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Une fillette passe en vélo devant une banderole déployée sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris lors d'un rassemblement, regroupant des personnalités du monde du spectacle et d'associations, contre les violences faites aux femmes.(28/10/2007)

Christine Bard: "Le féminisme actuel est loin d’être triomphant"

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Une fillette passe en vélo devant une banderole déployée sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris lors d'un rassemblement, regroupant des personnalités du monde du spectacle et d'associations, contre les violences faites aux femmes.(28/10/2007)
Une fillette passe en vélo devant une banderole déployée sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris lors d'un rassemblement, regroupant des personnalités du monde du spectacle et d'associations, contre les violences faites aux femmes.(28/10/2007) Crédits : PATRICK KOVARIK / AFP - AFP

Un long reportage paru ce matin dans le journal L’Humanité, s’intéresse au féminisme et à la libération de la parole des femmes autour des violences. Selon l’Humanité, cette libération de la parole, est ancrée dans un mouvement profond qui secoue la France depuis plusieurs années : un mouvement qui apparait plus fort que jamais. D’après Marie Barbier, l’auteure de ce papier, "il s’agit d’un mouvement protéiforme et massif : des afros-féministes aux intersectionelles, en passant par les Femen, le collectif "La Barbe", les mères féministes ou les queers". Dans un mouvement aussi divers, les clivages sont nombreux, souligne Marie Barbier : L’allaitement, le voile, la non-mixité, l’intersectionnalité, la GPA font partie des sujets qui divisent. « "Comment ne pourrait-il pas avoir de débat face à des questions de civilisation aussi complexes" interroge l’historienne Christine Bard, auteure du Dictionnaire des féministes.

Mais au-delà de ce clivage, historiennes et militantes rappellent que ces luttes n’ont rien de nouveau.

"Les féministes de la première vague se préoccupaient déjà de leurs conditions d’accouchement !" rappelle Christine Bard. Elle ajoute également que le féminisme actuel se fonde sur des logiques défensives face à des droits qui régressent, ce qui est plutôt inquiétant. "Il fait face, dit-elle, à une nouvelle génération militante très réactionnaire, née au moment du mariage pour tous, qui reste hostile à l’avortement et à la contraception, et dont les idées séduisent une partie de la population. Quant au gouvernement, il a réduit de 40% les subventions des associations féministes et aucune n’a été reçue par la secrétaire d’État…Le féminisme actuel est loin d’être triomphant". Concernant la question des violences sexuelles au travail, longtemps ignorées, l’Humanité considère que même si le harcèlement sexuel fait désormais l’objet de stratégies spécifiques, la parole peine encore à se libérer.

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