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Emmanuel MACRON

Passion Macron

7 min
À retrouver dans l'émission

Concert de louanges, discours amoureux et pâmoisons à gogo pour Emmanuel MACRON et son mouvement politique "En Marche !"

Emmanuel MACRON
Emmanuel MACRON Crédits : Christian Hartmann - Reuters

Donnez-moi un M ! Donnez-moi un A ! Donnez-moi un C… etc. Bref, M A C R O N… MACRON… youpi… oui, la lecture des journaux ce matin m’a donné des envies de pom-pom girl tellement le ministre de l’économie et son nouveau mouvement ont déclenché une certaine forme d’hystérie chez nos confrères de la presse écrite.

Pas moins de trois Unes, celle du Monde, de Libération et du Figaro, des éditos à tire-larigot, des éloges, des doutes, des interrogations, des satisfecit… s’il y en a un qui doit être content… ce n’est peut-être même pas tant Emmanuel MACRON que son dir com qui a fait carton plein ce matin. MACRON à gogo, c’est ce qu’on appelle un plan de com sacrément réussi… tellement réussi qu’on frôle parfois l’absurde dans la dithyrambe…

« MACRON est jeune, compétent et sympathique : il plaît (surtout à droite). Cette séduction est à coup sûr positive. La vie politique ne produit pas tous les jours des phénomènes neufs, seraient-ils encore embryonnaires et sondagiers. Emmanuel MACRON a bâti son succès sur la transgression », écrit ainsi Laurent JOFFRIN dans Libération.

Paul-Henri du LIMBERT lui emboîte le pas dans le Figaro : « Emmanuel MACRON a choisi la liberté, la vraie. Le ministre de l’économie a constaté que la gauche française, qui au pouvoir n’a brillé ni par la réussite ni par l’inventivité, n’avait plus d’autre perspective que d’attendre sa propre fin. » Ce qui conduit l’éditorialiste à formuler ce vœu un peu fou, presque sous la forme d’une proposition presque indécente : « Peut-être que désormais la marche solitaire d’Emmanuel MACRON le conduira sur l’autre rive, où Alain JUPPE, Nicolas SARKOZY, François FILLON, Bruno LEMAIRE et tant d’autres vont prochainement se mesurer. Si l’envie lui prend de participer à la compétition… », conclut Paul-Henri DU LIMBERT, à la manière d’un soupirant qui laisserait négligemment son numéro de téléphone sur le coin d’une serviette avant de se retirer, les joues encore rosées de désir.

Mais il n’est pas seul. Nicolas BEYTOUT est également sur les rangs des MACRON-maniaques, comme le montre son édito intitulé « MACRON, un French Maverick » : « Il y a ceux qui sont sensibles au vent de fraîcheur qu’il peut faire souffler sur un jeu politique statufié, qui espèrent qu’un discours à ce point dérangeant pour la gauche fera bouger tout le système jusqu’à la droite (…) Il y a tous ceux qui se disent que, où que s’arrête l’onde de choc, cette secousse ne peut que faire du bien. »

Et ils sont si nombreux, tous ceux qui rêvent secrètement de se faire secouer par Emmanuel MACRON ce matin que j’aurais bien de la peine à tous les citer… Petit florilège tout de même, pour le plaisir : « Il pourrait se retrouver Premier ministre aussi bien de HOLLANDE que de JUPPE, il est très fort ! » pour Bruno DIVE de Sud Ouest. « Porté par une popularité confondante (…) Emmanuel MACRON s’impose comme la plus éclatante, et sans doute la seule révélation politique de ce quinquennat », écrit Dominique GARRAUD dans la Charente Libre. Ou encore François ERNENWEIN dans La Croix : « Qui aurait vraiment envie de résister au vent printanier qu’Emmanuel MACRON tente d’insuffler à la vie politique française ? (…) Comment douter qu’un garçon si bien élevé et si bien formé ne soit capable d’apporter une dose d’inventivité dans un jeu aujourd’hui trop figé par les logiques d’appareil. »

Bref… j’en passe… je crois que la cour d’Emmanuel MACRON a de quoi rendre jaloux tous les hommes de ce pays, et toutes les femmes aussi… bref, la France désire Emmanuel MACRON. Follement. Intensément.

Tout de même Nicolas… il y a quelques fâcheux réfractaires dans le lot.

Guillaume, vous pourriez vous laisser un peu emporter par cette immense vague d’amour au lieu de vouloir tout salir tout le temps…

Bon, mais puisque vous le dites… oui, il y a bien quelques rares voix dissonantes dans le lot… quelques journalistes pour dire, en somme : « dites-donc…. le coup ni gauche ni droite, on nous l’a déjà fait »… comme Stéphane SIRET dans Paris Normandie : « Avec son propre mouvement « En Marche ! », le ministre fait-il réellement du neuf ou recycle-t-il les vieilles recettes ? « La France en marche » (déjà) avait été lancée il y a plus de 50 ans par Jean LECANUET. Plus proche, François BAYROU a tenté, avec le MoDem, de faire bouger les lignes. » Guère plus enthousiaste, Didier ROSE dans les Dernières Nouvelles d’Alsace : « Les LECANUET, CHABAN ou JOBERT, en d’autres temps, paraissaient déjà irrésistibles. Ils en ont fait les frais. Sa vision de l’avenir semble aussi floue que son bilan à Bercy est faible. Au moins sait-on ce qu’il pense du parti au pouvoir, qu’il veut ringardiser. » Et bim !

Alors, nouveau feu de paille Emmanuel MACRON ? Passion fugace des premiers rayons de soleil du printemps ? Passion contre- nature si on en croit Yann MAREC dans le Midi Libre, qui estime que « Emmanuel MACRON, c’est l’extra-terrestre de la vie politique française »… ou Jean LEVALLOIS de la Presse de la Manche pour qui « MACRON est une sorte d’OVNI dans le paysage politique »… Alors, merci pour l’histoire d’amour avec un petit homme vert. Mais ce n’est pas tant ça le problème des extra-terrestres…

« Le problème avec les OVNI, c’est qu’on les voit beaucoup voler, rarement atterrir », explique Matthieu VERRIER dans la Voix du Nord. « Rares sont ces hommes au discours séducteur qui transforment l’essai. Le trentenaire en marche risque de ne traverser qu’une oasis, et vite prêcher dans le désert. »

Pour finir, Nicolas… une autre oasis dans la presse du jour.

Oui, si vous trouvez, à tout hasard, que les journaux en font un chouya trop sur le ministre de l’économie ce matin… allez donc vous réfugier dans l’Humanité, dans cette grande et belle double page consacrée à Annie ERNAUX… Un long entretien réalisé par Sophie JOUBERT, avec l’auteur de Mémoire de fille, qui vient je vous le rappelle de paraître chez Gallimard…

Extrait choisi : « Tout livre est une aventure d’écriture, mais celui-là met tout en jeu : la mémoire, la manière d’évaluer les actes du point de vue de cette époque (…). Je ne bouche pas les trous de mémoire, je fais avec ce que j’ai, ce qui reste et n’a pas bougé. Entre les scènes, il y a des creux et il faut le dire. L’écriture est un moyen de connaissance, d’élucidation qui dépasse même ce que l’on trouve. Aller dans ces zones était peut-être une façon de me rendre l’écriture intenable. »

Annie ERNAUX, je vous le dis : c’est le seul, remède ce matin à la MACRON-mania galopante. Sur ce je vous laisse, j’ai poney.

Chroniques
8H55
3 min
La Séquence des partenaires
La Séquence des partenaires : Vendredi 8 avril 2016
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