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La main d'une manifestante lors d'un rassemblement contre la violence sexuelle et sexiste appelé par le Collectif Effronte-es, place de la République place à Paris.

Elsa Dorlin: " Si les femmes gagnent moins, elles valent moins, même à poste équivalent".

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À retrouver dans l'émission

Dans Les Inrocks de cette semaine, la philosophe Elsa Dorlin analyse les mouvements anti-harcèlement qui ont fait le tour du monde en 2017.

La main d'une manifestante lors d'un rassemblement contre la violence sexuelle et sexiste appelé par le Collectif Effronte-es, place de la République place à Paris.
La main d'une manifestante lors d'un rassemblement contre la violence sexuelle et sexiste appelé par le Collectif Effronte-es, place de la République place à Paris. Crédits : BERTRAND GUAY / AFP - AFP

Dorlin - auteure du livre "Se défendre, une philosophie de la violence" - rappelle que le hashtag "me too" a été lancé depuis dix ans déjà, par la militante africaine-américaine Tarana Burke, pour dénoncer l’invisibilité des violences sexistes faites aux femmes racisées.

"A mon sens, cela permet de comprendre que, si l’expérience du sexisme est bien commune à toutes les femmes, toutes les femmes n’en font pas l’expérience de la même façon selon qu’elles sont blanches ou noires, actrices, journalistes, ouvrières ou femmes de ménage, catholiques ou musulmanes, valides ou handicapées, selon leur sexualité, leur âge", estime Elsa Dorlin.

Concernant les réactions que le hashtag "balance ton porc" a pu provoquer a pu provoquer (certains ont même dénoncé les risques d’un appel à la délation), Elsa Dorlin remarque que cette stratégie de sabotage est absolument non violente et qu’elle est perçue par certains comme "ultra violente",  ce qui démontre son efficacité.

"L’Indécence des réactions qui l’assimilent à la dénonciation, dit-elle, ont pour seul mérite de montrer que nous sommes bien dans un rapport de force : ce qui permet au sexisme de perdurer avec une telle permanence, ce n’est pas le silence des victimes,c’est bien le silence, la cécité ou la surdité complice de ceux qui en tirent directement ou indirectement des bénéfices".

La philosophe finit par poser une question essentielle : "Pourquoi ne pas mettre en avant des mesures plus efficaces sur le harcèlement au travail et commencer enfin à appliquer les lois sur l’égalité des salaires qui datent de 1983? Car, si les femmes gagnent moins, elles valent moins, même à poste équivalent". 

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