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Terrence Malick et Roberto Minervini, d’un côté et de l’autre, regards sur les Etats-Unis

3 min
À retrouver dans l'émission

Deux visions de l’Amérique et du vide, deux personnages en errance, deux cinéastes que tout oppose si ce n’est une extraordinaire maîtrise de la lumière et du cadre. Les films de Terrence MalickKnight of Cups et de Roberto Minervini The Other Side sortent demain, mercredi 25 novembre au cinéma.

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"The other side" Crédits : Roberto Minervini

Là où vous n’entendrez quasiment aucun dialogue mais une voix intérieure soupirante et biblique, comme un « stream of consciousness » (courant de conscience) venant se poser sur des images qui s’écoulent comme des visions juxtaposées les unes aux autres, sublimées par une bande-originale mêlant les compositions originales d’Hanan Townshend, d’Arvo Pärt ou de Claude Debussy. Toujours aussi loin de La Balade Sauvage (1973), après The Tree of Life (2011) et A la merveille (2012), le nouveau film de Terrence MalickKnight of Cups (« le cavalier des coupes », en français, c’est le nom d’une lame de tarot) sort demain au cinéma.

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Il se déploie plutôt comme une errance, celle de Rick (interprété par Christian Bale), auteur de comédies à succès, prince d’Hollywood noyant sa quête existentielle dans la contemplation et les plaisirs de la vie : la fête, le luxe, les femmes (parmi elles Cate Blanchett ou encore Natalie Portman).

Quête de sens

Il y a quelque chose du Loup de Wall Street (2013)de Martin Scorsese dans l’errance déchaînée et désenchantée, presque somnambulique de Rick. Quelque chose du personnage de Guido (interprété par Marcello Mastroianni) dans le film 8 ½ (1963) de Federico Fellini, aussi, personnage égaré dans sa propre quête de sens.

Dans Knight of Cups, Terrence Malick formule une vision effarée de l’Amérique des richissimes, des villas californiennes, et du matérialisme, mais il la sublime, la stylise à l’image et au montage. L’Amérique que filme Terrence Malick, c’est celle des piscines à débordement, des toits terrasses, des enchevêtrements de bretelles d’autoroutes formant des lignes géométries vertigineuses et immaculées.

Dans Knight of Cups les strip-teaseuses défient le monde cheveux au vent dans la décapotable du riche prince. Tandis que de l’autre côté de l’Amérique, en Louisiane, dans le film-documentaire The Other Side du réalisateur italien (installé au Texas) Roberto Minervini, les strip-teaseuses sont enceintes d’au moins 6 mois et se piquent à l’héroïne entre deux sessions de pole-dance.

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The Other Side, l’Amérique des white-trash

Oui. Celle, blanche aussi, mais boueuse, des pauvres, des camés, des alcooliques, des vétérans ravagés, de ceux que l’on appelle les « white trash » (les ordures, les rebus blancs) de la société américaine. Ici les grands espaces sont des décharges, on vit dans des mobile-home, on se shoote du matin au soir, on déteste les noirs, Barack Obama, mais aussi les conservateurs et on voudrait Hilary Clinton, sans y croire non plus. L’Amérique que filme Roberto Minervini est aux antipodes de celle de Terrence Malick. Elle fait penser à certaines séries du photographe et cinéaste Antoine d’Agatha, à Larry Clark aussi, en plus politique, en plus désespérée encore. C’est dire… Mais c’est édifiant.

Knight of Cups , de Terrence Malick (2015; 1h58) avec christian Bale, Cate Blanchett, Natalie Portman...

The Ohter Side , de Roberto Minervini (2015; 92 min) avec Mark Kelly, Lisa Allen, James Lee Miller...

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