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Jean-François Gayraud livre une analyse lucide et sans concession de ces hybrides qui bousculent toutes les certitudes héritées du XXe siècle.

Quand le terrorisme et le crime organisé se rejoignent dans une étrange mutation

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Jean-François Gayraud livre une analyse lucide et sans concession de ces hybrides qui bousculent toutes les certitudes héritées du XXe siècle.
Jean-François Gayraud livre une analyse lucide et sans concession de ces hybrides qui bousculent toutes les certitudes héritées du XXe siècle. Crédits : CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - AFP

On peut lire ce matin , dans les pages Idées de Libération,  l’intéressante interview de Jean-François Gayraud, conseiller à la coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (cette nouvelle structure attachée à l’Elysée). Nourri de ses expériences de spécialiste du renseignement et du contre-espionnage, Gayraud signe un essai sur le nouveau visage de la violence : "Théorie des hybrides. Terrorisme et crime organisé". 

Pendant longtemps terrorisme et crime organisé ont été séparés en catégories étanches, "mais ils ont fini par se rejoindre dans une étrange mutation", rappelle Libération. 

Exemples : Guérillas marxistes vivant du trafic de cocaïne, groupes nationalistes armés adossés au grand banditisme, gangsters convertis au terrorisme islamiste…l’hybridation serait devenu la norme. 

Jean-François Gayraud décrit dans son essai "l’hybridité" de la violence comme une "figure centrale"de la mondialisation, sa "face noire". 

D’après le conseiller à la coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, avec la fin de la guerre froide, la figure du combattant a muté et a été remplacée par un acteur plus complexe et subtil : l’hybride mélange de militant politique et de gangster. 

"Les acteurs politiques_ _type terrorisme ou guérillas, et les acteurs de  droit commun, type gangs, cartels ou mafias, qui, hier, vivaient séparés dans les espaces et dans les logiques de la guerre froide sont soudain précipités, au sens chimique, sur la même scène de violence prédatrice", précise-t-il. 

Gayraud estime que l’épisode du narco-terrorisme colombien des décennies 80-90 a été fondateur. 

"Ce sont, dit-il, autant des armées criminelles que des gangs polycriminels". 

Concernant la vague d’attentats qui a frappé la France et la Belgique en 2015 et 2016, Gayraud estime qu’elle constitue un parfait exemple de l’application de cette théorie : 

"Ces auteurs n’était pas de simples étudiants issus de l’enseignement supérieur, déclassés, haineux, mais des petits voyous des commissariats", note-t-il.

"Leur univers mental est plus proche de celui d’un membre d’un gang de rue à Los Angeles - gavé de gangsta rap, de sous culture hollywoodienne et de drogue - que celui d’un imam érudit de l’université Al-Azhar du Caire". 

     

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