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Cet essai critique propose une remise en question de la domination de la technologie sur l'humain en s'opposant à l'automatisation intégrale de la société.

"Il est très difficile de revenir en arrière une fois qu'une technologie s'est imposée"

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Dans le mensuel Books de ce mois-ci, l’intéressante interview de Nicholas Carr, blogueur et essayiste américain, l’un des plus importants critiques du numérique.

Cet essai critique propose une remise en question de la domination de la technologie sur l'humain en s'opposant à l'automatisation intégrale de la société.
Cet essai critique propose une remise en question de la domination de la technologie sur l'humain en s'opposant à l'automatisation intégrale de la société. Crédits : Éditions l’Échappée

Il aborde la question dans son dernier essai "Remplacer l’humain. Critique de l’automatisation de la société"_.  _Selon l’essayiste, les avancées numériques témoignent de l’ingéniosité humaine et sont dignes d’être célébrées. Il considère, en revanche, que le problème naît quand nous y voyons un moyen de remplacer le talent humain plutôt que de le compléter. Carr estime que nous nous empressons un peu trop de déléguer aux machines des tâches que nous ferions mieux de continuer à réaliser nous-mêmes. 

En agissant ainsi, dit-il, nous finissons par sacrifier des aptitudes humaines essentielles. 

L’auteur de "Remplacer l’humain" rappelle que dans les systèmes automatisés actuels, l’ordinateur prend souvent en charge tout ou partie du travail intellectuel, qui était jusqu’à présent, souligne-t-il, considéré comme l’apanage des humains : il observe, raisonne, analyse, juge et prend même des décisions à notre place. D’après le bloggeur américain, loin de nous avoir ouvert de nouvelles perspectives, l’informatique a fortement réduit nos capacités d’action et (pire encore !) de réflexion en nous imposant des tâches routinières et monotones.  Il cite comme exemple les pilotes d’avions, une très bonne illustration, selon lui, de ce phénomène. 

Les pilotes sont devenus tellement dépendants du pilotage automatique que leurs compétences se sont détériorées : ils ont perdu leurs réflexes : c’est ce qui explique le crash entre Rio et Paris en 2009. 

Lorsque les sondes de mesure de vitesse se sont mises à dysfonctionner, les pilotes n’ont pas compris ce qui se passait et ont été incapables de rétablir une situation qui n’avait rien de fatale au départ". Nicolas Carr note que l’un des grands défauts de l’automatisation est qu’elle nous rend trop passifs et qu’il est très dur de revenir en arrière une fois qu’une technologie s’est imposée, car, je cite, "elle fait corps avec la société, et, ayant acquis une force considérable, continue irrémédiablement sur sa lancée".

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