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Taj Mahal, film de peur et d’instinct

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Réalisateur d’un premier long métrage, Espion(s) en 2009, Nicolas Saada signe Taj Mahal , un « film catastrophe intimiste » , comme il le qualifie, inspiré d’une histoire vraie et situé dans le contexte des attaques terroristes de Bombay en 2008. Un film dont le sujet fait directement écho à l’actualité des attentats du 13 novembre à Paris, mais surtout, un film de fiction qui tire sa puissance de ses partis pris cinématographiques.

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Stacy Martin dans "Taj Mahal" Crédits : Nicolas Saada

26 novembre 2008, aux alentours de 21h50, un groupe de terroristes islamistes mène plusieurs attaques simultanées dans la ville de Bombay, en Inde. Parmi les sites visés : l’hôtel Taj Mahal. Au total, ces attaques sanglantes feront 195 morts, et plus de 300 blessés.

C’est cet événement qui est au centre du film de Nicolas SaadaTaj Mahal qui sort aujourd’hui en salles. Cet événement terrible qui forcément, dans le contexte présent, fait écho aux attentats du 13 novembre dernier à Paris. Nous ne verrons donc pas le film de Nicolas Saada avec les mêmes yeux qu’il y a 20 jours ou qu’il y 11 mois. Pourtant, comme l’écrit avec force Jean-Michel Frodon sur le site slate.fr, c’est d’abord une fiction, une œuvre cinématographique aboutie, impressionnante par ses partis pris artistiques, par son érudition non démonstrative.

L’instinct de survie et la solitude

On suit l’arrivée à Bombay de Louise (interprétée par la jeune comédienne franco-britannique Stacy Martin) et de ses parents (joués par Louis-Do de Lencquesaing et Gina McKee). Le père va travailler en Inde pendant quelques années son épouse le suit et Louise, 18 ans, aussi, avec le projet de s’inscrire dans une école de photographie. En attendant de s’installer, la famille occupe pour quelques jours une suite de luxe à l’hôtel Taj Mahal. Pendant la première partie du film, sorte de longue exposition, Nicolas Saada filme la découverte d’une ville, la famille, les liens qui la tissent, les gestes, la langue que l’on se parle dans l’intimité des siens. Il y a notamment une séquence magnifique de promenade familiale nocturne dans les quartiers animés, accompagnée par une musique inattendue mais parfaitement choisie. On pense au film de Satyajit Ray La Grande ville (1963).

Le 26 novembre 2008, Louise décide de rester à l’hôtel pendant que ses parents sortent dîner. C’est seule qu’elle va vivre l’attaque, seule avec son téléphone portable, grâce auquel elle communique avec son père.

Louis-Do de Lencquesaing dans "Taj Mahal"
Louis-Do de Lencquesaing dans "Taj Mahal" Crédits : Nicolas Saada

Une découpage élaboré et fluide pour « donner un mouvement mélodique aux images »

L’histoire de cette jeune fille survivante des attaques de Bombay que retrace le film est vraie. C’est autant l’instinct de survie, la solitude face à l’attaque terroriste, face à la peur de mourir qu’explore Nicolas Saada dans Taj Mahal , son second film après Espion(s). Il le décrit comme un « film catastrophe intimiste ».

Et c’est un grand film, dont le découpage est si élaboré et fluide en même temps qu’il rappelle parfois les chefs d’oeuvres d’Alfred Hitchcock. Nicolas est un cinéphile. Mais c’est tout le contraire d’un cuistre. Il ne cite pas, il intègre ses références à sa propre écriture de cinéma, sa propre composition, sa propre vision.

Taj Mahal est un film de peur, dans lequel le son joue une part essentielle un film centré sur un événement que le cinéaste ne cherche pas à analyser ou disséquer mais qu’il s’efforce de représenter, représenter ce que c’est que faire l’expérience d’une attaque terroriste, et d’y survivre. Vendredi dernier, au moment de l’hommage national rendu aux victimes du 13 novembre, nombreux sont ceux qui ont voulu aussi penser aux blessés, aux survivants. Avec finesse et maîtrise, ce film parle d’eux, de ce qui est marqué en eux.

Taj Mahal , de Nicolas Saada, avec Stacy Martin, Louis-Do de Lencquesaing, Gina McKee et Alba Rohrwacher. 91 min. Au cinéma le mercredi 2 décembre 2015.

Affiche du film "Taj Mahal"
Affiche du film "Taj Mahal" Crédits : Nicolas Saada
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