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La puissante interaction de chaque cellule de notre corps avec notre esprit

2 min
À retrouver dans l'émission

Dans les pages Débats de l’Obs, une des grandes figures des neurosciences, Antonio Damasio, s’est intéressé à l’influence de notre corps, de notre élan vital, sur nos pensées.

Alors que nous serions beaucoup à refuser la dimension charnelle de notre cerveau, le neuroscientifique nous dit que notre pensée et même notre cerveau ne sont pas aux commandes de toutes nos démarches intellectuelles. Antonio Damasio en arrive à cette conclusion après 30 ans d’études neurologiques sur des patients apparemment rationnels, souffrant de lésions cérébrales dans certaines zones liées à la perception des émotions. Le neuroscientifique a alors découvert que ces blessures affectaient leur manière de penser et la façon dont ils ressentaient leur existence. Surpris par la puissance du lien entre l’état affectif d’un patient et ses prises de décisions, Antonio Damasio affirme dans les pages de l’hebdomadaire

« Nos raisonnements ne s’opèrent pas seulement à partir des faits, de la logique, ils s’effectuent en interaction constante avec les innombrables modifications qui interviennent à tout instant dans notre corps. [...] Chacune de nos pensées y compris le sentiment de soi ou notre subjectivité se forme sous l’influence de notre chair. » 

Le neuroscientifique, met en lumière les modestes origines de la grande intelligence de l’être humain. Il évoque pour cela les stratégies mises en œuvre par les organismes unicellulaires apparus il y a 3 milliards d’années et à l’origine de la vie, qui possèdent les apparences du raisonnement :

« Dans un environnement riche en substances nutritives, les bactéries peuvent se permettre de mener des existences relativement solitaires. Mais si les ressources font défaut, ou face à une agression, elles s’agglutinent pour constituer des groupes, y compris avec des bactéries dotées d’un autre génome. Et si elles détectent des "déserteurs" dans leurs rangs, qui mettraient la réussite du groupe en péril par leur "égoïsme", elles les mettent à l’écart. »

L’origine de la vie était donc déjà il y a 3.8 milliards d'années, régie par une attitude « morale » et le déploiement de tactiques « intelligentes ». 

Antonio Damasio, interrogé par Véronique Radier, évoque également l’incapacité des hommes à reproduire la « matérialité des sentiments » sur des robots dotés de l’intelligence artificielle. Selon le neuroscientifique :

« [... ] même si nous parvenons un jour à doter ces robots d’une forme d’instinct de survie, cela resterait toujours une simulation. [...]La dynamique de la vie, sa quête incessante de sources d’énergie, les impérieuses nécessités physico-chimique du métabolisme, ne peuvent être dupliquées. » 

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