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Au service de la France, et de la comédie

4 min
À retrouver dans l'émission

Arte diffuse ce soir les premiers épisodes de sa nouvelle série Au service de la France , écrite par Jean-François Halin, l’ancien auteur des « Guignols » de Canal et scénariste des deux films OSS 117 de Michel Hazanavicius. Une parodie des films espionnage et un regard mordant sur la France des années 1960.

Vous avez peut-être reconnu dans cet extrait de la bande annonce de la nouvelle série d’Arte Au Service de la France, la patte musicale de Nicolas Godin qui en signe la bande-originale… Et vous avez peut-être, aussi, saisi au vol l’écriture pince-sans-rire de Jean-François Halin, ancien auteur des Guignols sur Canal , mais aussi scénariste des films à succès de Michel Hazanavicius adaptés des romans de Jean Bruce OSS 117, Le Caire Nid d’espions (2006) et Rio ne répond plus (2009). C’est normal, puisque c’est ce même Jean-François Halin qui signe le scénario et les dialogues d’Au Service de la France qui, après le fantastique P’tit Quinquin (2014) de Bruno Dumont et Ainsi soient-ils (2012-2015) se présente comme la nouvelle création originale d’Arte, en 12X26 minutes, diffusés à raison de 4 épisodes par soirée. Cela se joue à peu de choses, puisque qu’au départ, c’est Canal qui devait produire et diffuser la série. Mais suite à des désaccords, c’est vers la chaîne franco-allemande que se sont tournés Gilles de Verdière, le producteur, et Jean-François Halin.

De quoi parle cette série ?

De la France gaullienne des années 1960, coloniale, pas franchement claire avec son passé, étriquée. D’une « France rance » , comme dit Jean-François Halin. Dans un entretien accordant au magazine Télérama (complètement dithyrambique sur cette série). Jean-François Halin décrit cette France de 1960 comme « un pays sûr de sa suprématie dans le monde et en réalité ignorant des grands enjeux du moment ».

En prenant ancrage dans l’univers des services secrets, la série parle aussi de l’administration française, en tournant en dérision son imbécillité, son côté ronflant et tatillon.

A la différence du personnage d’Hubert Bonisseur de la Bath incarné par Jean Dujardin dans OSS 117 , André Merlaux, le jeune héro d’Au Service de la France qu’incarne le comédien Hugo Becker est plus timoré, moins clownesque, mais sans doute aussi plus malin. A 23 ans, il est la nouvelle recrue des services secrets français. Et c’est auprès de trois agents d’élite à la fois incompétents, racistes, misogynes, roublards et mesquins qu’il va apprendre le métier. Ça promet. Parallèlement à ses aventures professionnelles, Merlaux va rencontrer Sophie, qui se présente comme une « femme moderne » (de l’époque), qu’incarne la jeune comédienne Mathilde Warnier.

Série "Au service de la France"
Série "Au service de la France" Crédits : Jean-François Halin avec Claire Lemaréchal, Jean-André Yerlès. Réalisation : Alexandre Courtès

Plus proche d’OSS 117 que de Mad Men

Comme le rappelle Jean-François Halin, à la différence des Etats-Unis, la France de 1960 est un pays en reconstruction. La société dans laquelle évoluent les personnages d’Au Service de la France est moins prospère et moins flamboyante que celle de Mad Men . Et puis surtout, elle est rétive à tout changement.

Mais c’est justement de la caricature de son étroitesse d’esprit, de ces certitudes quant à sa puissance pourtant déclinante, de son manque de discernement que la série tire son caractère désopilant mais aussi, un peu désespérant.

Au Service de la France débute ce soir, à 20h50 sur Arte.

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