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Trump ou Le Pen ?

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Unanimité des éditorialistes sur l'intervention militaire française en Syrie, confusion entre les discours de Donald TRUMP et Marine LE PEN, et nos humeurs modifieraient notre perception du goût.
L’unanimité des éditorialistes est suffisamment rare, c’est un peu comme une éclipse solaire totale, ou une décision visionnaire de l’Union Européenne, cela mérite d’être souligné : ce matin, pas un seul journal pour défendre les frappes aériennes de la France en Syrie, après le débat au Parlement hier.

Pour des raisons assez diverses, mais la conclusion est la même : « Les frappes aériennes tricolores ne changeront pas grand-chose, écrit Marc SENO dans Libération. Elles seront limitées, faute de moyens. Le vrai défi reste de définir une stratégie qui permette à la fois de combattre l’Etat Islamique et le régime assassin (de Bachar AL-ASSAD) que fuient par millions les Syriens ».

Donal TRUMP, le 16 septembre
Donal TRUMP, le 16 septembre Crédits : Reuters

Quasiment tous les éditorialistes déplorent l’absence de feuille de route pour un avenir politique un Syrie ou une intervention dans le cadre d’une grande coalition militaire, incluant la Russie et l’Iran, mais « les gesticulations militaro-diplomatiques du Président sont destinées d’avantage à impressionner les Français qu’à préparer sérieusement une offensive en Syrie » estime Pierre FREHEL dans le Républicain Lorrain.

Des frappes aériennes « en dehors de tout mandat onusien qui redessinent un schéma connu, celui de la Lybie. Pour quel résultat ? » interroge Jean-Paul PIERROT dans l’Humanité.

Et au bout du compte, intervention militaire en Syrie et crise des réfugiés, c’est l’absence d’une stratégie collective en Europe qui se dessine, « C’est le sens de l’Union Européenne qui est remis en question. C’est une régression par rapport à ses ambitions originelles. C’est aussi un aveu d’impotence collective dangereuse », selon l’éditorial du Monde.

Et c’est peut-être l’écrivain Boualem SANSAL qui a la clé à cette paralysie collective ; il évoque, dans sa tribune dans les colonnes du FIGARO, la « taqiya », un mot intraduisible. « Par un jeu subtil d’accusation suggérées et de menaces voilées (…) les champions de la taqiya nous inoculent le virus de la culpabilité et voilà qu’aussitôt montent en nous la honte de penser, la peur de dire et le refus d’agir. »

La taqiya qui fait des ravages également outre-atlantique

Oui, d’ailleurs je me suis un peu perdu pour tout vous avouer ce matin en lisant la presse, entre l’évocation des réunions publiques de Donald TRUMP à Dallas, alors que doit se tenir ce soir le 2ème débat pour la primaire des républicains en vue de la présidentielle américaine, et les comptes-rendus des réunions de campagne de Marine LE PEN à Arpajon pour les régionales. Tenez, pour voir si vous vous faites avoir vous aussi, je vous propose un jeu : « TRUMP ou LE PEN ».

« Nous ne voulons plus accueillir d’immigration supplémentaire et d’ailleurs nous ne le pouvons plus. Il faut arrêter immédiatement cette folie qui va déstabiliser notre liberté » (Le Pen)

« On va construire un mur à la frontière. Pas une barrière, un mur ! Solide » (Trump)

« On ne peut pas accueillir tout le monde. Il faut lutter contre le détournement à l’asile politique et revoir les conditions du regroupement familial » (raté, c'est Nicolas SARKOZY)

Plus sérieusement, on constate en lisant les reportages consacrés à la campagne de Donald TRUMP que les ficelles sont les mêmes : rejet des candidats considérés comme issus « du système », promesse d’expulsion des 11 millions d’illégaux sur le territoire américain, « les sorties fracassantes du milliardaire réveillent une classe populaire en mal de leadership » explique Géraldine WOESSNER, la correspondante du Parisien, « C’est la prime à qui vociférera le plus fort »

Pour finir, on dit que la victoire peut avoir un goût amer, elle aurait surtout un goût sucré…

Et c’est peut-être pour cette raison, Guillaume, que vous vous délectez tout particulièrement des viennoiseries ici en studio depuis que vous êtes à la tête de la matinale.

Toujours est-il que l’influence de nos émotions sur notre capacité à ressentir le goût restait une inconnue pour la science, inconnue que des chercheurs ont voulu éclairer, comme le raconte Pierre BARTHELEMY dans sa chronique d’Improbablologie, dans le supplément Sciences et Médecine du Monde.

Ils ont ainsi demandé à des supporters de Hockey de gouter différentes glaces à l’issue d’un match de leur équipe et ils se sont rendu compte que les choix variaient en fonction des résultats de l’équipe. Lorsqu’elle gagne, les supporters, heureux privilégient une glace au citron, plus acide et plus fraîche. En cas de défaite, ils se rabattent sur la glace caramel beurre salé bretzel… bien grasse et bien sucrée.

Voilà donc la preuve que la nourriture de réconfort ne serait pas un mythe créé de toute pièce, mais bien une inclinaison naturelle de notre goût influencé par nos humeurs.

Rassurez-vous Guillaume, puisque pour conclure, comme le rappelle Olivier POSTEL-VINAY dans sa chronique « Faut-il écouter son médecin ? », dans Libération, (attention, ça risque de faire bondir tous nos auditeurs diététiciens)… les graisses saturées n’auraient aucun effet sur la santé cardiaque, il ne s’agirait en fait que d’un mythe imposé par l’establishment médical, « la plus grande tromperie scientifique de notre temps » peut-on même lire, et qui a fait les riches heures des cardiologues et de l’industrie pharmaceutique.

Vous voilà rassuré, vous pouvez reprendre un petit pain au chocolat.

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