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Injonctions contradictoires

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Malheur, gentillesse et tueur mort-vivant. Vendredi 13, journée d'augures funestes ou propices, qui coïncide avec la journée internationale de la gentillesse et avec les 35 ans de la sortie du premier film Vendredi 13 de Sean S. CUNNINGHAM.
Il ne vous aura pas échappé que nous sommes un vendredi 13… j’en profite pour vous rappeler comme vous l’avez demandé ce matin de ne pas oublier de faire votre Loto en rentrant chez vous tout à l’heure… voilà, c’est fait…

Nous sommes donc un vendredi 13… journée de toutes les superstitions… mais nous sommes également le 13 novembre, journée internationale de la gentillesse… Nous sommes donc en quelques sortes à la croisée des chemins… lieu chargé de mythologie païenne s’il en est… entre d’une part une journée dont la charge symbolique est a priori funeste… si l’on craint le vendredi 13, c’est parce qu’il y avait 13 personnes à la table de la Cène, Jésus et les 12 apôtres… et que ce même Jésus a été crucifié un vendredi… et d’autre part la célébration internationale de la notion un peu flottante de gentillesse.

masque de Jason Voorhees des films Vendredi 13
masque de Jason Voorhees des films Vendredi 13 Crédits : Esparta

Alors je ne vais pas vous refaire l’intégralité du substrat mythologique du vendredi 13… juste souligner que le retour de Jason le mort vivant… le premier film Vendredi 13 de Sean CUNNINGHAM fête d’ailleurs cette année ses 35 ans… le retour donc du tueur en série au masque de Hockey est a priori assez antinomique avec la notion de gentillesse, sauf à considérer qu’un coup de hache à travers la tronche est une marque d’affection.

Alors, on va peut-être en arriver à la revue de presse à proprement parler… parce que, pour ce qui concerne la gentillesse, il faudra repasser ce matin… c’est plutôt à un dézingage en règle du Premier Ministre à coups de machette auquel on assiste. « La cynique tambouille de Manuel VALLS », titre l’Humanité… suite à ses nouvelles déclarations sur la fusion des listes PS LR entre les deux tours des régionales pour faire barrage au FN.

« La sortie de VALLS n’a pas pour objet le ralliement de la droite. L’ambition est de trouver par tous les moyens les boucs émissaires d’une éventuelle victoire de l’extrême droite dans une région. Quitte pour cela à lui préparer le terrain en mettant le FN en permanence au centre du jeu politique », écrit Frédéric DURAND.

« Le Premier Ministre aurait voulu semer la zizanie dans une gauche déjà mal en point qu’il ne s’y serait pas pris autrement », tance également Laurent JOFFRIN dans Libération…

Et c’est à peu près le même son de cloche dans toute la presse ce matin… « l’appel de Manuel VALLS a quelque chose de pathétique. Il sonne comme un aveu d’échec » écrit Raymond COURAUD dans l’Alsace. « Un tel bricolage tintinnabulant ne produirait aucun effet positif, sauf celui d’accréditer un peu plus encore le thème cher à la présidente du Front National : PS et les Républicains, c’est bonnet blanc et blanc bonnet », selon Stéphane SIRET dans Paris Normandie… et ainsi de suite…

Pas beaucoup de gentillesse… mais pas beaucoup plus de hauteur de vue dans l’anathème…

C’est toujours un peu le problème du commentaire politique à chaud, de l’instantané… on fustige, on dénonce, on trépigne, on piaffe… mais un cheval qui piaffe n’est pas un cheval qui avance…

Alors on peut en rire, avec Etienne de MONTETY dans le Figaro qui s’amuse comme chaque jour d’un mot – vous savez que c’est mon péché mignon aujourd’hui, Fusion… nom féminin, « Mélange explosif »… « Le mot est peut-être mal choisi, concède Etienne de MONTETY. Le Premier Ministre en connaît-il la signification ? Passage d’un état à l’autre. Cette perspective institutionnelle le séduit peut-être. Sauf qu’il s’agit de la transformation d’un corps solide en un état liquide. Etat liquide, funeste sort pour les partis politiques. »

Ou l’on peut aussi réfléchir à la portée de cette proposition de fusion… à ce qu’elle engage dans la métamorphose du corps politique. C’est ce que fait Roger POL-DROIT dans les Echos. « Ni droite, ni gauche, mais dans quel sens ? » cette formule qui sature l’air du temps… mais que l’on n’interroge pas dans le bon sens, selon lui.

Pour Roger POL-DROIT, il y a trois types de « ni… ni »… Celui qui ne rejette rien mais cherche la place qui se trouve à égale distance des opposés… le juste milieu éthique et politique, célèbre depuis Aristote.

Il y a ensuite celui qui au lieu de s’installer au centre, veut renverser la table. « Dès lors, le vrai choix à opérer n’est plus entre droite et gauche, mais entre le système et son renversement. « Ni… ni… » renvoie alors à un ailleurs, une sortie de jeu – une révolution régénératrice dont les fascismes aussi ont entretenu le mythe. »

Et enfin, il y a une troisième voie… presque inconnue de la culture occidentale mais centrale dans la pensée bouddhiste. Il s’agit d’écarter les termes antagonistes sans prétendre les remplacer par quoi que ce soit… « En proclamant l’inanité de ceci, puis l’inanité de son contraire, on se donne les moyens d’avancer dans l’espace ainsi libéré, nettoyé des représentations inutiles qui l’encombraient ».

Quel rapport avec le vendredi 13 ?

Eh bien Guillaume, pour revenir un peu dans la contingence politique et l’agréable marigot de divertissement publico-drôlatique… vous ne manquerez pas, j’en suis sûr, de lire cet article du Parisien qui vous raconte les petits grigris des candidats… vendredi 13 oblige…

Vous y apprendrez donc que Claude BARTOLONE refuse 13 personnes à sa table… Que Valérie PECRESSE a un collier fétiche et une petite pierre porte-bonheur… ou que Laurent WAUQUIEZ n’oublie jamais de porter un marron dans la poche de sa parka rouge.

Et puisque vendredi 13, c’est également comme je vous le disais tout à l’heure le retour de Jason le mort-vivant… eh bien aujourd’hui, vendredi 13 novembre 2015… c’est le retour de notre Jason à nous… Johnny HALLYDAY… (c’est pas très raccord avec la journée de la gentillesse, mais après une heure et demie en compagnie d’Alain FINKIELKRAUT, je me suis dit que j’avais de la marge)… Johnny, le 50ème rugissement titre la Croix… pour ce 50ème album intitulé « De l’amour » qui sort aujourd’hui. Son album le plus intime, confie-t-il au journal… Un album également très apprécié par le Parisien… « Difficile de succéder à un chef d’œuvre écrit Emmanuel MAROLLE, surtout un an tout juste après l’album précédent. « De l’amour » est un album qui parle des autres, du monde, des millions de français descendus dans la rue suite aux attentats de Charlie HEBDO, des migrants prêts à tout pour un monde meilleur »…

Bref, un monde meilleur, un peu d’amour que diable, c’est tout ce que je vous souhaite, ça ne peut pas faire de mal. Profitez-en c’est le week-end… faites l’amour, et n’oubliez pas de jouer au Loto.

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