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Images de l’invisible

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L ‘exposition « Dessiner l’Invisible » a débuté ce weekend à Paris. Plus d'une soixantaine d’artistes contemporains et modernes interrogent et représentent la notion d’invisibilité. Un parcours étonnant et riche au fil duquel se développent une pensée et un imaginaire de l’invisible.

Les Horizons Pâles I, 55,5 x 75,6 cm, encre de Chine et stylo blanc sur papier
Les Horizons Pâles I, 55,5 x 75,6 cm, encre de Chine et stylo blanc sur papier Crédits : © Anaïs Ysebaert

Dans Sur le jadis (2002), Pascal Quignard écrit que « le visible ne suffit pas pour comprendre ce qui est vu (…). Le visible ne s’interprète qu’en référent à l’invisible ». Dans Le Sexe et l’Effroi (1994), l’écrivain pose la question suivante : « Comment représenter l’invisible dans le visible ? ».

C’est avec cette question que dialoguent les dessins, les photographies, les curiosités, les vidéos, et les installations de l’exposition « Dessiner l’Invisible » qui a débuté ce weekend à la Galerie 24b, à la Chapelle du Calvaire et à la Galerie Antonine Catzeflis, 3 lieux magnifiques de la rue Saint-Roch, à Paris.

Plus d'une soixantaine d’artistes exposés

Réunis par Damien MacDonald, à la fois artiste et commissaire de l’exposition, plus d'une soixantaine d’artistes sont exposés parmi lesquels de nombreux « jeunes » artistes contemporains de France et d’ailleurs mais aussi Max Ernst, Marcel Duchamp, ou encore Unica Zürn.

« Dessiner l’Invisible » est un parcours dense et vaste, que l’on peut tenter de traverser ici en trois moments, trois images de l’invisible.

D’abord en se postant devant un dessin à l’encre de Chine d’Anaïs Ysebaert intitulé Les Horizons Pâles I (2015). On voit trois silhouettes semblant émerger de la mer dans la nuit noire. Tout est sombre, sauf les yeux des personnages, petites billes blanches, éclairantes presque, pointées vers nous qui les regardons. Les personnages d’Anaïs Ysabaert, même si on distingue leur silhouette sont comme invisibles, mais eux semblent nous voir.

Rayogrammes issu de la série Tchernobyl's Herbarium (2011)
Rayogrammes issu de la série Tchernobyl's Herbarium (2011) Crédits : Anaïs Tondeur

Plus loin, Anaïs Tondeur, Louis Jammes et Thomas Johnson approchent et représentent « l’ennemi invisible » que constituent les radiations causées par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Cela passe par un film et par un herbier rayographique. Comme l’explique Anaïs Tondeur dans le beau catalogue de l’exposition, « dans le registre du visible, ces photographies interrogent les stigmates d’une catastrophe, les traces d’une substance invisible ».

Plus loin encore, en survolant les quelque 50 années d’ « enquêtes spectrales » menées par Emile Tizané, spécialiste des maisons hantées, ce sont les traces d’une présence invisible qu’interroge Philippe Baudoin (dont le nom n’est pas inconnu aux auditeurs de France Culture puisqu’il est aussi réalisateur radio).

Un parcours dans l’imaginaire des artistes qui dialogue avec le nôtre

L’exposition prend la forme d’un parcours dans l’imaginaire des artistes qui dialogue avec le nôtre pour faire sentir, percevoir exactement, ce qui ne se voit pas. Cité par Damien MacDonald, dans Les Villes invisibles (1972), Italo Calvino dit : « L’œil ne voit pas les choses, mais leurs images, qui signifient d’autres choses encore ». C’est aussi cette idée, cette question de la perception, toujours, qui est au centre de cette exposition.

"Dessiner l'Invisible", jusqu'au 28 novembre, Galerie 24b, Galerie Antonine Catzeflis, Chapelle du Calvaire, rue Saint-Roch, à Paris.

Moonassi, "Exemple of you", image de l'exposition Dessiner l'Invisible
Moonassi, "Exemple of you", image de l'exposition Dessiner l'Invisible Crédits : Moonassi
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