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Il n'y a pas de hasard

7 min
À retrouver dans l'émission

Pas de hasard quant au calendrier des frappes françaises en Syrie, à la veille de l'Assemblée Générale de l'ONU, pas de hasard dans les résurgences d'une certaine forme de misogynie en politique, pas de hasard non plus à la bonne note de Guillaume ERNER !
Il n’y a pas de hasard, que des corrélations, des co-incidences… et quelle coïncidence ! s’étonne ce matin Pierre BARBANCEY en Une de l’Humanité. « Quelques heures après l’arrivée de François HOLLANDE aux Etats-Unis pour participer à l’Assemblée Générale des Nations Unies, l’Elysée annonçait, dans un style très martial, que la France « a frappé » en Syrie. »

Un Rafale français en opération
Un Rafale français en opération Crédits : Reuters

« Ca ne peut pas être un hasard, analyse également Didier ROSE dans les Dernières Nouvelles d’Alsace. Tout ça sent le geste calculé. », « Difficile de voir un hasard du calendrier dans cet engagement militaire survenant à la veille d’une Assemblée Générale de l’ONU dominée par la question syrienne », estime encore Benoît GAUDIBERT dans l’Est Républicain.

Et la conclusion que de nombreux éditorialistes tirent de cette de cette corrélation calendaire fort à propos pour la diplomatie française, c’est que « Les avions français passés à l’action sur le théâtre syrien ne font pas seulement la guerre, ils font aussi de la géopolitique », selon Philippe GELIE du Figaro. Cette annonce sert en fait à « masquer la panne diplomatique française sur un dossier où elle fut longtemps en première ligne de l’opposition à Bachar AL-ASSAD » écrit Dominique GARRAUD dans la Charente Libre.

Parce qu’il n’y a pas de hasard ! Au moment où Vladimir POUTINE va se replacer au centre du jeu diplomatique dans la lutte contre DAESH en Syrie, en prônant une alliance très large, allant des Etats-Unis à l’Iran, en passant par le Hezbollah libanais et bien évidemment… la Russie… La France se devait de réagir.

« Il y a 24 mois, le président de la République était à deux doigts d’appuyer sur le bouton pour renverser ASSAD, rappelle Yann MAREC dans le Midi Libre il y a 6 mois, la position française incitait la scène internationale à un Ni-Ni (ni ASSAD, ni DAESH) hier on apprenait que la France venait de pilonner les positions djihadistes en Syrie. » Alors que la chancelière allemande Angela MERKEL et le président américain Barack OBAMA se sont tous deux ralliés récemment à la position de Vladimir POUTINE qui consiste à lutter contre DAESH aux côté du pouvoir syrien, ce choix chronologique du bombardement ne pouvait pas tomber mieux… il n’y a pas de hasard, vous dit-on.

Pas de place au hasard en politique non plus

Oui, vous le savez si vous êtes un spectateur assidu de House of Cards, l’excellente et glaçante série sur les coulisses du pouvoir américain : sous le vernis craquelé de la modernité et de l’égalité, tout n’est que stratégie froide et résurgences d’archaïsmes violents.

Alors lorsque vous mettez sur une même estrade quatre candidats à la primaire d’un grand parti, venus officiellement défendre une candidate à une élection locale, toute importante soit-elle… de quoi croyez-vous que l’on va parler ?

De ces messieurs. De la campagne nationale. De tout, sauf des enjeux de politique locale, évidemment… mais surtout de tout, sauf de la candidate.

C’est le sort qui a été réservé à Valérie PECRESSE ce week-end, Valérie PECRESSE, tête de liste Les Républicains pour les régionales en Île-de-France ; elle organisait un meeting, auquel étaient présent Alain JUPPE, Nicolas SARKOZY, François FILLON et Bruno LEMAIRE, tous les quatre candidats à la primaire de la droite pour la présidentielle.

Et la photo, reprise dans le Parisien et le Figaro, parle d’elle-même : regardez. On y voit Nicolas SARKOZY et Alain JUPPE au premier plan qui se serrent la main devant une Valérie PECRESSE presque bousculée, gênée, reléguée au 2ème plan.

Et si on lit bien les verbatim, c’est une parfaite petite leçon de misogynie ordinaire ; je vous laisse juger :

« Valérie, nous sommes fiers de ta capacité à rassembler des gens si différents » lui lance Nicolas SARKOZY rapporte le Parisien, un bel exemple de rhétorique, qui consiste à vanter les mérites d’autrui pour en fait vanter les siens.

Mais il y a mieux… Libération rapporte quelques perles : Alain JUPPE par exemple, qui évoquant ses souvenirs, se rappelle qu’il l’a vu arriver « toute fraîche ». François FILLON qui lui lance des « Fonce, Valérie ! » à répétition, « Fonce Valérie, pour ceux qui ont le regard si triste dans le RER de 18h ! » (un rien paternaliste). Ou Nicolas SARKOZY – qui a conclu le meeting là où l’on s’attendait à ce que ce soit la candidate qui le fasse – qui lui lance « J’aime ta façon de faire de la politique, Continue à t’y consacrer pleinement, continue Valérie, à nous téléphoner à 4h du matin, à nous réveiller le matin… ». « La salle rit bien fort », conclut l’article.

Et pour conclure… que font les Revenants Nicolas ?

Eh bien Guillaume, « ils reviennent », voyons… puisque je vous dis qu’il n’y a pas de hasard. Toute la presse s’enthousiasme ce matin pour la reprise, ce soir sur Canal , de la série de Fabrice GOBERT « Les Revenants », deuxième saison très attendue, trois ans après la première.

Un enthousiasme aussi partagé que la titraille donc… dans ce concert de louanges autour de ce petit village montagnard dans lesquels les morts réapparaissent l’air de rien et bouleversent la vie des vivants, vous pourrez lire un beau portrait du jeune réalisateur Fabrice GOBERT dans les colonnes de La Croix : ancien élève de ROHMER, grand lecteur, qui se dit plus stimulé par le texte que par l’image et qui cite pêle-mêle Edgar POE, GARCIA-MARQUEZ ou Philip K.DICK

Vous étiez bon élève Guillaume, vous ?

Parce que sachez que ce matin vous avez été noté par le FIGARO ; vous arrivez en troisième position, avec un joli 14/20 au classement des nouvelles émissions radio… alors je crois Guillaume que vous avez un fan, Anthony PAILLOU qui écrit « Guillaume ERNER a toute notre sympathie »… MAIS - c’est toujours le MAIS qui est douloureux - « Sur France Culture, on a l’impression que sa voix s’est un peu aseptisée. » Mais la conclusion est encourageante… « Ce garçon a tellement de ressources qu’il ne va pas tarder à nous surprendre, à ruer dans les brancards ».

Alors ruez, maintenant.

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