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Portraits d’amoureux de la nature : Edmond Baudouin et Marcel Conche

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Edmond, un portrait de Baudoin et Marcel Conche, la nature d’un philosophe, deux films sortis hier, mercredi 30 septembre, en salles, deux portraits d’hommes discrets, amoureux de la nature : le dessinateur Baudouin, et le philosophe Marcel Conche.

Affiche du film "Edmond, un portrait de Baudoin"
Affiche du film "Edmond, un portrait de Baudoin" Crédits : Laetitia Carton

Ce sont deux films discrets, aussi, il faut bien le reconnaître, parmi les quelques 24 films sortis au cinéma ce mercredi.

Dans Edmond, un portrait de Baudoin , Laetitia Carton filme, admire serait un verbe plus exacte, Baudoin, figure de la bande dessinée d’auteur aujourd’hui âgé de 73 ans, alors qu’il passe l’été à Villars-sur-Var, le village de l’arrière pays niçois dont il est originaire.

« Pour que ça tienne, il faut que ce soit beau » , dit Edmond Baudoin

Dans ce film, on l’observe en train de dessiner (ce qui est toujours fascinant), de peindre plus précisément puisque ce qui caractérise son style, c’est un tracé au pinceau et à l’encre de Chine. On l’écoute penser tout haut… La réalisatrice le fait rejouer, en vrai, certain de ses dessins, le filme en train de se baigner nu dans un torrent, en train de danser, marcher dans la montagne.

C’est un portrait, quasi amoureux, celui d’un dessinateur reconnu mais discret, d’un créateur à la pensée originale, non conformiste, et surtout d’un homme qui aime la nature par dessus tout. Au fond, comme Marcel Conche, 93 ans,filmé par Christian Girier dans Marcel Conche, la nature d’un philosophe.

« L’essence de la nature, c’est la créativité. Essentiellement, la nature est artiste », dit Marcel Conche.

Affiche du film "Marcel Conche, la nature d'un philosophe"
Affiche du film "Marcel Conche, la nature d'un philosophe" Crédits : Christian Rigier

C’est bien cet amour de la nature qui relie ces deux hommes solitaires. Un amour de la nature que l’un exprime avec des pinceaux et l’autre avec des idées. Et ce sont finalement des mêmes imperfections, des mêmes manques dont souffrent ces deux portraits laudateurs, mais qui ne sont pas tout à fait du cinéma.

Et malgré cela, ils valent chacun d’être vus sur grand écran. Rien que pour voir Baudoin peindre et se mouvoir dans l’espace, et aussi l’entendre dire : « On croit que les artistes créent avec leurs capacités, ce qu’ils savent. Alors que les plus belles choses qu’ils créent ne sont pas le fruit de leurs forces, mais de leurs faiblesses ».

De la même manière, dans Marcel Conche, la nature d’un philosophe, on découvre (ou redécouvre) la pensée de ce philosophe, on se laisse happer par sa présence tranquille, on l’observe manger, marcher, arroser ses figuiers. Certes, on peut s’agacer un peu de le voir apparaître en caricature de vieux sage, comme si la philosophie, et notamment celle de la nature, était forcément « sagesse », acceptation de « l’ordre des choses » comme on dit… Et, à l’idée de Marcel Conche selon laquelle « l’essence de la nature, c’est la créativité. Qu’essentiellement la nature est artiste », certains auront peut-être envie d’opposer celle d’Oscar Wilde pour qui, à l’inverse, c’est la Nature qui imite l’art.

Mais justement, c’est parce qu’ils font réagir, parce qu’ils mettent en avant des personnalités originales, peu médiatiques, parce qu’ils sont beaux à regarder (pourquoi renier ce plaisir-là ?), qu’il faut voir ces deux documentaires sur grand écran, puisque les chaînes de télévision sont de plus en plus conformistes, frileuses, et ne les diffusent pas.

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