personnelle. (… ) Gouverner, c’est prévoir dit-on. Avec François HOLLANDE, c’est surtout mentir. » N’en jetez plus, la messe est dite.

Deuxième couche dans l’Humanité, sous la plume de Michel GUILLOUX qui fustige, pour sa part, le choix du Président du journal les Echos pour ce qui ressemble de près à un discours programmatique : « Hier, l’hôte de l’Elysée a transformé un entretien-fleuve en demande de prolongation de bail pour l’après mai 2017. Avoir choisi le quotidien du monde des affaires, de la finance et du grand patronat pour publier cette petite annonce devrait achever de convaincre les plus sceptiques que le vainqueur de 2012 a bien tenu toute les promesses du candidat PS » – la petite touche d’ironie ne vous aura bien sûr pas échappée.

Et on peut mesurer l’habileté du chef de l’Etat dans sa faculté à braquer à peu près tout le monde, de la droite à la gauche sans grande exception… ainsi l’Opinion titre ce matin sur « La bidouille fiscale jusqu’au bout », sur un dessin de François HOLLANDE avec une machine à enfumage dans la main, douché par un système anti-incendie et ce chapeau « François HOLLANDE est passé maître dans l’art d’instrumentaliser la fiscalité au service de la politique. Jusqu’à écœurer les entreprises et les ménages ». Habillé pour l’été.

Mais la coupe ne serait pas tout à fait pleine sans l’exégèse de la parole sarkozienne

Il ne fait pas de doute que les soubresauts de l’ancien président passionnent tout autant vos journaux que les errances de l’actuel… Ainsi le Figaro défend-il son champion avec ce gros titre : « Primaire : entre JUPPE et SARKOZY, le jeu reste ouvert » : selon le sondage commandé par le journal, « l’écart se resserre entre les deux favoris de la primaire à droite ». Suspense, suspense… Voilà donc le fait politique du jour. Un fait politique un tant soit peu tamisé par la réalité des chiffres, qui donnent en fait le maire de Bordeaux vainqueur dans toutes les configurations… même Guillaume TABARD, dans son billet politique du jour, quelques pages plus loin, douche l’enthousiasme éditorial de cette Une et reconnaît que Nicolas SARKOZY, « reste devancé par Alain JUPPE pour les primaires dans toutes les enquêtes sans exception ».

Allons bon… mais ce frémissement, ce resserrement, ce début d’inversion de la courbe… bref, appelez ça comme vous voulez… passionne absolument tous vos journaux. Ainsi apprendrez-vous dans le Parisien que « dopé par les sondages, l’ancien président compte profiter de l’été pour mûrir sa candidature qu’il lancera fin août, convaincu de gagner la primaire », sous le titre ô combien évocateur de : « SARKOZY, l’été du fauve » - quasiment un titre de film de Philippe de BROCA.

Et n’allez pas me dire que vous en avez ras la casquette de la course à l’égo présidentiel de l’actuel et de l’ex-locataire de l’Elysée. C’est l’information du jour, rien ne pourra vous en détourner. Quand bien même, comme l’écrit Guillaume GOUBERT dans la Croix : « ils auraient pourtant raison de ne pas se lancer. L’un pour avoir déclaré en 2012 qu’il se retirait de la vie politique après son échec à l’élection présidentielle. L’autre pour avoir échoué dans sa promesse d’une inversion rapide de la courbe du chômage. (…) Il appartiendra aux électeurs de trancher lors de primaires puis du scrutin lui-même. Mais, d’ores et déjà, on peut constater avec regret la difficulté de la vie politique française à se renouveler ». Et la difficulté concomitante de vos journaux à ne pas sombrer corps et bien dans le commentaire ad nauseam des ambitions individuelles de candidats dont les citoyens répètent pourtant, enquête après enquête, ne plus vouloir.

Heureusement, c’est bientôt les vacances.

Certes, mais pas pour tout le monde Guillaume… au risque de passer pour un fâcheux… mais là encore, tout est question de point de vue… L’Huma titre sur l’aide aux vacances : « ce sont les pauvres qui en profitent le moins ». Le journal rappelle qu’en « ce 80ème anniversaire de la loi instaurant les congés payés, promulguée le 20 juin 1936, près d’un enfant sur trois et d’un Français sur deux restent privés de départ en vacances. Privés de cette indispensable coupure, de cette parenthèse salvatrice qui aide chacun à mieux vivre le quotidien. »

Verre à moitié vide ou à moitié plein pour le Parisien, qui titre « Enfin les vacances ! » : « Un Français sur deux partira cet été. Les juilletistes prennent la route aujourd’hui pour oublier enfin une actualité déprimante. » Et on ne saurait dire mieux, avec Jean-Marie MONTALI qui dans son édito, nous rappelle que « C’est difficile à croire, mais pendant les vacances, le monde continue de tourner. Mal sans doute, mais de tourner quand même. Nous ne sommes pas indispensables. Les congés le sont. »

Voilà la leçon de toute chose Guillaume, pour cette ultime revue de presse. Nous ne sommes pas indispensables. Le monde continue de tourner. France Culture aussi. Que vous partiez ou non en vacances, nous serons toujours là, dans un coin de votre poste, avec un petit quelque chose à vous dire, à vous apprendre ou à vous raconter. Vacances ou non, je vous souhaite un été lumineux.

Chroniques

8H55
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La Séquence des partenaires : Vendredi 1 juillet 2016
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