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le joli mois de mai

Le ciel s'obscurcit

6 min
À retrouver dans l'émission

Trois constante dans la presse du jour : la contestation sociale, François BAROIN et... le temps pourri.

le joli mois de mai
le joli mois de mai

S’il y a bien quelque chose d’aussi constant que les nuages dans le ciel et la pluie à peu près partout en France… c’est la une de vos journaux, quasi-unanimement consacrée, un jour de plus, à la contestation sociale qui traverse le pays… oui mais voilà… après plus de deux mois de manifestations et de grèves contre la loi travail… que dire, que dire de plus, qu’écrire encore alors que la situation se sclérose et que les différentes parties campent sur leur position respective…

C’est cette quadrature du cercle que vos journaux ne résolvent pas totalement ce matin… On retrouvera donc le jeu de rôle traditionnel, avec le Figaro pour la droite qui fustige les manœuvres de l’exécutif pour tenter d’apaiser la grogne catégorielle… « Il paraît que François HOLLANDE a trouvé une idée lumineuse pour mettre un terme aux mouvements sociaux, écrit Gaëtan de CAPELE dans son édito. Elle consiste à lâcher aux syndicats ce qu’ils réclament dans les entreprises publiques et, ailleurs, à signer des chèques à tous ceux qui font mine de grogner » tandis qu’en face, dans l’Humanité, « les petites manœuvres de division décidées en haut lieu n’ont manifestement pas trop d’effet sur la détermination des salariés en mouvement », selon Michel GUILLOUX.

Un partout, la balle au centre… alors quoi de neuf alors non pas sous le soleil, hein, ce serait déplacé… mais sous le ciel définitivement gris de cette nouvelle semaine de protestation… eh bien pas grand-chose, on manipule le même corpus idéologique encore et encore, à grand renforts de métaphores ou d’aphorismes plus ou moins inspirés… « La porte de sortie existe. Encore faut-il vouloir l’ouvrir » nous prévient ainsi Laurent JOFFRIN dans Libération. « Rien ne va plus. Les trains sont sur la voie de garage, les avions punaisés sur les pistes et le métro en carafe, bientôt. La France en mode panne, écrit Denis DAUMIN dans la Nouvelle République. (…) Ce n’est pas seulement le coup de froid de ce printemps pourri et cela dure depuis un moment. »

Du coup, histoire de détonner un peu dans cette situation figée, le patron du MEDEF joue l’escalade, parle de la CGT comme d’une dictature stalinienne et compare les syndicalistes à des terroristes… voilà une riche idée… tandis que Philippe MARTINEZ lui, et c’est peut-être le seul élément de nouveauté que vous trouverez dans les colonnes de vos journaux ce matin, à l’inverse, fait un pas vers l’apaisement et « n’exige plus le retrait de la loi travail ». Ce sont les Echos qui nous l’apprennent : « le secrétaire général de la CGT a franchi un nouveau pas hier, en affirmant être prêt à « rediscuter » avec le gouvernement, et ce sans préalable. Il n’a plus, comme il y a quelques jours encore, exigé le « retrait » du texte » lors d’un débat avec son homologue de la CFDT, Laurent BERGER sur RTL.

Alors, article 2, réécriture, retrait… vous aurez votre compte d’analyse et d’opinions, de prises de positions et de coups d’éclat… mais c’est peut-être Guillaume GOUBERT qui résume le mieux la situation dans son édito dans la Croix ce matin… quand il écrit que tout compte fait, « ce sont deux philosophies qui s’opposent. L’une estime que les salariés n’ont pas suffisamment de force pour défendre leurs intérêts face aux employeurs et qu’ils doivent être protégés par un échelon supérieur. L’autre, dans un esprit de subsidiarité, fait confiance aux personnes directement concernées pour déterminer ce qui est préférable. » Sera-t-il possible de trouver un moyen terme entre ces deux positions… c’est certainement là tout l’enjeu de cette nouvelle semaine de contestation.

Pour décrisper le débat… vous allez nous parler de quelqu’un qu’on aime.

Oui, un peu d’amour dans tout cette tension… ça ne peut être que bénéfique… alors parlons donc de cette personne que nous aimons tous, ou plutôt que nous aimons le plus dans l’écheveau de nos multiples et innombrables élus… Cette personne, l’élu préféré des français… c’est le maire !

« Le maire, un constructeur du possible » titre même La Croix, qui lui consacre deux pages pleines dans sa série « Vive la politique ! ». Eh bien le maire, on a beau l’aimer, lui aussi en a ras la casquette… c’est aujourd’hui que s’ouvre le 99ème congrès des maires de France… et comme le dit le président de l’AMF, François BAROIN dans les colonnes du Figaro, le niveau de la grogne des élus locaux est « très intense » : « certains ont basculé dans une colère profonde. Cela est nouveau pour des élus placés aux avant-postes de l’idéal républicain et du respect de l’Etat de droit. »

Le cœur de cette colère, c’est la baisse de dotation du financement de l’Etat aux collectivités territoriales. Selon François BAROIN, « les villes et intercommunalités ne représentent que 4 et demi pourcents de la dette nationale, mais elles doivent supporter 25% de l’effort de réduction des dépenses publiques. »

François BAROIN qui est comme la pluie en France et la contestation sociale, partout dans vos journaux ce matin… dans l’Humanité, il réclame ainsi « la suppression de la troisième tranche de réduction, qui s’élève à 3 milliards 700 millions d’euros pour 2017. » François BAROIN qui a même droit à son portrait dans Libération… un portrait qui commence ainsi : « L’an prochain, si tout va bien, le président de l’Association des Maires de France sera devenu Premier ministre. Il suffirait, pour qu’il en soit ainsi, que Nicolas SARKOZY soit élu président de la République le 7 mai 2017. »

Libé qui croit savoir que cette alliance, que l’on pourrait estimer de la carpe et du lapin, entre l’ex-président et l’ancien « bébé Chirac », est motivée par une rancune vieille de 20 ans, lorsqu’Alain JUPPE, alors Premier ministre, l’a sorti du gouvernement en 1995.

Bref, voilà votre choix aujourd’hui : contestation sociale ou François BAROIN…

Vous oubliez la pluie…

Ah oui pardon… la pluie… le temps pourri… cette revue de presse ne serait pas tout à fait complète si je n’en disais pas un mot… Heureusement, Libération est là pour nous rappeler d’une – et ça je suis sûr que vous ne le saviez pas – que le mois de mai est invariablement le mois le plus pluvieux de l’année… et oui… ça vous en bouche un coin…

Mais ce n’est pas tout… si ce mois de mai 2016 bat tous les records en termes de pluviométrie… 140 millimètres à Beauvais par exemple, un record absolu de mémoire de relevés météo… eh bien les seuls coins de France qui sont épargnés… à part le sud-est… c’est : la Bretagne, et le Cotentin. Voilà, la revanche du tropisme météorologique de tout journaliste, vous savez, chaque bulletin météo qui se conclut par : « et enfin il pleuvra en Bretagne »… une revanche enfin consommée… Kenavo !

Chroniques

8H55
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La Séquence des partenaires : Mardi 31 mai 2016
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