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Photoquai, 5ème biennale des images du monde

3 min
À retrouver dans l'émission

Un tour du monde en image à travers 400 photographies signées par 40 photographes d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques. La 5ème édition de Photoquai organisée par le Musée du quai Branly débute demain, mardi 22 septembre, à Paris, avec pour thème: "We are family", hommage à l'exposition légendaire "The Family of Man" organisée par le photographe Edward Steichen au MoMA de New York en 1955.

Photographie tirée de la série "I Am Georgia"
Photographie tirée de la série "I Am Georgia" Crédits : Dina Organova "Dikarka"

Attention, comme pourrait cependant le laisser croire ce thème « We are family » (« Nous sommes une famille » en français), ce ne sont pas des photos de famille, en tout cas pas seulement, qui seront exposées sur la promenade qui surplombe les berges de la Seine, à Paris, face au Musée du Quai Branly, dans le cadre de « Photoquai ».

Parmi les quelques 400 images du monde signées par 40 artistes originaires d’Afrique, d’Asie , d’Océanie et des Amériques qui ont été sélectionnés, on verra notamment la Géorgie.Tout petit état coincé entre la Russie, la Turquie, l’Azebaïdjan et l’Arménie, on le découvre ici à travers le regard poétique de Dina Oganova « Dikarka » et les portraits tranquilles de sa série en noir et blanc intitulée « I Am Georgia ». Des images de femmes coiffées de foulards fleuris et vêtues de costumes traditionnels d’adolescentes fières et souriantes photographiées comme un seul corps à deux têtes des jeunes mariés qui ouvrent le bal sous le regard songeur d’une petite fille en robe de princesse ou encore ces deux photos splendides qui font penser à certains clichés d’Edouard Boubat. La première, dans un faisceau de soleil matinal représente un petit garçon appliqué à écrire tandis qu’une femme près de lui l’observe, la main doucement posée sur sa tête. La seconde montre, dans un décor spartiate et suranné, une jeune femme en chemise de nuit, assise devant un poil à bois, le regard fixe vers l’objectif, une seule moitié de son visage apparaît dans la lumière, et derrière elle, un enfant accroupi se tient comme un oiseau recroquevillé. C’est le portrait de la communauté géorgienne, son âme, peut-être, un peu figée dans le passé, que semble vouloir « faire sentir » la photographe.

Des images inédites en France de 40 photographes non européens sélectionnés par les commissaires de cette exposition.

Dans un tout autre style, on verra les étranges portraits des samouraïs de Fukushima photographiés par Noriko Takasugi les touristes chinois adeptes des « selfies » (autoportraits) sur l’avenue des Stars de Hong Kong vus par la brésilienne Luisa Dörr et l’Indien Navin Kala une magnifique photo de forêt signée Tatiana Plotnikova; mais aussi un danseur urbain en apesanteur capturé par le photographe burkinabé Siaka Soppo Traoré ou encore les images poignantes de la photojournaliste ukrainienne Oksana Yushko qui, dix ans après la prise d’otages à l’école n°1 de Beslan (Ossétie du Nord) par un groupe de séparatistes tchétchènes, réalise un reportage au moment de la remise des diplômes aux élèves de l’école rescapés du massacre.

Une réflexion sur le thème de la famille

Qu’est-ce que « faire famille », qu’est-ce qui fait qu’un groupe de personnes se réunit pour former une communauté.

Frank Kalero, le directeur artistique de la biennale explique aussi que Photoquai s’inscrit dans l’esprit de « The Family of Man », l’exposition organisée en 1955 au MoMA de New York par le photographe américain né au Luxembourg Edward Steichen qui entendait présenter « une photographie de l’humanité ». Cette exposition légendaire réunissait 503 photographies de 273 auteurs issus de 68 pays, parmi lesquels Robert Capa, Dorothea Lange ou encore August Sander. Elle reste aujourd’hui visible au Château de Clervaux, au Luxembourg.

Il y a effectivement un peu de cet esprit dans cette cinquième édition de Photoquai, une sorte d’instantané de la photographie contemporaine, un panorama du monde à travers le regard d’artistes peu connus en France pour le moment, mais appelés à un bel avenir.

Photoquai commence demain et dure deux mois, c’est une expérience de photographie en plein air, gratuite, ouverte jour et nuit. Elle est accompagnée d’un beau catalogue intitulé « We are family » édité par Actes Sud.

The Self Promenade
The Self Promenade Crédits : Luisa Dörr & Navin Kala (Brésil, Inde)
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