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Les Yeux brûlés par les images de la guerre

3 min
À retrouver dans l'émission

Réalisé pour le compte du Service cinématographique des armées, le film de Laurent RothLes Yeux brûlés ressort en salles ce mercredi 11 novembre. Suspecté d’être un film de propagande pour l’armée française, il est bien autre chose que ça. Eclairé par les témoignages de Raymond Depardon, Raoul Coutard, Pierre Schoendoerffer ou encore Marc Flament, qui ont tous photographié ou filmé les champs de batailles, ce film guidé par les questionnements spontanés de la comédienne Mireille Perrier apparaît comme une méditation sur l’image de guerre.

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Affiche du film "Les Yeux Brûlés" (1986) Crédits : Laurent Roth

Il y a d’abord ces images des immenses halls de l’aéroport de Roissy filmées en 1986. La mosaïque de petits carreaux gris-blanc partout, les banquettes orange, les carrousels à bagages. La comédienne Mireille Perrier apparaît à l’écran, elle récupère une malle, une cantine en métal surgie du passé. C’est celle du reporter Jean Péraud, engagé auprès du service cinématographique des armées, mort le 8 mai 1954 à Dien Bien Phu. Et ce sont ses compagnons reporters de guerre : Raoul Coutard, Raymond Depardon, Pierre Schoendoerffer ou encore Marc Flament qui vont répondre aux interrogations de la comédienne, en racontant leur expérience, comment naît une image de guerre, ce qu’est la guerre tout court, et aussi, ce qu’est un homme qui en capture les images. A leurs récits, le réalisateur Laurent Roth juxtapose un montage de films et de photos issus des archives du Fort d’Ivry : celles de la guerre de 14-18 de 39-45 d’Indochine et d’Algérie.

Voilà le dispositif à la fois simple et original du film Les Yeux brulés réalisé en 1986, qui ressort en salles aujourd’hui.

Qu’est-ce qu’on oublie ? Qu’est-ce qu’on se rappelle ?

Les reporters racontent la fumée, le bruit des balles, ils osent en dire la beauté à l’image. Ils parlent aussi beaucoup des temps morts.

Grâce aux questions simples, mais insistantes de Mireille Perrier, ils s’interrogent avec elles, tentent de mettre en mots les images des tranchées, des champs de batailles, des visages de soldats, y compris ceux qu’ils ont photographiés alors qu’ils agonisaient, jusqu’à l’image finale de la mort.

La comédienne demande : « Qu’est-ce qu’on oublie ? Et qu’est-ce qu’on se rappelle ? ». Ces hommes-là se souviennent de tout. Un peu plus loin, Raymond Depardon dira : « Prendre une photo, c’est comme de tirer, c’est comme de tuer ».

Une réflexion sur la fascination des hommes pour la guerre et la mort

Les Yeux brûlés est un film de commande de l’armée française. Laurent Roth avait 25 ans et il faisait son service militaire lorsque le capitaine Max Guérout lui a confié la réalisation de ce film pour le compte de l’Etablissement Cinématographique et Photographique des Armées.

Mais ce film puissant de Laurent Roth n’a rien d’un film de propagande. Comme le résume Béatrice de Pastre, qui est directrice des collections des Archives françaises des films au CNC : « C’est une réflexion sur la fascination des hommes pour la guerre et la mort ». Grand défenseur du film, le critique de cinéma Serge Daney disait que c’était « autre chose qu’une commande simplement détournée », qu’il s’agissait d’ « une commande retournée au commanditaire, avec accusé de réception ».

Le commanditaire justement, le capitaine Max Guérout compte aussi parmi ceux qui ont le mieux parlé des Yeux brûlés : « A voir certains reporters s’exprimer dans le film – dit-il - on comprend que l’éclair fulgurant de la guerre les a tous frappés. Les uns, d’instinct, ont cligné des yeux et n’osent qu’à peine les rouvrir, les autres, c’est une évidence, s’y sont brûlé l’âme et le regard ».

Les Yeux brûlés (1986 - 58 min), film de Laurent Roth. En salles le mercredi 11 novembre 2015.

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