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La tête des mauvais jours

5 min
À retrouver dans l'émission

La tête des mauvais jours, Homo Naledi, la grenouille et la casserole d'eau, un gorille et un plombier et la tête des bons matins.
Vous le savez vous qui mettez votre réveil chaque matin à des heures indues : ça n’est pas facile tous les jours.

Le teint cireux, l’expression maussade, le poil hirsute, Je ne parle pas de vous Guillaume mais de Naledi, ou plus précisément Homo Naledi , notre nouvel ancêtre dont le visage s’affiche en Une du Figaro.

Preuve que l’on peut être à la fois « la découverte la plus importante depuis Lucy », selon le préhistorien Alain FROMENT cité par la Croix, et ne pas être immédiatement présentable au réveil.

Lee Berger et le crâne d'Homo Naledi
Lee Berger et le crâne d'Homo Naledi Crédits : Reuters

« Je suis ravi de vous présenter une nouvelle espèce du genre humain », c’est le faire part d’Homo Naledi , les termes avec lesquels le chercheur Lee BERGER a présenté hier cette découverte… et quelle découverte !

Des ossements de plus de 15 individus, retrouvés dans une grotte lointaine et difficilement accessible, à plus de 30 mètres de profondeur dans un scénario que n’aurait pas renié un scénariste d’Indiana JONES, raconte Claudine PROUST dans le Parisien.

Claudine PROUST qui n’a pas intitulé son article « A l’ombre des Australopithèques en fleurs » et pourtant, cet Homo Naledi pourrait bien être le chainon manquant entre le genre Homo, c’est-à-dire nous, et les Australopithèques, une branche plus ancienne de l’évolution dont Lucy fait partie.

Homo Naledi mesure entre 1m40 et 1m50, pèse entre 40 et 50 kilos, il a le bas du corps développé comme un Homo, avec des jambes, des pied et des articulations qui lui permettaient des trajets sur de longues distances, mais le haut du corps plus proche de l’Australopithèque, avec un tout petit cerveau encore, de 500 cm3 - c’est 2 fois et demi de moins que le notre, approximativement la taille d’une orange. Ce qui confirme le fait que l’être humain a évolué par le bas, par les pieds et les jambes d’abord avant la tête et le cerveau - je vous laisse en tirer les conclusions que vous souhaitez après avoir philosophé toute la matinée.

Cet Homo Naledi qui est à l’origine de la citation du jour du FIGARO, citation ce matin d’Antoine de RIVAROL, journaliste, essayiste et pamphlétaire royaliste qui écrivait « Otez le genre humain, l’univers est sans témoin »

Et sans genre humain, pas de réchauffement climatique et donc… pas de COP21.

La préparation de la COP21, la conférence Paris Climat 2015 qui doit se tenir au mois de décembre, a donné lieu à d’importantes réunions préparatoires hier au sommet de l’Etat, et à au moins autant d’éditoriaux plus ou moins inspirés ce matin.

Il faut dire que le réchauffement climatique est un sujet en or, qui peut donner lieu à de tonnantes indignations, à des imprécations visionnaires sans pour autant que quiconque ne fasse le moindre effort pour changer ses habitudes de vie et de consommation.

Faut-il s’étonner alors que cette COP21 soit prédestinée à un échec quasi-inévitable, ce que note non sans une pointe de cynisme Dominique DELPIROUX dans la Dépêche du Midi : « La conférence pour le climat ne va préoccuper les Parisiens que pour les embouteillages qu’elle va entraîner pendant 15 jours, faisant paradoxalement de chaque déplacement d’un chef d’Etat dans la capitale un tsunami de CO2 ».

Philppe LEMOINE qui rapproche dans Ouest France le réchauffement climatique des problématiques migratoires, notant que ce sont les populations du Sud qui souffrent le plus des conséquences de NOTRE mode de développement : « Que ferons-nous quand, poussées par la désertification ou l’inondation de leurs terres, ces populations regarderont vers le Nord ? Que fera l’Europe déjà bien en peine d’accueillir quelques milliers de migrants ? ».

C’est « le syndrome de la grenouille et la casserole d’eau » résume Dominique DELPIROUX, vous savez, vous jetez une grenouille dans une casserole d’eau bouillante, elle s’en échappe immédiatement. Vous la plongez dans l’eau froide, et vous montez progressivement la température jusqu’à ébullition… et paf ! La grenouille.

Nous sommes bel et bien en train de préparer notre propre court-bouillon.

Et pour conclure, tout a commencé par un grand singe.

Et pas que dans l’évolution humaine. A l’origine, dans la préhistoire du jeu vidéo était Donkey Kong, un des tout premiers jeux d’arcade, avec un petit personnage qui sautait par dessus des tonneaux lancés par un méchant gorille ; ce personnage a pris son indépendance, il a évolué et il est devenu certainement la plus grande star vidéo ludique à ce jour. Le petit plombier moustachu Super MARIO fête ses 30 ans d’existence, le tout premier jeu Super MARIO sortait le 13 septembre 1985 sur la tout première console de NINTENDO… Une histoire à lire dans le Parisien.

Pour boucler la boucle, après la tête des mauvais jours, la tête des bons jours - ou plutôt la tête des bons matins… c’est la vôtre, Guillaume ERNER, dans les pages de la Croix, qui fait une revue des matinales, en quête de singularité ; article dans lequel vous dites vouloir approfondir et décaler le regard, « approfondir et décaler », je ne sais pas si il faut y voir un allusion à « Lettres de femmes » où vous débutâtes naguère votre carrière…

Toujours est-il qu’il vous reste encore un peu de boulot par rapport à votre ex-collègue Léa SALAME qui a droit elle à 4 pages et autant de photos dans Paris Match… je vous ai laissé l’article sur votre bureau, vous en prendrez de la graine.

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