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Le borgne du film "Peur sur la ville"

Peur sur la ville

10 min
À retrouver dans l'émission

Toute la presse redoute un embrasement de la rue, suite aux appels à manifester contre la loi travail - la menace sourde qui plane sur les villes du pays passera-t-elle de la fiction à la réalité ?

Le borgne du film "Peur sur la ville"
Le borgne du film "Peur sur la ville"

un jour un film, Festival de Cannes oblige… et en cette journée de grève, de retour des manifestations contre la loi travail, et de craintes de nouveaux débordements… eh bien c’est le film d’Henri VERNEUIL qui m’est venu à l’esprit… plus pour son titre que pour son scénario… parce que plane dans vos journaux ce matin un sentiment de menace diffus, une crainte sourde que cette reprise soit accompagnée d’un embrasement… tenez, dans l’Est Républicain, Philippe MARCACCI écrit : « Voilà donc, et pour la énième fois, la semaine sociale de tous les dangers pour le gouvernement », Laurent BODIN dans l’Alsace : « Plus que le nombre, c’est le comportement des manifestants que l’exécutif aura à l’œil (pas de verre). Une provocation suivie d’un dérapage et un drame est vite arrivé. Avec les risques d’embrasement que cela comporte, le gouvernement sait que cette semaine n’est pas sans danger », ou encore Olivier PIROT dans la Nouvelle République : « cette semaine de contestation sociale a tout du baril de poudre. L’état de fatigue physique et mentale aura à coup sûr un impact sur la patience et la tolérance de certains manifestants, voire de certains membres des forces de l’ordre ».

Et cette crainte sourd de partout dans vos journaux, comme une inquiétude généralisée qui éclipse même la nature du mouvement, à savoir la contestation de la loi travail… Les Echos titrent sur la CGT, qui joue la carte de la « radicalisation » - ce n’est pas anodin comme mot, « radicalisation », ça convoque tout un contexte extrêmement dangereux, 6 mois après les attentats du 13 novembre… les Echos qui expliquent également que « les syndicats vont tenter de mobiliser de nouveau, mais de nouvelles violences sont redoutées ». Pour Jean LEVALLOIS dans la Presse de la Manche, « la colère sourde de tout un peuple n’attend que le prétexte, l’étincelle, pour entrer en ébullition »… on entend bien la menace sourdre de toutes parts… y compris dans Le Midi Libre quand Jean-Michel SERVANT écrit « Cette fois, ça passe ou ça casse. (…) Sans parler des policiers lassés d’être pris pour des pigeons de foire. Et des voyous prêts à en découdre dans une quasi-impunité ».

Et le lien avec les attentats n’est pas que fortuit, puisque « depuis samedi dernier, relate l’Humanité, une dizaine de militants opposés à la loi EL KHOMRI ont reçu des visites de police à domicile, dans le but de leur délivrer des interdictions de manifester. (…) Fait surprenant, aucune violence ne leur est personnellement reprochée. Dans les arrêtés distribués, le préfet de police de Paris invoque notamment l’article 5 de la loi sur l’état d’urgence, lequel permet « d’interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics. » Bref, « Cazeneuve cherche dans la loi sur l’Etat d’urgence un moyen de faire cesser les troubles », résume le Figaro.

Le ministre de l’intérieur sort donc la cravache

Oui, au figuré comme au propre… enfin, propre, je ne sais pas si c’est bien approprié… si on considère cette incroyable bourde sur le compte Twitter du Ministre, qu’évoque ce matin Rue89… sous le titre « Il y a des fessées qui se perdent chez Bernard CAZENEUVE », le site relate comment un internaute a découvert presque par hasard que le compte du ministre de l’intérieur avait, dans la liste des comptes récemment likés/aimés, si vous préférez ou suivi… un compte fétichiste qui fait l’apologie de fessées déculottés sur des jeunes femmes soumises…

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« Le 21 décembre dernier, il a donc « liké » une publication du compte fétichiste @Cpunishments, intitulé « cul nu pour une correction à la cane #culnu #fessée #cane » et accompagnée d’une illustration explicite. Compte anglais qui s’est empressé de réagir gaiement dans la langue de Molière. « Liberté, Egalité, Fessée ».

« Evidemment, on s’en doute, le ministre n’administre pas lui-même son compte précise Rue89. C’est son équipe qui le gère. Mais en pleine polémique sur le rapport aux femmes d’une partie de nos hommes politiques, ça la fout mal. Franchement, il y a parfois des fessées qui se perdent. »

Après le thriller et le film coquin… on bascule dans l’horreur pour terminer.

Oui, mon dernier film du jour s’intitulerait « Massacre à l’équarrisseuse » et serait très très généreux sur les scènes de tortures et les geysers de sang… c’est Libération qui révèle ce matin, dans son numéro du jour que les pratiques insoutenables de certains abattoirs seraient en fait des pratiques courantes… « des abattoirs où on ne laisse même pas à l’animal le temps de mourir avant de le découper, où on lui inflige d’ultimes blessures pour soi-disant l’anesthésier, où les procédés sont pensés pour protéger le « produit » mais jamais pour éviter la souffrance »… Libération a recueilli le témoignage d’un ex-inspecteur des services vétérinaires qui a fini par abandonner son métier.

Et il faut dire que ce témoignage est non seulement édifiant, mais très indigeste aux heures matinales qui entourent le petit déjeuner. Extrait (finissez vite votre biscotte) : « la mort met du temps à venir. Le tueur est censé attendre que cette mort arrive avant de continuer à « travailler le produit », mais ce n’est pas du tout ce qui se passe. J’ai vu des cochons encore conscients quand ils entraient dans l’échaudeuse, le bain d’eau bouillante. Pareil pour les chèvres et les chevreaux, les agneaux et les moutons : après la saignée, on leur sectionne les quatre avant pattes pour commencer à retirer la peau, et bien souvent, quand l’opérateur attaque ça, l’animal n’est pas complètement mort. »

« Une violation massive, consciente et répétée des lois, résume Laurent JOFFRIN dans son édito. (…) Les pratiques d’abattage honteuses révélées par les vidéos de l’association L214 ne sont en rien des exceptions montées en épingle, mais un reflet fidèle des méthodes employées couramment par les abattoirs français. (…) Chaque année, des centaines de milliers de bêtes sont immolées dans des conditions cruelles et inutiles dont le spectacle est si choquant que les responsables des abattoirs refusent systématiquement de laisser les reporters filmer à l’intérieur des usines à viande qui parsèment le territoire français. »

C’est tout le problème, quand les films d’horreur deviennent réalité… tout de suite, c’est beaucoup moins drôle… reste donc à espérer que le scénario de Peur sur la ville reste du pur domaine de la fiction, avec ou sans œil de verre.

Chroniques
8H55
3 min
La Séquence des partenaires
La Séquence des partenaires : Mardi 17 mai 2016
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