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Myriam EL KHOMRI

Liberté chérie

7 min
À retrouver dans l'émission

En cette journée mondiale de la liberté de la presse, qu'en est-il de la place de la France ? Début de l'examen de la loi travail à l'Assemblée et parité et niveau d'étude dans les couples français.

Myriam EL KHOMRI
Myriam EL KHOMRI Crédits : Philippe Wojazer - Reuters

Comment ne pas commencer cette revue de presse, aujourd’hui mardi 3 mai sans mentionner le fait que c’est aujourd’hui la journée mondiale de la liberté de la presse… journée sous l’égide de l’ONU… je vous livre le message de son Secrétaire Général, Ban KI MOON : « Sans ce droit fondamental, la population est moins libre et moins autonome, mais avec, nous pourrons construire ensemble un monde digne et offrant des possibilités à tous. »

Voilà le beau monde qui nous attend quand la presse est libre… Dont acte, défendons cette belle liberté d’informer les citoyens… une valeur qui semble consubstantielle à celles que notre nation défend… le mot liberté n’est-il pas l’un des trois mots de notre devise nationale… Eh bien figurez-vous qu’au classement annuel de Reporters sans Frontière… la France est en recul de 7 places cette année… et figure à la 45ème place… juste derrière Trinité et Tobagao… le Botswana… le Burkina Faso… On pourrait également citer Bélize en hommage à Thierry GARCIN, qui est quasiment 10 places devant nous… à la 36ème place… ou encore le Surinam, la Jamaïque, le Costa Rica à la 6ème place et dans le trio de tête, la Norvège, les Pays Bas et la Finlande…

Alors que se passe-t-il pour que nous soyons à ce point en chute libre… Quelle est la part de responsabilité vous demandez-vous d’Yves THREARD, de Laurent JOFFRIN ou de Nicolas BEYTOUT dans cette affaire…

Aucune, rassurez-vous… ou en tout cas, pas officiellement… non, voici les arguments qu’avance Reporters sans Frontières pour justifier de cette dégringolade : « si la presse est globalement libre et plutôt protégée par la loi, le paysage médiatique français est largement constitué de groupes dont les propriétaires ont d’autres intérêts, qui souvent pèsent beaucoup plus que leur attachement au journalisme. Cette situation entraîne des conflits qui font peser une menace sur l'indépendance éditoriale, et même sur la situation économique des médias. On note également une hostilité grandissante à l’égard des journalistes de la part de la population. »

Voilà les raisons de notre médiocre classement… Patrick DRAHI, Vincent BOLLORE, Arnaud LAGARDERE et consorts en sont pour leurs frais…

Pour le reste, rappelons avec la Croix ce matin que le prix mondial de la liberté de la presse sera remis à la journaliste azerbaïdjanaise Khadija ISMAYLOVA, qui purge à l’heure actuelle une peine de 7 ans et demi de prison, à l’issue d’une parodie de procès. Elle réussit malgré tout « à faire sortir ses tribunes de sa prison et à les publier dans la presse internationale, au risque d’aggraver son régime d’isolement. (…) Son dernier article remonte au 31 mars. Dans le Washington Post, la détenue indocile décortique comment le pouvoir utilise les prisonniers politiques comme monnaie d’échange avec ses interlocuteurs occidentaux, interprétant la soudaine libération de quinze militants des droits de l’homme à la lumière de la visite du président Ilahm ALIYEV aux Etats-Unis. »

L’actualité en France, c’est le début de l’examen à l’Assemblée de la loi travail

Et avec pour l’occasion une interview vérité, une interview confession de la ministre Myriam EL KHOMRI dans les colonnes du Parisien… jugez-en plutôt, en voici les meilleurs extraits :

