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Mettre en lumière les artistes contemporains africains

3 min
À retrouver dans l'émission

A distance des galeries chics qui s’exposeront à Paris Photo du 12 au 15 novembre, l’exposition Lumières d’Afriques qui se tient jusqu’au 24 novembre au Théâtre de Chaillot (Paris) dresse un panorama engagé de la l’art contemporain africain. 54 artistes représentant chacun un des 54 pays du continent africain présentent une œuvre originale sur le thème de la lumière. Il s’agit à la fois de mettre en valeur l’immense potentiel, notamment artistique, de l’Afrique, mais aussi d’aborder la question cruciale de l’accès à l’électricité dans un continent où elle fait encore largement défaut, le tout à quelques semaines de la COP21.

Light Switch - Photographie Digitale 120 x 80 cm
Light Switch - Photographie Digitale 120 x 80 cm Crédits : Emeka Okereke – Nigéria

Comme l’explique Jean-Michel Champault, le directeur artistique de l’exposition, est « à la fois sociétale, (l’Afrique en devenant le continent du XXIème siècle vit son « Siècle des Lumières »), et environnementale, liée aux enjeux du droit d’accès à la lumière et à l’énergie dans un continent en grande partie plongé dans le noir à la nuit tombée ».

Des artistes engagés

Pour la plupart, les artistes présentés sont déjà internationalement reconnus, et ils ont tous en commun d’être « engagés ». On peut notamment découvrir une œuvre du photographe nigérian Emeka Okereka. Formé aux Beaux-Arts de Paris, fondateur du collectif de photographes « Invisible borders », il a été, en 2003, récompensé au festival international de la photographie de Bamako dont la 10ème édition se tient en ce moment après une interruption due à la guerre au Mali.

The Light at the end of the tunnel Sculpture en métal avec armes récupérées 120 x 120 cm
The Light at the end of the tunnel Sculpture en métal avec armes récupérées 120 x 120 cm Crédits : Gonçalo Mabunda - Mozambique

L’œuvre que présente Emeka Okereka pour Lumières d’Afriques s’intitule Light Switch . C’est une photographie en couleur qui montre le visage d’une jeune fille tendu vers le halo de lumière que forme sur un mur une ampoule électrique. Ce cercle de lumière dessiné sur le mur éclaire le visage, et peut-être aussi la pensée de la jeune fille. Dans le même temps, on note le caractère spartiate et rafistolé de l’installation électrique… Et surtout, cette ampoule électrique semble bien isolée pour éclairer suffisamment.

Parmi les autres œuvres présentées : une sculpture en métal intitulée « La Lumière au bout du tunnel », créée par l’artiste Gonçalo Mabunda avec des armes récupérées pendant la guerre civile au Mozambique et aussi une photographie de l’artiste éthiopienne Aïda Muluneh qui, après plusieurs années aux USA, a décidé retourner vivre et créer à Addis Abeba. L’œuvre qu’elle présente ici montre une femme au visage et au corps peints selon des rites traditionnels. Assise, elle tient un livre qu’éclaire une ampoule électrique. C’est cette ampoule qui semble être la condition sine qua non pour pouvoir lire, et donc apprendre.

Développement de l’Afrique, accès à l’énergie, et développement durable

L’exposition Lumières d’Afriques est organisée par la fondation AAD (pour African Artists for Development) en partenariat avec des acteurs privés tels Orange et Schneider Electric. Et au sein de son comité d’organisation, on retrouve notamment l’avocat et ancien ministre Jean-Louis Borloo qui a créé la fondation Energies pour l’Afrique.

On l’aura saisi, les enjeux de cette exposition, présentée à quelques semaines de la COP21 sont artistiques bien sûr, mais aussi politiques, et économiques. Et ils sont complexes.

Reste qu’elle permet à tous, gratuitement, de venir flâner jusqu’à tard le soir dans un lieu magnifique et symbolique (c’est à Chaillot que fut signé la déclaration universelle des droits de l’homme en 1948), pour découvrir de grands artistes contemporains africains dont le travail est engagé, et éclairant.

Lumières d’Afriques, jusqu’au 24 novembre 2015, au Palais de Chaillot (Paris). Entrée libre et gratuite, du lundi au vendredi de 17h à 23h, le samedi de 11h à 23h, le dimanche de 11h à 18h.

Darkness give way to light (Chelema le berhane botawen seelek) Photographie and body painting 120 x 120
Darkness give way to light (Chelema le berhane botawen seelek) Photographie and body painting 120 x 120 Crédits : Aïda Muluneh - Ethiopie
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