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Images antidotes

4 min
À retrouver dans l'émission

Qu’elles prennent la forme de vidéos exutoires et humoristiques, de dessins de presse « pied de nez » ou de séquences porteuse d’humanité et d’émotion… Quelques jours après les attentats du vendredi 13 novembre à Paris, ce sont des images antidotes, contre la peur et la violence qui font la Une des hebdomadaires, ou qui circulent et se partagent sur Internet et les réseaux sociaux.

<source type="image/webp" srcset="/img/_default.png"data-dejavu-srcset="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2015/11/70e57c08-8e31-11e5-8e9e-005056a87c89/838_daniele-merian.webp"class="dejavu"><img src="/img/_default.png" alt="Danièle Mérian interviewée sur BFM TV" class="dejavu " data-dejavu-src="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2015/11/70e57c08-8e31-11e5-8e9e-005056a87c89/838_daniele-merian.jpg" width="800" height="343"/>
Danièle Mérian interviewée sur BFM TV Crédits : BFM TV
Il y a la voix, et la sagesse ferme de Danièle Mérian, 77 ans. Bien droite dans son manteau boutonné jusqu’en haut, avec son joli foulard et sa mise en plis impeccable, elle s’exprime au micro de BFM TV dans les rues de Paris, parle de fraternité, quelques jours après les attentats de vendredi dernier.

Cette vidéo, elle a été reprise et partagée partout, sur les autres chaînes de télévision, sur internet et les réseaux sociaux. Et elle n’est pas isolée, elle fait écho, se conjugue avec d’autres images antidotes contre l’horreur, la terreur, contre les extrémismes, contre la haine, la peur et surtout, contre la violence et la mort.

Unes des magazines Le Point et L'obs - le 19 novembre 2015
Unes des magazines Le Point et L'obs - le 19 novembre 2015 Crédits : Radio France

Parmi ces images qui sont en train de marquer l’après 13 novembre 2015, il y a des étreintes, des corps qui se serrent à la Une du Point, de L’Obs il y a l’image d’une lettre devenue icône, écrite pour ne pas céder à la haine par un jeune au visage au regard clair, Antoine Leiris, dont l’épouse a été tuée vendredi soir.

Image issue de l'émission "Le Petit Journal"
Image issue de l'émission "Le Petit Journal"

« Pour voir la paix »

Il y aussi des images d’enfants, invités à s’exprimer par un journaliste du « Petit Journal » de Canal . On y voit Valentine en manteau rose, 9 ans, intelligente et émue, elle dit qu’elle est venue place de la République « pour voir la paix ». Un peu plus loin dans le reportage, on voit un petit garçon et son père qui tentent de se rassurer mutuellement, comme le note Daniel Schneiderman dans son billet « Arrêt sur Images » sur le site Rue 89. Il est question de fleurs pour combattre les pistolets…

Toutes ces images sont des images de résilience, elles nous rassurent, et comme dit Daniel Schneidermann : « elles sont comme des figures d’humanité surgies du chagrin collectif ».

Fonction d’antidote

Elles ont fonction d’antidote, comme me l’a dit hier quelqu’un à France Culture. Ces images de fraternité, de tendresse, d’amour, d’intelligence fine, ce sont des antidotes contre la violence, la barbarie, la déshumanisation.

Une du journal "Charlie Hebdo" (18 novembre 2015)
Une du journal "Charlie Hebdo" (18 novembre 2015)

Il y en a aussi d’autres, moins tendres parfois, plus ironiques, comme la Une de Charlie Hebdo cette semaine, avec un dessin d’humour dont la légende dit « Ils ont les armes, on les emmerde, on a le champagne ».

Comme cette vidéo où le présentateur de télévision anglais John Oliver insulte les terroristes tout en caricaturant la culture et la pâtisserie française, comme ces dessins qui répondent à Daech par un doigt levé (le majeur)… Ces images-là sont des exutoires, pour dire la colère par le rire, pour nous empêcher de céder à la peur aussi. Ce sont des antidotes comiques contre l’angoisse, et parfois contre la fatalité.

Même si je les apprécie pour le plaisir immédiat (le rire c’est ça aussi) qu’elles procurent, je dois dire que les images et les mots de Danièle Mérian, Antoine Leiris et Valentine en manteau rose m’apaisent davantage, plus durablement. Parce qu’elles font écho et donnent raison à ce dont parlait Xavier de la Porte hier ici-même. Elles font entendre d’autres voix, des voix de citoyens, ordinaires et extraordinaires en même temps, des voix de gens capables de penser, d’analyser, et de nous éclairer. Au fond, si ces images antidotes nous font du bien, nous redonnent confiance, c’est d’abord pour ça, parce qu’elles sont justes.

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