En Une déjà, le grand titre : « Faut-il céder à la rue ? Non ! » Voilà qui est dit… mais l’intérieur, le ton se fait plus doux… « les erreurs, je les assume », Myriam EL KHOMRI déclare entre autres qu’elle n’est pas dans la perspective d’utiliser l’article 49-3 de la constitution pour faire passer le texte en force, malgré le manque de 40 voix à l’Assemblée pour obtenir une majorité pour voter le texte… Mais ce n’est pas tout… La ministre déclare en outre qu’elle « ne ferme pas la porte à des évolutions ». Entendez par là : à faire amender la loi, encore et encore… comme sur l’encadrement des licenciements, ou l’appréciation des difficultés économiques d’une entreprise à l’international…

Voilà qui laisse la plupart des éditorialistes sceptiques… « A force d’être trituré, réécrit, recomposé, le projet EL KHOMRI a perdu de l’épaisseur et une part de son potentiel à faire bouger les lignes » pour Alain DUSSART de l’Est Républicain. « Que restera-t-il de l’ambition initiale de la loi EL KHOMRI, se demande Anne de GUIGNE dans le Figaro. A écouter le patronat : plus rien. » Et dans le camp d’en face, on n’est guère plus optimiste… « Ou bien ce projet de loi travail était parfait et l’on ne voit pas au nom de quoi il faudrait le modifier, écrit Michel GUILLOUX dans son édito dans l’Huma… Ou bien, à force de multiplier les amendements, on démontre, si ce n’est son inutilité, sa nocivité, auquel cas, il faut le retirer. »

Finalement, la seule voix dissonante ce matin, c’est celle de Jean-Francis PECRESSE dans les Echos, pour qui, sans ambages, « l’ordre public et l’intérêt des entreprises imposent de passer la loi EL KHOMRI au 49-3 ». Selon lui, « Quand prolongé au-delà du raisonnable, le débat démocratique en vient à ébranler la paix civile, il faut sans hésiter préférer la paix au débat. (…) Au nom de l’ordre public, (…) il devient urgent de mettre fin à cet état de « zadisme » permanent » (Zadisme avec un Z au début, ce n’est pas une faute de prononciation).

Bref, comme le résument et l’Huma et Le Parisien dans ce délicieux calembour : La loi travail promet à la ministre quelques « Nuit Debout » dans l’hémicycle.

Ce qui promet quelques retours tardifs à la maison pour la ministre

Mais elle n’est pas la seule Guillaume, si l’on en croit cet article de la Croix, qui nous explique que les femmes sont aujourd’hui souvent plus diplômées que leur conjoint. Et qu’elles ont donc des amplitudes de travail plus larges… Pour la génération née à la fin des années 60 : « 40% des couples sont endogames – c’est-à-dire de niveau académique équivalent, 40% sont ceux où la femme est plus diplômée et seulement 20% ceux où l’homme est dans ce cas. »

C’est une situation qui a évolué rapidement au cours du 20ème siècle, puisque pour la génération des années 20, seuls 7% des couples étaient dans ce cas. Vous pourrez lire dans le journal des témoignages de couples qui racontent ce quotidien, Patrice par exemple qui explique que ça ne l’a jamais dérangé que sa compagne gagne 1000€ de plus que lui par mois. « En revanche, lorsque j’étais en congé parental, j’étais gêné de ne pas rapporter de l’argent au foyer. On a beau être ouvert, les instincts virils un peu primaires ne sont jamais loin ! » raconte Patrice.

Et puisqu’on parle d’instinct viril un peu primaire et d’égalité des sexes… on trouvera aujourd’hui en page 2 du cahier Entreprises et Marchés des Echos cette information : « Isabelle KOCHER, première femme patronne du CAC40 ». Elle va prendre la succession de Gérard MESTRALLET à la tête d’ENGIE, ex-GDF SUEZ. « Première femme patronne du CAC40 », en 2016 donc. Malgré quelques progrès vous voyez… la parité en France, c’est comme la liberté de la presse… y’a encore du boulot.

Chroniques

8H55
3 min

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La Séquence des partenaires : Mardi 3 mai 2016
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