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Joe Hill, héros protestataire, grand film de Bo Widerberg

3 min
À retrouver dans l'émission

Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes en 1971, Joe Hill , du cinéaste suédois Bo Widerberg ressort en salles dans toute la France après 45 ans d’absence. Retraçant la vie du poète et militant qui a inspiré Woody Guthrie, Pete Seeger, Bob Dylan ou encore Joan Baez, ce film engagé brille par l’esprit protestataire et fraternel qui le porte, et par sa beauté lumineuse.

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Affiche du film "Joe Hill" (1971) Crédits : Bo Widerberg
On croirait entendre la voix de Pete Seeger (1919-2014) dans cette chanson contestataire qu’entonne le comédien Thommy Berggren dans le film Joe Hill (1971) de Bo Widerberg (1930-1997). Cette « protest song » , elle s’intitule « Pie in the Sky » et elle a été écrite par le vrai Joe Hill (1879-1915), poète et militant syndical condamné à mort pour un meurtre qu’il n’avait vraisemblablement pas commis. On commémorera demain le centenaire de son exécution.

Et si on pense à Pete Seeger en écoutant ses chansons, c’est parce que Joe Hill l’a inspiré, comme il a inspiré tous les grands musiciens de la « protest song » américaine de Woody Guthrie à Bob Dylan, en passant par Joan Baez qui a écrit et chanté une chanson qui porte son nom. Au cinéma, c’est le cinéaste suédois Bo Widerberg, auteur d’Elvira Madigan (1967) et d’Adalen 31 (1969) qui lui consacre un film. Prix du Jury au Festival de Cannes en 1971, Joe Hill est resté invisible pendant 45 ans. Il ressort en salles en version restaurée aujourd’hui à Paris, mais aussi dans plusieurs villes de France.

Les droits des travailleurs et la liberté d’expression

C’est un grand film, un beau film politique, sur le courage, la liberté, la fraternité, la dignité, et l’envie de vivre.

Joe Hill (Hillstrom de son vrai nom, incarné par le séduisant Thommy Berggren, comédien fétiche de Bo Widerberg) était un émigré originaire de Suède arrivé aux Etats-Unis en 1902. C’est son parcours vers l’ouest à bord de trains de marchandises, de New-York à Salt Lake City, dans l’Utah que l’on suit dans ce film. Joe Hill était un travailleur itinérant, proche des « hobos », il a ensuite été militant syndical à l’Industrial Workers of the World. Il militait pour les droits des travailleurs, pour la liberté d’expression aussi. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a commencé à écrire des chansons engagées. Puisqu’il fallait chanter pour avoir le droit de se rassembler publiquement, il décida de faire de la politique et du syndicalisme en chantant.

Brulot contre la peine de mort

Joe Hill a très probablement été exécuté pour un crime qu’il n’avait pas commis. Il avait un alibi mais l’a toujours tenu secret, sans doute pour ne pas mettre en difficulté une femme qu’il avait aimée jadis.

Ce qui rend le film de Bi Widerberg si marquant, si lumineux, c’est la fulgurance de ces images, des bas-fonds de New York aux grands espaces de l’Ouest et la beauté, l’énergie de son propos, incarné par son héros. On vous dira qu’il y a du Elia Kazan, et même du John Cassavetes dans ce film… Il me fait aussi penser à un texte magnifique de Jack London qui s’appelle Ce que la vie signifie pour moi , une brève autobiographie publiée en 1906. Car Joe Hill est un film qui porte des idées, des valeurs, et son héros est l’exact contraire d’un lâche. La lâcheté lui est si étrangère qu’il est stupéfait face à elle, vous le verrez dans la terrible et puissante fin du film. Joe Hill est un film sur un homme qui aime la musique, rire et chanter, mais aussi un homme qui pense, un insoumis qui ne souhaite de mal à personne et qui se soulève pour le bien de tous, pour la justice. C’est un film jamais larmoyant, mais vraiment émouvant, parce qu’il redonne du souffle.

Joe Hill (Suède - 1971 - 1h57), de Bo Widerberg, verson restaurée en salles à partir de mercredi 18 novembre 2015.

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