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Fêter pour célébrer la vie

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N'en fait-on pas un peu trop pour faire la fête ? C'est la question que pose Le journal La Croix qui se demande si la sobriété heureuse valorisée par l'Eglise mais aussi par plusieurs essayistes, n'entre pas en conflit avec les plaisirs des festivités de fin d'année.

Alors que ce moment de l'année est propice à un consumérisme effréné, à défaut d’une considération envers les plus pauvres, aurait-on perdu le sens de la fête, initialement considéré comme un moment de partage ? Par nécessairement nous répondent Samuel Lieven et Gauthier Vaillant qui soulignent que : 

« Parenthèse dans le déroulement d'un quotidien marqué par le stress et les impératifs de tous ordres, la fête est d'abord une prise de conscience que nous sommes bien vivants. Une halte dans nos activités productrices, un temps de gratuité, même si parfois dispendieux ». 

Les journalistes s’appuient sur les propos du Pape François s’inspirant du 7ème jour de la Genèse, qui nous dit que la fête est un repos de Dieu également destiné à l'homme « afin que nous puissions jouir de ce qui ne se produit pas et ne se consomme pas, de ce qui ne s'achète ni ne se vend ». Comme le plaisir d'être ensemble, et de partager un repas. 

La fête est également la réponse à une période d'incertitudes pour les hommes, comme le mentionne François Walter, historien à l'université de Genève, dans les pages de La Croix

« Même sans être croyant, au moment de Noël », nous souffrons d'une certaine nostalgie. Une inquiétude qui trouve ses origines dans « le rythme des saisons, au fait de vivre les jours les plus courts de l'année, à l'attente du retour de la végétation, à une inquiétude liée à la fécondité … » 

Une réalité cosmique ancrée en nous que nous ne pouvons effacer nous dit l'historien. Des propos appuyés dans les pages de la Croix par l'historien à Paris 1, Alain Cabantous qui rapporte que : 

« Pendant les douze jours entre Noël et l’Épiphanie, on attendait le rallongement des jours, on espérait le retour de la fécondité de la nature. » Ce tourment des civilisations occidentales qui survient aux derniers jours de décembre, et l'attente des jours plus lumineux, ont été compensés par des « fêtes d'inversion transgressives comme la "fête des fous", au cours de laquelle les étudiants élisaient un faux évêque qui visitait les paroisses, une pratique qui est d'ailleurs l'héritage lointain du fait de désigner une reine ou un roi au jour de l’Épiphanie. » 

La fête est donc une invention de Dieu, et c'est le Pape François qui le dit. 

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