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 Sylvain Tesson s’apprête à grimper la Barre des Écrins (4 102 m) dans les Alpes françaises, le 24 juin 2014.

"Défiler la splendeur de la géographie" avec Sylvain Tesson

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 Sylvain Tesson s’apprête à grimper la Barre des Écrins (4 102 m) dans les Alpes françaises, le 24 juin 2014.
Sylvain Tesson s’apprête à grimper la Barre des Écrins (4 102 m) dans les Alpes françaises, le 24 juin 2014. Crédits : JEAN-PIERRE CLATOT / AFP - AFP

Dans Le Figaro Magazine de cette semaine l’écrivain voyageur Sylvain Tesson livre un très beau récit de ses 25 ans de voyage. Un véritable traité du savoir-voyager, selon Le Figaro Mag, au moment où sort l’album retraçant ses expéditions. "Avec mes camarades aussi peu bohémiens que moi, dit-il, nous avons circulé sans répit pendant trois décennies et, de bivouacs en embarquements, avions fini par nous demander si ce frénétique abattage de kilomètres n’était pas une malédiction". Il explique dans ces pages, que malgré la conscience d’un monde uniformisé, il restait encore, je cite "d’étranges royaumes où s’enfoncer encore". D’après l’écrivain, ils cherchaient des royaumes dignes des tigres, peuplés par des gens avec qui, une conversation de plus de cent mots était possible sans qu’ils jettent un coup d’œil à un écran. Malgré les statistiques des démographes qui prévoient que les 2/3 de l’humanité se replieraient dans les villes en 2050, Tesson et ses compagnons d’aventures ont dénichés quelques-uns de ces royaumes. Les lacs gelés de la haute Asie, les steppes centrales qui venaient de s’ouvrir après la chute de l’Union Soviétique, certains postes de bergers du haut Wakhan afghan, les plateaux de l’Atlas peuplés par des tribus que l’islam avait dégagées des piémonts, des toundras arctiques. Et surtout, des falaises calcaires et l’odeur du marbre chaud. "C’était des lieux, raconte-t-il, où il faisait bon vivre seul, dans la contemplation des paysages et le remâchement des lectures".

"Personne ne s’y aventurait pour établir la liste de ce qu’il était approprié de faire et dépenser".

Dans l’un des plus beaux passages du récit, l’auteur rappelle que sur la route, ils s’enfonçaient dans la solitude en renouant avec la lenteur, en redécouvrant l’intelligence naturelle et archaïque. "Puisque nous ne parviendrons jamais à enrayer la tragédie de l’Histoire, nous pouvons au moins, constate l’écrivain, demander au voyage de faire défiler la splendeur de la géographie".

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