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Bilans et prospectives des débuts d’année traduits en photographie

2 min
À retrouver dans l'émission

Les débuts d’année sont souvent l’occasion, en particulier dans les pages des journaux, de faire un bilan de l’année passée, dressé sous l’angle politique, économique, social, culturel, pour laisser place aux prévisions de l’année à venir.

Cet instant où l’on regarde à la fois devant et derrière nous, le critique d’art et écrivain Jean-Louis Roux l’a photographié. Et on retrouve ses clichés, qu’il appelle « rétro paysages » dans les pages de la revue l’Alpe. Le photographe a imaginé avoir des yeux derrière la tête, pour « voir ce qui est dans notre dos lorsque nous regardons et photographions un paysage ». Pour cela, Jean-Louis Roux s’aide des miroirs de sécurité, ces miroirs bombés qu’on trouve sur le bord des routes pour nous aider à avoir une plus grande visibilité. Il fait entrer ces miroirs dans le cadre de façon à voir le paysage de devant, et de derrière. 

Le photographe questionne donc la fabrique du paysage. 

« Le paysage n’existe pas, nous dit-il dans la revue L’Alpe, C’est une vue de l’esprit. Une vue de la vue, une vision des hommes. Le paysage est un mirage, une projection de l’imagination que nous construisons mentalement face à un bout de nature. »

En utilisant un miroir, forme de 3ème œil, de deuxième objectif, de cadre dans le cadre, miroir d’autre part installé par un fonctionnaire anonyme qui devient alors involontairement assistant photographe, Jean Louis Roux transcrit sa vision du paysage ; la superposition d’une image dans une image. Je cite : « En regardant dans un viseur, comme en regardant dans un miroir, nous cadrons la réalité. » Alors le paysage, peut-il se poursuivre dans un reflet ? 

« Par cette inversion et cet effet de cadrage, le paysage vu dans un miroir devient une image, une fiction. On double la mise : le paysage devient image deux fois. Trois fois même si l’on admet que le paysage est en soi une image que le regardeur se fait de la réalité. » 

Alors que le terme miroir tire son origine du verbe latin mirare, « regarder attentivement », lequel dérive d’un autre verbe plus ancien mirari « s’étonner, », à travers ces miroirs routiers qui servent habituellement à regarder attentivement pour éviter la collision, Jean Louis Roux lui s’en sert pour s’étonner. 

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