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Mia Madre, grand Nanni Moretti

3 min
À retrouver dans l'émission

Dans son nouveau film Mia Madre (au cinéma le mercredi 2 décembre 2015), le cinéaste italien Nanni Moretti, aujourd’hui âgé de 62 ans, met en scène la comédienne Marguerita Buy dans le rôle d’une cinéaste sur le point de perdre sa mère et dépassée par la période trouble qu’elle traverse. Un film largement inspiré du vécu du réalisateur et comédien, comme toujours, et sans doute aussi, l’un de ses plus grands films.

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Mia Madre Crédits : Nanni Moretti
On ne comprendra jamais comment Nanni Moretti a pu repartir bredouille du dernier festival de Cannes alors qu’il présentait un film aussi beau. Jamais. Mia Madre est dans la carrière du cinéaste italien (immense cinéaste italien) aujourd’hui âgé de 62 ans une sorte de film somme de tous les autres. On y retrouve beaucoup si ce n’est toutes les obsessions du réalisateur, avec une forme d’hystérie, d’agitation en moins et une forme de sensibilité, de délicatesse en plus.

Nanni Moretti l’a écrit avec trois femmes : Chiara Valerio, Gaia Manzini et Valia Santella. Et il y donne le premier rôle à une autre femme : Margherita Buy, qui apparaît comme son propre alter-ego.

Introspection, entre songe et réalité

Mia Madre est un film introspectif, qui raconte la période de remises en questions intenses que traverse la réalisatrice Margherita, la cinquantaine, alors qu’elle doit s’occuper de sa mère malade et l’accompagner vers la mort alors qu’elle doit aussi accompagner sa propre fille vers l’âge adulte alors qu’elle doit, aussi, tourner son prochain film avec un acteur américain invivable (incarné par le grand et très drôle John Turturro que vous avez pu entendre, et que vous pouvez réécouter dans l’émission « Ping Pong » de Mathilde Serrell et Martin Quenehen qui le recevaient jeudi dernier).

Margherita est une femme fine, courageuse et imparfaite. Elle doute de tout à commencer d’elle-même elle n’a pas toujours été un cadeau pour les hommes avec qui elle a vécu elle s’occupe de tout mais moins bien que son frère (que joue Nanni Moretti), mais elle se démène. Et elle est dépassée, par le chagrin qu’elle sent poindre, par l’angoisse de perdre sa mère, par la peur profonde de plus réussir à faire face.

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Un film sur le deuil, bouleversant, et jamais sadique

Comme La Chambre du fils (2001), Mia Madre est un film sur le deuil. Mais il s’agit ici d’un deuil considéré comme davantage dans l’ordre des choses, celui d’un parent, en l’occurrence d’une mère, âgée. En voyant certaines séquences du film, notamment les déambulations désorientées de Margherita dans l’appartement vide de sa mère, on pense bien sûr au plaisir que Nanni Moretti a toujours tiré de filmer ses personnages se déplacer à l’intérieur de chez eux, comme dans Bianca (1984) ou Aprile (1998). Mais on pense aussi, et peut-être même surtout à un autre film sur le deuil et sur l’angoisse de l’absence, Amour (2012)de Michael Haneke.

Nanni Moretti raconte qu’il avait prévu de revoir le film d’Haneke pendant la préparation de son propre film, comme il avait prévu de lire le Journal de deuil (1977)de Roland Barthes. Il n’a fait ni l’un ni l’autre, peut-être parce qu’il y a dans ces deux œuvres centrées sur la mort, la vieillesse et le deuil intime quelque chose de paradoxalement trop morbide, d’un peu sadique aussi, comme il le dit lui-même. Et c’est exactement de cela dont Mia Madre est affranchi. Nanni Moretti est névrosé mais jamais sadique, il ne trouve aucune espèce de plaisir esthétique à représenter la douleur ou la faiblesse. C’est ça aussi qui rend son film si grand, bouleversant, et vivant.

Mia Madre , de Nanni Moretti, au cinéma le mercredi 2 décembre 2015.

http://www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/mia-madre/

Affiche "Mia Madre"
Affiche "Mia Madre" Crédits : Nanni Moretti
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